‹ Importance de la mise en abduction de la cuisse comme élément correcteur de la déformation dans les fractures hautes de la diaphyse fémoraleChapitre 13 sur 17 · RES · texte numérisé non relu

RES

Une deuxieme radio montre une réduction et un rapprochement des fragments, mais encore incomplets. |

Le malade est revu le 25 janvier 1912 : il présente des mouvements d'amplitude normale au niveau de l’articulation coxo-fémorale.

Le raccourcissement du membre atteint est de trois centimètres.

L’extrémité inférieure du fragment supérieur du fémur reste perceptible à 15 centimètres au-dessus de la rotule. Le chevauchement a donc persisté, mais solidité absolue.

L’épine iliaque antéro-supérieure, le sommet de la rotule et le gros orteil sont dans l’axe.

La marche est possible et même facile sans canne, la claudication presque absente, sans fauchage. Le malade peut s’accroupir, monter les escaliers et se tenir sur son membre fracturé sans douleur. Seule persiste une légère atrophie de deux centimètres au niveau de la cuisse.

Donc, résultat fonctionnel parfait, malgré un chevauchement des fragments, surtout chez un vieillard de 70 ans.

Discussion

Quels enseignements viennent nous apporter ces queiques observations ?

Ceci tout d’abord : qu’une fracture de la partie supérieure de la diaphyse fémorale peut parfaitement guérir.

Mais il faut agir précocement, mettre. immédiatement le membre en traction et abduction, auxquelles pourra faire suivre, selon les cas, un grand plâtre pelvi-dorso-pédieux.

Ii faut porter toute son attention sur ce point capital : la mise en abduction de la cuisse, et nous verrons pourquoi tout à l’heure.

De plus, une surveillance de tous les instants sera nécessaire pour s'assurer justement de la persistance de cette abduction. i

Enfin, quel que soit l’âge du malade, lon pourra compter sur un bon résultat, à condition d’avoir un traitement précoce et suivi minutieusement.

L'on ne devra pas s’attacher à obtenir un résultat anatomique impeccable, car même avec chevauchement, comme le montre notre observation V, l’on peut avoir un très bon résultat fonctionnel.

La grosse déformation à corriger, en effet, est non

*gh

pas le reccourcissement par chevauchement, mais c’est le raccourcissement par angulation : tout le dangesr est là. Que va-t-il se passer dans ce cas en effet ? Outre un cal défectueux, toute la statique du membre va être bouleversée.

Tout le poids du corps va porter selon un angle anormal sur le cal qui, évidemment, va rester sensible et qui, à la moindre alerte, va se fracturer à nouveau. De plus, ces biessés restent des infirmes, car outre une claudication très accentuée, ils vont se mettre à souffrir, dès qu’ils vont marcher, de leurs articulations du genou et du cou-de-pied, recevant alors des pressions sous un angle anormal.

Mais pourquoi les fractures hautes de la diaphyse fémorale, en particulier les fractures sous-trochantériennes, ameénent-elles des résultats si désastreux ?

Ces fractures présentent, en réalité. toujours un déplacement beaucoup plus marqué que les autres fractures du fémur, et cela se concoit lorsque l’on considère la puissance de traction des muscles s’insérant sur l’extrémité supérieure du fémur.

Le fragment supérieur, sous l’action du psoas, du pectiné, et des muscles pelvitrochantériens, se met en abduction forcée, rotation externe et flexion sur le bassin, et cette érection est d'autant plus marquée, d’après Malgaigne, que le trait de fracture est plus bas situé.

Le fragment inférieur, lui, est attiré en haut et vient chevaucher plus ou moins le précédent : il est, d’autre part attiré en dedans par les adducteurs, mais se met en rotation externe sous l'influence du poids du

Page 1