‹ Importance de la mise en abduction de la cuisse comme élément correcteur de la déformation dans les fractures hautes de la diaphyse fémoraleChapitre 16 sur 17 · MARDI · texte numérisé non relu

MARDI

fracture haute de la diaphyse fémorale, doit être un Whitemann légèrement modifié, ou mieux complété :

c’est un grand plâtre qui s'étend des orteils au bassin,

englobant tout le membre fracturé, complété par une culotte plâtrée descendant sur la-cuisse saine jusqu’à 5 centimètres du genou, et qui, de cette façon, maintiendra le bassin d’une facon absolue, s’opposera à toute tentative du tronc de venir se mettre dans le prolongement du membre malade, assurera enfin une abduction maxima.

La jambe saine garde upe liberté absolue.

Ce plâtre est effectué sous A. G. sur le support d’Ollier : c’est évidemment une opération délicate qui nécessite au moins six personnes, tant pour la confection du plâtre et l’abduction des membres inférieurs. que pour le transport même du blessé.

C’est un plâtre long à faire et qui exige une dessication avancée avant le transport.

On peut cependant le renforcer par des attelles externes que l’on retirera ensuite, mais dans un mi. lieu chirurgical qui a la pratique des plâtres, c’est une méthode commode de contention parfaite.

L’on a reproché au plâtre de laisser le membre prendre un certain jeu par suite de la résorption des hématomes, la seule déformation sur laquelle puisse agir ce jeu pas toujours existant est un léger raccourcissement par chevauchement, et encore s’agit-il là de déplacement de bien faible envergure et qui ne se produit pas de façon constante.

Ce mode de contention donne des résultats dans l'ensemble aussi bons que ceux de la coaptation par

Su Je DE

méthode chirurgicale, une durée sensiblement moindre, enfin et surtout les risques opératoires évités nous feront opter sans hésitation pour ce mode de traitement.

Que nous voulions donc traiter nos fractures par traction simple, que nous les traitions par des plàtres, le résultat fonctionnel dépendra avant tout de ce fait que l’abduction aura ou non été suffisante, et pour que cette abduction soit suffisante, il faut assurer le maintien du bassin.

Un point aussi qu’if ne faut pas oublier, est la nécessité de tractions passagères et progressives, et non pas une traction longue et continue qui aurait sur les articulations des résultats désastreux.

Nous pensons que les quelques observations que nous avons jointes démontreront assez d’elles-mêmes que les méthodes non sanglantes donnent des résultats éloignés au moins équivalents à ceux donnés par le traitement sanglant.

Les méthodes orthopédiques assurent, à condition d’une réduction parfaite et d’une surveillance minutieuse, la consolidation osseuse dans la majorité des cas.

Les méthodes sanglantes ne seront de règle qu’après échec du traitement non sanglant et ce ne doit pas être l'inverse.

Nous voulons, avant de terminer, porter notre attention sur les deux points suivants

D'une part, l'intérêt qu’aurâient tous les Dôpitanx d’avoir, ainsi que cela existe déjà à Paris, un service spécial de fracturés, avec chirurgiens spécialisés, per-

SpA.

sonnel averti, possibilité d’une surveillance de tous les instants pendant-toute la durée dutraitement.

D'autre part; la nécessité de pouvoir ‘examiner à l'écran les blessés dans leur lit, s’assurer de la contention de leur membre en bonne position.

De détails aussi minimes en apparence dépend tout le succès du traitement.

Enfin, qu’il s’agisse d’une fracture du fémur, ou de toute 'autre fracture, tout dépend certes du doigté du chirurgien ; mais tout dépend aussi de la bonne volonté du patient, et surtout de:sa volonté de guérir : c’est à lui de compléter l’œuvre du chirurgien.

Lorsque notre fracturé commencera à marcher, il devra, de même que notre blessé de Observation I, commencer par des petites marches d’un, quart d'heure, une’ demi-heure, etc. autrement dit faire preuve d’un effort lent, mais progressif et ininterrompu. Il devra absolument rééduquer son membre blessé comme un enfant, faire de la. gymnastique suédoise, des marches, des courses, du tourisme ; mais ses efforts devront être gradués et rationnels : avant tout, ne rien brusquer, et nous serons sûrs qu’au bout de quelques années, notre ancien:blessé nous écrira :

« Jai fait l’année dernière l’ascension du Pelvoux, cette année je suis monté à plus.de 3.000 mètres. Je ne pense même plus à ma fracture, et il:faut que j'aille chez mon tailleur pour qu’il me dise que j'ai le membre inférieur gauche plus court de deux centimètres. »

Conclusion

- En résumé, la déformation de certaines fractures de la région haute de la cuisse, se compose de trois éléments :‘Ja flexion, la rotation externe et l’abduction du fragment supérieur, le chevauchement.

La correction et la contention des deux premiers éléments ne nous paraissent comporter pratiquement aucune difficulté : la persistance d’une flexion exagé- ‘réé serait pour nous une ‘indication à nous servir de la traction par la broche. Nous n’en avons jamais eu l'occasion.

Le chevauchement est très difficile à ‘réduire. de facon complète : mais la persistance d’un léger décalage n’est pas un obstacle à la formation d’un cal solide, et le raccourcissement qui en résulte est presque toujours faible et bien compensé.

Ce n’est que dans des cas exceptionnels, de fracture non réduite et un peu tardivement, que la désinser- “tion des muscles trochantériens, en permettant, dans une certaine mesure, la correction, nous apparait comme la seule manœuvre sanglante acceptable.

Tous les cas d’infirmité sont dus à la déformation en crosse, c’est-à-dire à la non correction de lab-

duction.

Rs

Le raccourcissement est considérable : il atteint 9- 10 centimètres et souvent davantage.

Il se double d’un raccourcissement d’attitude, par élévation du bassin, destiné à combattre la déformation.

Le cal reste douloureux.

Les articulations travaillent à faux : hanche, genou surtout, et tibio-tarsienne. Les appareils simples : semelles et souliers, sont inefficaces ; les appareils compliqués sont inacceptables ; les béquilles seules conviennent : le blessé reste un grand infirme.

La correction de l’abduction est toujours possible, c’est son maintien qui est délicat. La traction, le plâtre, seuls ou combinés, nous ont toujours donné des résultats excellents.

Nous insistons sur l’inutilité des tractions fortes ceux qui les ont supportées, dans le but de réduire le raccourcissement, ont toujours souffert de laxité articulaire au niveau du genou.

H est inutile qu'une traction dépasse 4 à 5 kilogs quand elle doit être prolongée, et il est préférable de lui substituer un plâtre, au moins après un mois.

Pour maintenir l’abduction, un point importe : la fixation du bassin ; la traction symétrique ou le plâtre la réalisent.

Les résultats que nous présentons confirment, à tous

points de vue, exactitude de ce mode de traitement.

Conclusions

I. — Dans les fractures de la région trochantérienne, et dans les fractures sous-trochantériennes, ‘Pabduction du fragment supérieur représente lélé-

ment capital.

IL. -— Sa persistance crée une angulation, cause de raccourcissement, el d’une attitude qui ne peut être corrigée : c’est un facteur d’infirmité grave.

TITI. —— Sa correction, la contention du membre, sont de première importance.

IV. — La correction se fait par mise en abduction du fragment inférieur.

V. — La contention, par immobilisation en position symétrique des membres, pour éviter la bascule du bassin.

VI — Pour obtenir ce résultat, la traction ou le plâtre seuls ou combinés suffisent.

La traction ne sera jamais supérieure à 5 kilogs.

Le plâtre sera composé d’une grande attelle de Whitemann, complétée de préférence par une culotte

sur la cuisse saine.

Pr Re

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