I. Glerget, éditeur
IMPRESSIONS d’art CONTEMPORAIN
et puissante éclosion inquiète, intéresse et s’impose, et c’est captivante tâche que de tenter résumer son essor, la constitution et la qualité de sa force, la puissance de son effet. Or, l’essor est si vigoureux, la force tellement motrice et l’effet tant appréciable, que des esprits émus déjà parle regard, empoignés ensuite par la réflexion, a jailli dans l’étendue complète de sa signification l’expression déterminante : il est une renaissance.
C’est le terme employé par partie de nos littérateurs et que laissent poindre dans leurs analyses des critiques de savoir et d’inÆuence notables à propos de Tart dans son ensemble, peinture, sculpture et de leurs dérivés, usage du terme déjà preuve qu’un grand mouvement est né, s’étant pour ainsi dire qualifié de lui-même, dont la fermentation attrait, tourmente et transporte.
Ce mouvement, le but de notre étude brève sera de le vulgariser, de fortifier encore la justesse de son appellation par un examen qui permettra de conclure que des travaux des peintres
P.ENAÏSSANGE
et des sculpteurs modernes, des applications de lieur talent, il est une renaissance.
Avant tout examen, il importe de rappeler le sens du moi, recherché dès longtemps par les meilleurs travaux, pour déterminer exactement l’acception selon laquelle il va être employé.
Renaissance évoque l’ère admirable qui, vers le XV® siècle, prit une maîtresse place dans l’histoire. Après les siècles d’ombre et d’oubli qui suivirent la décadence gréco -romaine, sur les ruines de Fart antique momentanément disparu et sans réminiscence, s’était réalisé un art original dont l’apothéose, création d’ouvriers convaincus, donna les merveilles gothiques. Sur cet état de culture auquel aurait plus justement convenu la dénomination, si Fou s’attache à son sens littéral,de nouvelle naissance d’art, se greffa la période insigne désignée du nom de renaissance. L’Italie, la première, se souvint de la civilisation antique dont les vestiges subsistaient chez elle les plus nombreux, parfois intacts, elle en vulgarisa Fétude ; il n’y eut pas stricte-
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ment une seconde, une nouvelle naissance d’art, mais un renouveau des trésors oubliés depuis près de quinze siècles^ cause d’une influence sur l’état actuel, un retour précieux aux traditions antiques. Cependant, si l’on considère le superbe épanouissement d’artistes dont le génie restera inoublié, l’exubérance des talents spontanés qui, aux bienfaits de la science retrouvée ajoutèrent alors d’immenses et personnels mérites, le terme en son entier peut qualifier le temps où ils vécurent.
C’est en son sens entier, intégral, que nous recevrons le mot renaissance. Plus communément synonyme d’une époque glorieuse par le talent des siens, la signification qui ainsi comprise pourrait déjà s’appliquer à Tépoque présente, sera, pour la qualifier, reçue dans toute sa force. Elle impliquera une vitalité, une expression neuve, d’essence originale, et pour compléter clairement cette pensée, nous dirons : une pléiade d’artistes contemporains ayant permis déjà de juger de l’ensemble de leurs travaux, a déterminé un essor
RENAISSANCE
impulsif dont la place reste marquée inéluctablement, elle est la créatrice d’un art nouveau, d’une renaissance.
Le simple énoncé de l’œuvre de quelques-uns fera jaillir le fait, une brève analyse en sera la meilleure démonstration. Un résumé de la cohésion d’efforts aujourd’hui nettement consacrés dans leur grandeur et leur portée sera le meilleur mode de vulgarisation.
Ecartons de suite un préjugé dont trop communément on voudrait accabler les partisans des idées progressistes : l’affirmation de l’art nouveau serait la négation de ce qui existe en dehors de lui, la négation de celui qui fut et qui reste î Que cette erreur singulière, reproche qui s’évanouit, vain, suscité par l’aveuglement de jaloux adversaires, soit vite dissipée. Le présent est la suite d’un passé précieusement adoré par ceux-là mêmes qui marchent le mieux dans les voies en avant, et chez qui la spontanéité de création ou le retour voulu à la naïveté n’exclut aucunement l’amour respectueux de leurs grands devanciers ; au
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contraire, l’étude des anciens maîtres fut pour les novateurs la meilleure égide, la cause déterminante de la marche adoptée, et la base solide de laquelle ils s’élancent pour affirmer leur indépendance. L’art moderne ne renie donc point le passé pas plus qu’il n’en serait la négation ; il pratique le respect dû aux chefs-d’œuvre précédents, immortelles expressions du beau dont il est lui-mème une expression de plus, car le beau, insoucieux d’ailleurs des classifications amoindrissantes et contraires à son essence, comptera toujours autant de formes nouvelles que de génies nouveaux .
Comme l’homme digne de ce nom, de cerveau sain et fort, mûri par le travail, qui s’élance dans la lutte pour fqrmuler à son tour ses concepts, l’art nouveau se formule ; dédaigneux de la tourbe où clament les routines pour qui toute idée neuve est insulte à ce qui fut, à l’histoire des maîtres, fort de leur passé, ferme dans son avenir, il ajoute sa page originale L