I. Tout mouvemeat d’art comporte infailliblement ses
RENAISSANCE
Se rendre un compte entier des œuvres contemporaines est chose malaisée. Les expositions dégagées de tout parti pris, où seraient accueillis conformément au mérite et quelque voie qu’ils suivent les consciencieux et les personnels, seraient évidemment le moyen efficace de voir et de juger ; en effet, la logique et la raison d’être des expositions sont au même degré que le plaisir de regarder les maîtres appréciés, la mise en lumière de tous les talents, la divulgation possible des faireset des pensers non connus. Or, sans en faire ici le procès ni tenter de résoudre un compliqué problème, il faut convenir que pour diverses causes les expositions sont restreintes et que forcément restent souvent à l’écart des valeurs méconnues *.
outrances systématiques, et de ce que cclies-ci, à l’heure présente, dans l’exubérance de qualités réelles, prennent soin d’invoquer l’exemple des anciens plus que de le connaître, le principe de ces observations n’en subsiste pas moins exact pour l’élite novatrice.
I . ïl faut reconnaître que si partie de ces reproches s’applique encore aux grandes expositions, le nombre s’en est accru, comme celui des expositions particulières, au point pour CCS dernières d’en constater l’abus.
14 IMPRESSIONS d’art CONTEMPORAIN
Vouloir procéder de manière absolue et raisonner en détail du progrès moderne, est par suite chose bien délicate et qui ressort du domaine d’une critique spéciale où de jeunes et généreux savants se constituent les défenseurs des ignorés, les décriés d’hier en qui ils reconnaissent la trempe d’une race. Nous raisonnerons de ce que tous ont pu voir, sans prétention de classement ni de catégories, voulant simplement par quelques exemples nullement limitatifs déterminer la portée de Faction nouvelle; ainsi, par l’aperçu de quelques maîtres modernes, il sera déjà facile de se convaincre de la vérité : après les siècles passés qui ont apporté dans l’art leur contingent de gloire, si le siècle présent a recueilli le grand héritage des maîtres de 1830 avides d’air et de vérité, sa fin pourra s’enorgueillir d’avoir vu croître une école aussi belle encore, encore avide de traductions nouvelles, qui à courte distance aura frayé sa voie peuplée d’âmes lumineuses.