L'INFLUENCE FRANÇAISE
Lo vaisseau fantôme. — Plus de Malte. — L'empreinte française. — Une force morale. — Les ahurissements d'un voyageur français — Un doyen de faculté — Les impressions d'un flâneur. — La langue dominante. — Un mort bien vivant. — Franghi et Inglisi — Le soulèvement d'Arabi. — Lo départ de l'amiral Conrad. — Le rêve de Napoléon. — La commission de savants. — Une œuvre de régénération. — Méhémet-Ali et la France. — Le colonel Selves et l'armée. - Les écoles. — Les travaux des ingénieurs. — Les bienfaiteurs de l'Egypte. — Le roi Sennachérib. — L'eau du Nil.
Les aimables diseurs de bons mots et conteurs d'historiettes qui fourmillent dans les cercles du Caire comme partout ailleurs rapportent l'anecdote suivante :
Un capitaine égyptien, à la suite de travaux effectués au canal de Suez, fut chargé de rapatrier les quelques centaines d'ouvriers maltais qui avaient été spécialement embauchés pour la circonstance. L'embarquement se fit à Alexandrie. Le temps était beau, la mer était calme. La troupe partit, toute joyeuse de regagner ses foyers. Trois jours devaient suffire au capitaine pour faire fouler à ses hommes le sol de Malte ; trois autres lui étaient accordés pour revenir rendre compte de sa mission.
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Une semaine s'écoula. Rien !
On télégraphia à Malte pour savoir d'oii venait ce retard et quel jour le bateau était sorti du port. Malte répondit : « Savons pas ce que vous voulez dire ; vu aucun bateau ! » ,
On fut étonné, mais on patienta. Peut-être quelque avarie était-elle survenue qui avait retardé la marche des rapatriés ?...
La deuxième semaine s'écoula. Rien !
On télégraphia à Malte qui répondit de nouveau : « Ni vu, ni connu ; pas de bateau ! » Pour le coup, on fut atterré. Gomment pas de bateau?...
Alors, on télégraphia un peu partout, en Asie Mineure et en Tripolitaine, à Candie, à Chypre, en Morée, à Smyrne, à Jaffa, à Tunis, à Alger, àNaples, à Brindisi, en Sicile ; on s'adressa même à Gibraltar, à Port-Saïd et à Constantinople, aux trois portes de la Méditerranée. Rien ! rien ! rien !...
La même réponse revenait de partout : pas de bateau !
Désespéré, on s'avoua vaincu, et la mer ayant toujours été calme, on en fut réduit à penser qu'un nouveau vaisseau fantôme sillonnant les mers sans aborder nulle part allait recommencer la course fantastique que les légendes avaient chantée aux marins.
Les temps fabuleux étant morts, un jour vint pourtant, le vingt et unième, où la ville d'Alexandrie, stupéfaite, vit rentrer dans son port le bateau mystérieux, sans avaries, sans dégâts, avec son capitaine et sa troupe d'ouvriers maltais, non rapatriés. La population se porta sur les quais, inquiète, anxieuse d'avoir une explication.
Le capitaine descendit à terre. Chacun remarqua son air sombre et préoccupé. Il fendit la foule, muet, soucieux,
comme porteur d'une nouvelle effroyable, courut chez le gouverneur de la ville qui l'attendait avec une impatiente curiosité, et là, essoufflé, la voix troublée, terrifié lui-même de ce qu'il allait faire connaître, lui lâcha cette phrase aussi simple que précise : « Excellence, il n'y a plus de Malte. »
Je ne sais pas pourquoi, en entendant conter cette histoire, je pensais à beaucoup de nos compatriotes qui, n'ayant vu l'Egypte qu'en rêve ou sur des images et ne se fondant que sur les événements de ces dernières années, pensent et disent mélancoliquement : « Là-bas, il n'y a plus de France ! »
Qu'ils se rassurent !
Cette terre des pharaons, à laquelle tant de Liens et tant de souvenirs nous rattachent depuis un siècle, n'est pas, en tant que terre marquée d'une empreinte française, pareille à cette Malte introuvable de l'anecdote. Elle n'est pas un vain mirage. Ceux qui veulent s'en rendre compte n'ont pas à redouter l'odyssée décevante du capitaine égyptien. Ils n'ont qu'à prendre le paquebot à Marseille, à voguer pendant cinq jours sur les flots bleus de la Méditerranée, à débarquer à Alexandrie, à parcourir le Delta, et là, à voir et à entendre.
L'expérience est simple et concluante.
Ils verront qu'il n'est pas toujours facile à la force de s'imposer dans un pays, d'y établir ses usages, ses coutumes, sa langue, d'y remplacer une autre influence, toute morale celle-là et toute française, qui s'affirme, non par des uniformes et par quatorze ans de domination, mais par un siècle de coopération commune dans la régénération d'un peuple et la marche vers la civilisation.
Ils verront que le Nil — en cela tout différent du fleuve Léthé — n'a pas versé à ses riverains l'oubli de ceux qui, pendant de longues années, ont vécu parmi eux en amis, les instruisant littérairement et militairement, les initiant aux progrès de la science, les tirant, au point de vue de leurs origines historiques, de l'incertitude dans laquelle ils étaient plongés, les associant à des travaux gigantesques, dignes de ce pays auquel les anciens avaient attribué deux des sept merveilles du monde. Ils entendront des paroles amies, des saints échangés dans une langue qui est la leur, des conversations de rues ou de salons qui leur seront familières. lisse croiront bien souvent sur les rives de la Seine, rarement sur celles de la Tamise.
L'influence de la France en Egypte est manifeste.
Elle est partout, dans les moindres détails, dans les moindres choses. Elle n'éclate pas tapageusement, d'une façon criarde, comme l'autre, mais on la sent quand même toujours autour de soi, comme mêlée à tout ce que l'on voit, à tout ce que l'on touche. On ne peut pas la définir exactement, mais elle existe. Elle est dans l'air que l'on respire. Elle est comme ces parfums qu'une jolie femme laisse sur son passage. L'atmosphère en est saturée. On ne les voit pas, mais on les devine. Ils vous enveloppent de leur charme pénétrant. La femme qui les a exhalés est déjà loin, a disparu même, mais son souvenir reste toujours là pour ceux qui viennent après elle, qui passent là où elle a passé, qui évoquent son image et qui l'aiment, parce qu'ils s'imprègnent de l'air qu'elle a imprégné d'elle.
Pour la plupart de nos compatriotes, un premier voyage en Egypte n'est pas seulement une tournée d'observation, mais bien une découverte. Le Français
croit tomber en pays étranger, il tombe en pays ami.
Il arrive, navré d'abord de ne savoir ni l'anglais, ni Tarabe, muni de dictionnaires de poche, de manuels de conversation, de guides en plusieurs langues, se bourrant à la hâte la tête de quelques phrases anglaises usuelles, balbutiant tant bien que mal quelques mots de cette langue qu'il croit en vigueur dans le pays. Comment lui trouver à redire, alors qu'un de nos doyens de faculté les plus connus de Paris, prenant congé d'un jeune professeur qui partait pour l'tlgypte chargé d'un cours dans l'une des principales écoles du Caire et lui demandant s'il parlait anglais, répliquait, sur sa réponse négative : a Quel dommage ! vous serez obligé de prendre un interprète pour faire votre cours ! »
Le jeune professeur est ici depuis trois ans. La question de l'interprète nel'apas encore beaucoup préoccupé. Il n'en aurait eu besoin que dans un cas : s'il avait su, non le français, mais l'anglais.
Le Français, à peine arrivé, est rapidement convaincu de l'inutilité qu'il y a de parler une langue étrangère à la sienne : il risquerait de ne pas se faire comprendre. Ses premières promenades dans les rues suffisent à l'édifier. Tout en flânant, il contemple d'un œil distrait les gens qui passent, les magasins avec leurs devantures, leurs vitrines.
Puis, soudain, cet examen l'intéresse. Il voit bien quelques hars, quelques peluqueros, quelques ristorantc, mais il constate que la plupart des enseignes qui se succèdent devant lui n'ont rien d'incompréhensible. Il retrouve des formules connues, des réclames écrites dans sa langue. Il croit se promener dans une rue de sa ville natale. De temps en temps, un indigène l'accoste, murmurant quelques mots qui ne lui paraissent point bar-
bares : Mossié, une belle canne ! — Mossié, un bon boudi, — Mossié, vos souliers ! — Mossié , le a Journal égyptien », ha Phare d'Alexandrie » / — C'est un vendeur ambulant, un ânier, un décrotteur, un crieur de journaux. Des groupes passent auprès de lui, des couples le frôlent, parlant haut ou parlant bas, mais tous avec des voix qui ne lui sont nullement étrangères.
Des affiches blanches, collées sur quelque mur, pareilles à nos affiches officielles, attirent son attention. Il s'approche. C'est quelque avis du ministère des finances ou des travaux publics, imprimé en deux langues. Au-dessous du texte arabe, le texte français. Au fond, l'avis lui est indifférent, mais il le lit quand même, ravi.
La porte du jardin de l'Esbékieh s'ouvre devant lui ; il entre, il se promène sous les arbres. Dans le fond, la musique khédiviale joue quelques morceaux de son répertoire ; il reconnaît la Vague, la Tsarine ; il se croit aux Tuileries ou a«i Palais-Royal. Il sort. Le théâtre khédivial se dresse devant lui. A la porte, des grandes affiches rouges ou jaunes annoncent les Vingt-huit jours de Clairette ou le Cid.
Il enfile la galerie de la grande rue pareille à celles de la rue de Rivoli. Il s'arrête devant quelque boutique de librairie ; tous les ouvrages français — romans poèmes, voyages — sont là, bien rangés derrière la vitre. Il aperçoit quelque couverture de volume avec un nom de gros fonctionnaire égyptien ou de personnage indigène comme nom d'auteur ; il en feuillette quelques pages. Ce sont des compilations de documents officiels, des séries de rapports administratifs ou des impressions sur l'état du pays, le tout écrit en bel et bon français.
Le moindre poteau indicateur, le moindre écriteau
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lui est en général familier. Les timbres-poste eux-mêmes, avec leur valeur marquée en arabe et en français qui s*étale autour de la Pyramide et du Sphinx, n'ont pas subi l'anglicisme.
Le soir, il va dans un café, dans un cercle, dans une réunion. Il cause. Il apprend que, malgré l'Angleterre, un grand nombre de hauts postes dans les diverses administrations sont encore occupés par des compatriotes; que les écoles suivent l'enseignement de nos lycées, ont des professeurs sortis de nos écoles, qui propagent notre influence en inculquant aux jeunes indigènes notre langue et nos méthodes ; que le droit égyptien est calqué sur notre droit ; que la plupart des contestations se règlent en français, parce que notre langue est langue judiciaire; que les Anglais enfin, comme un de leurs meilleurs moyens de domination, ont dû se livrer aussitôt à l'étude de cette langue.
Les uniformes rouges qu'il voit de temps en temps passer devant ses yeux troublent bien ses pensées, cette influence qui se manifeste par la force le déroute bien un peu ; mais, malgré tout, derrière elle, comme une ombre implacablement attachée à ses pas, il devine l'autre, forte sans affirmation de sa force, qui englobe tout sans éclat, sans bruit, pénétrante et sûre.
Alors, étonné, convaincu, avec une satisfaction intérieure d'autant plus grande qu'elle a été moins prévue, il finit par se dire tout bas :
« Qu'est-ce qui disait donc que la France était morte ici ? »
Il est des morts dont le souvenir est bien vivant.
Et puis, comme revanche, il apprend que les indigènes disent de quelque chose qui est bien : c'est franghi! et de quelque chose qui est mal : c'est inglisi ! — C'est
peu, objectera-t-on. C'est possible, mais, corarae dit la chanson, ça fait toujours plaisir.
On sait comment se fit l'occupation anglaise.
Les agissements d'Arabi-pacha avaient jeté le pays dans un état de surexcitation aiguë qui se traduisait par des troubles continuels et qui nécessita, de la part des grandes puissances, l'envoi de navires dans les eaux d'Alexandrie.
Le 11 juin 1882, des massacres odieux ensanglantaient cette ville.
Un mois après, le 11 juillet, l'amiral anglais en opérait le bombardement. Les autres vaisseaux s'étaient retirés. La flotte française avait levé l'ancre le matin même, ayant reçu l'ordre de s'éloigner et de ne prendre part à aucune opération.
Les Anglais, restés seuls maîtres du terrain, forçaient le canal de Suez, débarquaient à Ismaïlia, mettaient en déroute l'armée d'Arabi à Tell-el-Kébir, et le 11 septembre, faisaient leur entrée au Caire. Depuis ce jour-là, ils occupent militairement l'Egypte, répondant à toutes les demandes d'évacuation que l'heure n'est pas encore venue pour le peuple égyptien d'être complètement livi^é à lui-même.
On peut dire que la France, elle, l'a occupée pacifiquement pendant près d'un siècle.
C'était l'un des rêves de Napoléon que de civiliser cette contrée, qu'il considérait comme la route des Indes. Aussi, quand le Directoire, pour une insulte faite à notre pavillon consulaire, le chargea do châtier les
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Mameluks, dont le joug pesait sur l'Egypte, partit-il avec empressement, emmenant avec lui, non seulement une légion de soldats, mais aussi toute une commission de savants.
Tandis que les uns s'illustraient aux Pyramides et à Héliopolis, les autres étudiaient le pays à fond, formaient l'Institut égyptien, commençaient des travaux, recueillaient des observations, des manuscrits, des collections, ouvraient des chaussées, donnaient l'essor au commerce, préparaient les réformes scolaires et judiciaires, jetaient les premières bases de cette civilisation à la française que Méhémel- Ali allait poursuivre.
Le grand vice-roi marcha sur les traces de Bonaparte.
Dans celte œuvre de régénération de tout un peuple, qu'il entreprit avec courage et qui dura près de quarante ans, il convia la PVance à ses côtés, lui empruntant ses militaires, ses marins, ses professeurs, ses médecins, ses ingénieurs, ses mécaniciens, ses agriculteurs qui, tour à tour, réglèrent l'inondation du Nil, bâtirent des écluses, des digues, des ponts, tracèrent des roules, installèrent des fonderies de canons, des poudreries, des arsenaux, des chantiers, des camps ; réorganisèrent l'armée, créèrent une flotte, construisirent des écoles, des hôpitaux, des usines, des fabriques, importèrent des méthodes nouvelles, soumirent le pays à une rénovation complète qui le transfigura.
Le colonel Selves, qui devint le célèbre Soliman pacha, groupa à ses côtés d'anciens officiers ayant tous appartenu comme lui aux armées de Bonaparte, et avec eux entreprit la réforme militaire de ces troupes braves, mais ignorantes de tout ordre et de toute tactique, qui, quelques années plus tard, étonnèrent l'Europe par leur marche triomphale en Syrie, leur siège de
Saint- Jean-d' Acre, leurs victoires éclatantes de Konieh et de Nézih qui firent trembler le sultan à Gonstantinopie. Par eux, l'éducation militaire de l'Egypte fut faite, des écoles de cavalerie et d'infanterie furent fondées, l'artillerie fut organisée.
Son éducation littéraire et scientifique était entièrement à faire. Méhémet-Ali se tourna vers la France. Quarante jeunes gens furent envoyés à Paris avec mission d'étudier toutes les connaissances pour pouvoir à leur retour les enseigner à leurs concitoyens. Le nombre de ces jeunes gens ne fit qu'augmenter. Des écoles furent fondées, peuplées de professeurs français ou de ces indigènes qui avaient puisé en France les premiers principes de leur éducation, qui rapportaient les méthodes françaises, contribuaient à propager dans le peuple l'amour de celle qui avait été pour eux une seconde patrie.
Les savants de l'expédition d'Egypte avaient renoué à travers les siècles la tradition des conceptions fabuleuses des pharaons. Les ingénieurs français appelés par Méhémet-Ali pour continuer leur œuvre ne faillirent point à leur tâche.
Linant de Bellefonds, directeur des travaux pendant quarante ans, procéda à l'endiguement du Nil, au creusement des canaux d'irrigation, à la création de canaux du Delta, à la première étude complète du percement de l'isthme de Suez, à la reconstruction de la digue d'Aboukir détruite par les Anglais en 1799 dans le but d'isoler l'armée française enfermée dans Alexandrie.
Mougel entreprit ce travail gigantesque d'un grand barrage du delta, de près de mille mètres de longueur, avec ses quatre cents arches soutenant une belle
route, prêtes à maintenir les eaux du grand fleuve.
Goste inaugura le canal Mahmoudieh creusé par cent mille ouvriers, fournissant l'eau du Nil à Alexandrie.
Bien d'autres encore marquèrent le pays d'œuvres dignes du génie français et de l'antique Egypte. Jumel importa le coton qui porte son nom, établit des filatures qui firent la richesse du pays. Glot-bey propagea la médecine, institua des écoles spéciales, des hôpitaux, des ambulances, consacra sa vie à la diffusion dans le peuple de cette science utilitaire. Champollion s'immortalisa par ses découvertes.
Tous les successeurs de Méhémet-Ali, Ibrahim, Abbas, Saïd, Ismaïl, Tewfik, dans leurs travaux, dans leurs réformes, dans leurs institutions, eurent recours aux compatriotes de ceux que leur grand devancier avait associés à son œuvre. Les noms du grand initiateur du canal de Suez, de Lesseps, de Mariette, de Maspero, des ingénieurs Gordier, Brocard, Lasseron, de tous ceux enfin qui, pacifiquement, firent aimer et admirer la France en Egypte par leur dévouement à sa cause, sont là pour affirmer une influence qui ne s'est jamais démentie.
Tant d'efforts dépensés n'ont pas été vains.
Nos compatriotes peuvent avec confiance demander : Que fait l'influence française en Egypte ? — Nul ne se lèvera pour dire ce que répond le Sphinx de la Légende des Siècles, interrogé sur ce que fait le roi Sennachérib :
Le roi Sennachérib fait ceci qu'il est mort.
L'héritage de tant de traditions est en de bonnes mains .
Ceux qui en ont la garde maintiennent hautement le bon renom de notre race. Au premier rang des institutions qui rendent le plus de services à la cause française, il faut placer l'école et l'église.
Ce qu'elles ont fait et font encore mérite d'être connu et doit l'être.
Ne croyez jamais aux proverbes, dit lui-même un autre proverbe. C'est à ce dernier qu'il ne faut pas croire.
Il en est un trop répandu sur toutes les rives du grand fleuve, trop empreint dans l'esprit de Tindigène, pour qu'on puisse faire fi de lui. « Qui a bu de l'eau du Nil veut en reboire, » dit-il.
L'histoire est là pour montrer que la France a bu de cette eau plus que toute autre.
Les événements diront le reste.