‹ Impressions d'un passant [microforme]Chapitre 25 sur 35 · MAR · texte numérisé non relu

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aire ses inconnus, au cours de fouilles pratiquées en certaine localité du Mexique. Il ne reste plus qu'à trouver la clef de cette langue perdue : c’est bien une œuvre d’une réalisation difficile,

Quoi qu'il en soit, en ce palais de l’Ethnologie, on pouvait contempler des portions de Monuments antiques, des fac-similés ?

D'ailleurs, il Y avait aussi de nombreux objets, armes, amulettes, idoles, etc., des peuples sauvages de l'Amérique contemporaine, On y voyait jusqu’à un canot d’écorce de l’une de nos peuplades indigènes de la province de Québec.

Je signalerai encore une très grande carte géographique qui était déployée sur l’

» Que j'en arrive à me demander si je ne suis pas, en en parlant, dupe d’une mémoire en

veine de plaisanterie, ou victime d’un rêve qui se prolongerait depuis huit semaines. . . Pourtant, je l'ai vue cette carte !

Mais j'en aurais au moins jusqu’au jugement dernier, si j'entreprenais de dire, mème par manière de résumé, ee que contenait d’intéressant ou de remarquable chacun des édifices de l'Exposition. Aussi, pour en finir d’un trait avec la revue de l'Exposition ellemême, je me borne à mentionner les sections de l’Electricité, de la Mécanique et de la Typographie, comme ayant été particulièrement dignes d’attention. Personne ne trépassera de surprise, assurément, en attendant dire que les Etats-Unis ont brillé surtout dans ces matières, qui sont bien le champ d’action où ils excellent.

Après cela, s'il y a des gens curieux de savoir par le menu

quelles sortes de bicyclettes, de canons, de dynamos, de carosses, de bottines, d’enveloppes de lettres, de vaisselle et de balais il y avait d’exposés à Buffalo, je les prie de ne pas compter sur moi pour le leur dire. Probablement, ils pourraient se renseigner abondamment sur ces sujets tout palpitants d'intérêt, en consultant le catalogue général de l'Exposition, 1° s'ils peuvent s’en procurer un, 2° s’il en existe un ; à défaut de quoi, je ne leur connais qu’une ressource, celle d'aller à l'Exposition de Saint-Louis, en 1903. Ils y trouveront tous ces mêmes articles et bien d’autres que l’on inventera d'ici là. Par exemple, qu'ils aient soin, pendant ces prochains dix-huit mois, de ne pas se noyer, ni de se faire écraser sous les roues d’une locomotive, ni de se faire mordre par un chien enragé, ni de perdre la tête n'importe où ou à propos de n’importe quoi.

Après une étude si approfondie du côté sérieux de PExposition, on attend encore de moi, j’en suis sûr, que je dise un mot du “ Midway,” qui oceupait près d’un quart du terrain de l'Exposition. Ce nom qui fut inauguré à l'Exposition de 1893 à Chicago, désignait l'endroit affecté aux diverses ‘“ attractions.” C'était à Buffalo, une longue avenue serpentant en des courbes diverses, et bordée

:MPRESSIONS D'UN PASSANT

de tentes, de pavillons, d’édifices de style fantaisiste, ou simplement d’enclos. Il y avait là des spectacles et des exhibitions de genres - —Variés, au nombre, paraît-il, d’une Quarantaine. Il aurait. done fallu, encore ici, beaucoup de temps pour tout voir. Il est probable que plusieurs de ces attractions laissaient à désirer au point de vue du bon goût et même de la réserve chrétienne, Je n’ai

et

C'était déjà tout un spectacle, que de parcourir seulement je « Mi . É

y prenait Pouvait aisément prendre là

Au “Midway”, —Où l'on achète des ‘souvenirs.’ —Les cabines de ls presse, — Des reconstitutions, la « Trip to the Moon,’ etc.—Mon ami l'Esquimau., —Hourra pour les Boers !

Lorsqu'on commençait la visite du Midway par le “ Basaaÿ Building,” ce n’était pas le moyen d'aller vite en affaire. Com mençons pourtant par là, puisque le temps, n’étant pas en cette matière de l’argen

ft, nous en avons abondamment. Car il est

permis de parler de l'Exposition de Buffalo tant qu’une autre grande foire de ce genre ne sera pas venue en effacer le souvenir. La vente des objets exposés était interdite dans tous les palais et les pavillons de l'Exposition proprement dite. Cela ne faisait pas l'affaire des industriels de tout genre, qui ne fabriquent pas les choses pour le seul amour de la gloire. Le touriste, lui, s’en trouvait bien, puisqu'il pouvait voir à son aise ce qui l'intéressait sans avoir à se défendre de mille tentations plus ou moins désastreuses pour son porte-monnaie, ni à subir les assauts tapageurs de la réclame américaine. D'autre part, on n’aurait pas compris un visiteur de la Pan-American qui n'aurait pas rapporté de là-bas, à l'intention de sa petite sœur ou de sa belle-mère, quelque souvenir de l’Exposition. Mais tous les intérêts se sont trouvés finalement conciliés d’admirable façon, grâce à la géniale idée de ce ‘“ Bazaar Building.”’ C'était un grand édifice, tout divisé en compartiments loués aux particuliers du commerce et de l'industrie. A tous ces comptoirs, des vendeurs et des vendeuses s’efforçaient de combler les désirs des passants, dont la foule dans ce pavillon, à tout moment, était très considérable. Bijoux, soieries, articles de bureau et de toilette, toute la bimbeloterie imaginable était réunie là pour tenter les gens. Vu l’espace restreint accordé à chaque concessionnaire, il n’y avait dans ces boutiques que de menus objets, et je n’ai vu là, en vente, ni locomotives, ni moulins à battre, ni charrettes à foin. Mais je sais que l’on y vendait jusqu’à des parapluies, puisque j'ai bien failli en acheter un, certain jour où la pluie menaçait. (Pour terminer l’anecdote, qui à la rigueur peut intéresser quelque lecteur et lui être même utile à l’occasion, j'ajoute que je trouvai plus économique de sortir de l'Exposition, d’aller à mon hôtel, moyennant quatre ou cinq milles de tramway, et de payer de nouveau mon entrée à l'Exposition : le tout pour aller quérir mon parapluie. Comme chacun le devine, il ne tomba pas de pluie du tout, et la soirée fut délicieuse.) 11 y avait là des marchands de toutes les nations, ce qui veut lé dire seulement : de beaucoup de nations. Pour ma part, j'ai fait

1 ne fallait pas manquer le village ssquimau, où il y avait plusieurs familles i

C'était l'heure du pot-au-feu, et je trouvai nos frères de l’extrême Nord au milieu de leurs apprêts culinaires.

Comme j'allais voir un phoque qui faisait sa partie ‘“ panamerican ” sur le bord d’un bassin qui était censé représenter la mer polaire arctique, je eroisai un Esquimeu qui, la pipe à la bouche — ce qui déjà me rendit rêveur — et le seau à la main, s’en allait

de l’eau à un robinet d’aqueduc. Que les choses polaires ressemblent donc à ce qui se passe dans ls zone que nous habitons !

“ Bonjour ! ” me dit-il, en passant près de moi. — “ Comment! Vous parles français ? ” répliquai-je. L’indigène se contenta de sourire, et continua son chemin.

Quelques minutes plus tard, en circulant parmi les montagnes de glace en toile peinte, je rencontrai encore mon Esquimau, qui derechef me salua en Passant d’un bonjour très sympathique. ‘ Où avez-vous appris le français ? ” lui demandai-je. Nouveau sourire de l’homme du Nord qui, toujours fumant sa pipe, passa outre et me laissa là avec mon interrogatoire peut-être indiseret.

” Comme, un peu plus tard, j'allais quitter le village, le même Esquimau se trouva encore là, et me dit : “ Vous partez ? ”

— Savez-vous parler aussi d’autres langues ? lui demandai-je.

— Oui, je parle un peu l'anglais.

— Alors vous êtes un interprête ?

Î — Et vous, dis-je à un autre Esquimau qui se tenait là, savezvous aussi le français ?

— Oui, un peu.

Et m’adressant de Douveau au premier, je lui demandai s’il était catholique.

— Non, protestant. Mauvais, les catholiques !

"CF FÉES 6rÉSTÉ 5 ÊE

Le question du retour.—Un événement judiciaire.—Les Américains on deuil, — au “Now York Central”, —Une tempête en plein soleil. —Où le volume des sacoches a des avantages ou des inconvénients.

11 y certainement des touristes qui ne reviennent jamais du voyage qu'ils avaient entrepris: l’histoire des Mèdes, des * et des autres peuples qui ont vécu avant, pendant et après l’existence de ces nations, est là pour en t'10igner. On a attrapé quelque indigestion, ou bien l’on reçoit quelque locomotive sur la tête, ou encore on se trouve justement logé au septième étage d’un hôtel détruit, à trois heures et demie du matin, par un lamentable incendie, Cela vous épargne les ennuis du retour, et c’est une façon sérieuse de réduire les dépenses du voyage: Mais enfin, quand l’on reste en vie, il faut toujours bien s’en revenir chez soi. Ce fut là notre sort.

Arrivés à Buffalo au nombre de dix, nous n’étions plus que trois le 25 septembre, Nos Compagnons nous avaient déjà quittés la veille ou l'avant-veille, les uns pour une raison, les autres pour

contre l'assassin du président bien d'écrire le nom, soit pour témoigner de mon horreur pour le monstre, soit à raison de la crainte fondée que j’éprouve de mal ier ce nom.

qu'il y a de n’être pas homicide.

eu de nous trouver AÏBuffalo à

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la ville en portait ençore le deuil. En eflet, beaucoup de maisons don conan spé de tentures funds ; et parton P ee pe. ee, ile on voyait le portrait du dune ven EPS crêpe. J'ai dit et. je dirai L Am

gers. ant Dons PE, VON peut encore avoir du oo ven avoir tant brassé d'affaires, après avoir inventé tant de et même après a » comme au coin d’un bois, sauté à la gorge de

de Québec, que les tions s'inquiètent à ce point d'empêcher qu’on ne s’enleurs voitures,

ment, sur le train, Voyageurs qui s’obstinaient à aller en quelque lieu précis ; car le convoi s'arrêta, recula et stoppa enfin à la gare qu'il fallait,

Ce fut sur le steamer Corona, un vaisseau long de 277 pieds, que nous retraversâmes le lac Ontario. Cela d'ailleurs ne se fit pas à la façon d'un voyage de plaisir, Car le lac, fouetté par une violente brise de l'est, se cabrait sous les coups ; et le navire, qui ne demandait pourtant qu’à passer tranquillement parmi ::: {lots tumultueux, ne put qu'avec peine se frayer un chemin À tr vers les irrégularités de la plaine liquide, Ah! par exemple. :] faisait beau soleil ; et les vagues n’élevaient pas leurs crêtes cour: ouces jusques aux cieux, et ne laissaient pas s'ouvrir de l’un: à l'autre d’effroyables abimes ! Ce ne fut pas tragique à ce noint-li Pourtant, il y eut des paquets de mer qui embarquère:t, sans prenilre le temps d’acheter des tickets, À travers les vitres des fenttres : il y eut des paniers de fruits qui perdirent leur centre de gravité, ce qui eut pour résultat de joncher les parquets de pommes, de )4ches et de raisins, lesquels se

nord-quart-nordouest, flmes avec l’horison un angle extrêmement aigu, et abouttmes à des degrés encore indéterminés de longitude et de latitude, et que, rendus là, avant que nous pussions distinguer parfaitement le sénith du nadir, nous repartimes subitement en sens inversé, pour nous retrouver bientôt juste à l'endroit d’où nous étions partis pour cette rapide excursion, moins charmante qu'on ne l’imaginerait peut-être.

Bref, nous jugeâmes que la traversée était un peu laborieuse, et ne fûmes pas ennuyés du tout d'entrer enfin, au bout de trois heures, dans le port de Toronto.

Mais voilà que les journaux du soir nous apprirent que nous avions subi une effroyable tempête, et que le steamer Corona était resté à Toronto, au lieu d'effectuer son voyage de retour à Niagara.

revient d’une Exposition universelle, la situation ne laisse pas d’être plus hasardeusé que lors de l'aller. Voici comment cela se passa,

p j'ai eues, après coup, de leur être agréable | — Que si, d'autre part core il arriva à l'abbé M. votre sac de voyage est jugé de dimensions considérables et peut être soupçonné de recéler en ses flancs i és des i

rebondis et allong variées et de grand prix, oh! alors, on vous retient, et l’on procède au minutieux examen de vo :

Bien que, grâce au peu de Corpulence de mon sac de voyage, grâce aussi à l'air candide que j'ai réussi à me donner en face des douaniers, j'aie pu me tirer avantageusement d’une situation assez

inquiétante, je trouve qu'il est dur, pour un Canadien qui rentre au Canada, de se voir accueillir par des tracasseries de ce genre. Quand y aura-t-il des gouvernements qui ne feront plus payer de droits de douane aux Canadiens qui reviennent chez eux, ni aux importateurs de marchandises destinées à être utilisées en Canada, — quitte à frapper les autres personnes et les autres choses des droits les plus élevés qui se puissent concevoir ! Hélas, nous ne serons plus là, quand il y aura de ces gouvernements acharnés à faire le bonheur du peuple.

Une accablante contrariété.—Impressions de ToronTo.—Une ancienne maison québecquoise.—Université de Toronto.—On demande quatre Canadiens- Francais d'esprit et riches. ..—A bord du Kingsion, du Bohemian et du Québec.

Après avoir de la sorte donné, de façons diverses et bien malgré soi, satisfaction aux lois du pays, on s’abandonne à la joie d’avoir enfin remis le pied sur le sol de la patrie — bien que l’on ne soit encore que dans la province d’Ontario...

Et comme il reste encore trois heures avant le départ du bateau qui nous mènera du côté de “ chez nous,” nous entrons aux bureaux de la Cie Oniario et Richelieu pour y déposer nos bagages. Nous y apprenons qu’un accident est arrivé À l’un des navires de la ligne de Toronto, et qu'il n’y aura pas de départ cette après-midi-là ! — Le tonnerre serait tombé, ‘“ en pierre,” dans la poche de notre gilet ; le sol se serait ouvert, sous nos pas, jusqu’à l'axe même du globe terrestre : notre abasourdissement n'aurait pas été plus complet. C’est ainsi qu’il y a, dans la vie, des moments où l’on se laisse abattre à tel point que l’on ne s'intéresse plus à rien. Dans cet état d’Ame, l’on vous annoncerait la découverte du Pôle Nord ou l'établissement de la ligne rapide entre Québec et

Toutefois, après ce Premier moment où nous avions cédé à nature et où le sombre d ir était venu lui-même frapper à porte de nos âmes, à LUS NOUS ressaisir en vrais Canndier Français, détermi & à rester fidèles quand même à notre nationale, au milieu de ces Ontariens qu’une lâche attitude de not Part aurait tant scandalisés,

Condamnés Par la fortune aveugle, sourde et muette, à pass

, sager courageusement la situation et par l’accepter avec toute L

J'ai beaucoup aimé Toronto, à le Voir ainsi à vol d’oi — Je le préfère à Buffalo, qui m’a paru Moins vivant ; Mais je Jui Préférerai encore Montréal, quand les rues y seront Propres. Du reste, ce ne sont là qu’impressions Cueillies au petit bonheur, et je ne conseille à personne de les prendre Pour des jugements sans appel. Iln'ya que sur l'appréciation de Québec que je sois intrai. table ; en cette Matière, je n’entends pas que les opinions ne soient Pas unanimes.

Les rues de Toronto sont larges, droites, Propres, et bien bâties : à certaines heures, l’activité Y est grande, Et l’on a

maître de céans. Imaginez, maintenant, que ce maître de céans est le fils d’un ancien marchand de tabac de la rue de la Fabrique, à Québec, chez qui, voilà un tiers de siècle, j'allais acheter parfois quelques onces de tabac. Les hasards de la vie ! Qui sait si, dans trente-trois ans et quatre mois, je n’entrerai pas acheter un cigare chez le petit-fils de ce marchand-là, tenant un commerce à Winnipeg ou à Prétoria ? C’est, au reste, l'extrême limite de ce que je veux me permettre de prévoir, dût le goût de ce genre de négoce continuer à se perpétuer dans cette intéressante famille. juive.

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Je ne vais pas entreprendre la description de la ville de Toronto. Trop de mes lecteurs l’ont visitée, et, l’on peut m'en croire, il est très gênant, à plusieurs points de vue, de narrer ou de décrire en présence de gens qui ont vu les choses ; cela vous coupe les ailes. .., par un phénomène qui n’est qu’apparemment inexplicable.

Mentionnons seulement que nous visitâmes la cathédrale catholique, une belle église ; l’hôtel de ville, somptueux édifice, que l’on a construit récemment à grands frais ; le parlement, bâtisse peu remarquable, cent fois inférieure à notre beau parlement de Québec ; l’université de Toronto, dont les divers édifices sont situés au milieu d’un parc très agréable.

Parlons-en un peu, de cette université de Toronto.

C’a été une bonne idée que d’en distribuer ainsi, à travers les bosquets et les pelouses, les diverses sections. Cela fait qu’au cas d'incendie l’on peut réussir à empêcher que tout ne soit consumé.

La section industrielle, mines, électricité, etc., est supérieurement organisée. L'outillage est très considérable. L'élève n’y a pas seulement des gravures à contempler pour s'initier aux opérations des arts, mais de vraies machines, comme celles des usines, pour exécuter les opérations industrielles.

Un jeune Canadien-Françai , du Lac Saint-Jean, s’est rencontré, ces années dernières, qui osa se résoudre à n'être ni avocat

» très à fond et en beau français

inq mille piastres à Fr JS création d'une école sx i

k anadiens , q Le à gun eet de talent o$ qui ne débrouillards i

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toutes les bran

La biblio

sont si fins

de économie d’

à devenir de fort ches de l’industrie ?

thèque de l’université de Toronto,

Conservation des trésors qu’elle à accumulés dans sa bibliothèque et ses musées, A l’université de Toronto, Même Jes m

ériaux incombusti bles.

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finirent par embarquâmes sur le steamer Kingston. Ce

savoir le nom de l’homme Canada, une idée gi nouvelle

trouviez : “Le sale bateau ! ” voyager !

Su le Zeaupré—Orrawa.—Une ville qui s'embellit.—Un musée dont le péril fait trembler.—Pourquoi nous n’arrétons pas à PEMBROKE,— Supeury et ss charmes plutôt négatifs. —Les Jésuites n'ont pas encore détruit ce Pays.—La “Soo Line'”—Les deux Sault Sainte-Marie—Un bel embarras.—Un jeune compatriote nous tend la perche du salue.

T1 n’est pas plus difficile de partir pour l'Ouest que pour l’Est Ou pour ailleurs : il n’y a qu’à monter sur le véhicule qu'il faut, et à se laisser ensuite aller comme un colis.

En l'espèce, ce fut sur le Beaupré — antique vaisseau qui, sous le nom de Montréal, faisait déjà l'admiration de nos pères par sa course rapide —, ce fut, nommé à cause de la pieuse

Québec et Montréal —, ce fut donc, redis-je, sur le Beaupré que nous nous embarquâmes le 5 septembre (1904) au soir.

Je dis : nous, parce que je ne partais pas seul, mais bien avec mon ami l'abbé Burque, un naturaliste, un poète, un philosophe, qui a écrit un savant volume pour démontrer que, de tous les astres qui composent notre système cosmogonique, il n'y a que la terre — €$ encore | — qui soit habitée.

On part de Québec le soir ; le bateau vous dépose à Montréal le matin suivant ; on prend alors un train du chemin de fer du Pacifique, et l’on arrive à Ottawa au bout de trois À quatre heures. Ce n’est là rien que de très ordinaire et qui se fait tous les jours.

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11 n'y à donc pas lieu de s'appesantir sur un exploit qui est ai portée de tout le monde.

Je vais à Ottawa tous les ans, mais toujours durant l’hiv époque de l'année où les différences n* sont pas grandes d'une v

cette ville durant l'été, et Ottawa était toujours restée pour n l'Ottawa de 1885. Mais désormais c’est l'Ottawa de 1904 q j'aurai dans la mémoire, après les étonnantes transformations p lesquelles elle à passé. C'est aujourd’hui l’une des cités les pl agréables du Canada.

D’autres villes ont des rues aussi larges et bordées d’édific aussi remarquables, Mais où trouver, dans nos villes canadienne des promenades comme celle qui longe le canal Rideau. Cet promenade n’a été établie que dans ces dernières années ; d’ann( en année, à mesure qüe grandiront les arbres et arbustes d’ornemer que l’on y a plantés partout, elle deviendra de plus en plus bell, Puis il y a les bosquets et les plate-bandes fleuries de la Ferm expérimentale ceutrale ; il y a les beaux terrains des édifices d

heureuse de lui donner chaque année une forte subvention moné. taire, pour lui permettre de s'embellir rapidement. La ville a pris

pouvant se prévaloir de la qualité de capitale du Canada, les autres villes ll

À Ottawa, on visite la remarquable bssilique, l'œuvre de M. le chanoine Bouillon, dont le talent en architecture est bien connu. On visite les édifices parlementaires, auxquels ne manque pas un certain caractère de grandeur et d'originalité. Nous avons tenu

aussi à voir les débuts de la reconstruction de l’Université. Le premier étage du corps principal est prêt d’être achevé, et l’on peut déjà apercevoir la magnificence du monument que les Pères Oblats ont entrepris d'élever sur les ruines de ce qui fut jadis le collège d'Ottawa.

{ous entrons enfin dans le palais de la Commission géologique du Canada. Ce palais n’est qu’un vieil édifice, où sont entassées les plus précieuses collections d'histoire naturelle qu'il y ait au Canada. Il y a là les spécimens zoologiques, minéralogiques, etc., recueillis depuis un demi-siècle tout le pays, de l'Atlantique a pace est de longue date i il faut reconnaître qu’elles sont à tout moment exposées à périr dans un incendie qui peut éclater là comme ailleurs l’un de ces quatre matins. Aussi, ému par les justes alarmes des gens qui apprécient la valeur de pareils trésors, le Parlement a-t-il admis le

tion d’un grand édifice, à l'épreuve du feu,

ée national ; il vote et revote même,

considérables pour cette œuvre. Par

exemple, il y a souvent très loin non seulement de la coupe aux

lèvres, mais aussi de la décision à l'exécution, surtout quand il

s’agit d’un gouvernement sage, qui tient à tourner la langue sept

fois avant de parler et septante fois sept fois avant d'agir. Or le

&ouvernement fédéral est tellement sage, que l’on ne saurait dire

vers quelle année de l'ère chrétienne le Musée national du Canada

sera installé dans le palais nouveau. En attendant, les incendiaires,

les rats, les calorifères, la foudre et les fils électriques voudront bien,

espérons-le, aller mettre le feu ailleurs que dans le présent édifice de la Commission géologique du Canada.

Comme j'avais déjà visité plusieurs fois ce musée, je laissai Mon compagnon s'extasier tout seul devant ces merveilles scientifiques, et j'allai faire connaissance avec le Prof. Ami, l’un des membres de la Commission géologique et en outre, non moindre mérite, collaborateur du Naturaliste canadien.

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