VI L
Natveté qui. suralt à interroger un visiteur de l'Exposition sur les objets qui Y sont exposés.—Le chor drapeau britannique, —Au pavillon du Canada,
—1 n'y à partout que du buffalo, quoi nos petites vaches canadiennes se sont couvertes de gloire.
On croit peut-être, chez certains, qu'il est temps de parler de l'Exposition elle-même, c'est-à-dire des objets qu’
coup
plupart des Canadiens, Il fallait bien, n’est-ce
nn
et les musiques des kiosques, à lire les grandes affiches réclames du Midway. Ah ! le Midway ! c’est ce qui a occupé principalement
11 ne nous reste plus qu'une journée et demie pour visiter enfin l'Exposition, la vraie Exposition, Et quand l’on s’en va, c’est en se disant qu'avec un jour ou deux de plus, on aurait pu s’en retourner avec une connaissance quelconque des richesses de tout genre
tenir, il n’y a qu’à y aller soi-même. Et alors, comme j'ai dit, on jepense les trois quarts de son temps à regarder autre chose que les “ exhibits.” — Un cercle vicieux, quoi !
Par où il est démontré que, dans la vie, il faut toujours aboutir par quelque point, vrai ou faux, à la logique, au moins chez nous les Français,
Quand on a l’honneur d’être sujet britannique, on aperçoit tout de suite et comme par instinct, en entrant à l'Exposition, le cher drapeau de l’Empire qui flotte sur un édifice, et l’on se dirige
de ce côté, Le mot ‘“ Canada ”’ dessiné au-dessus de la porte, ce n'est pas pour empêcher d'y entrer ; au contraire.
On s’est plaint partout jusqu'à la chambre des que rien n’était plus diagracieux que le pavillon du Canada à l'Exe position de Paris. La chose s'expliquait d'elle-même, ajoutait-on : c'étaient les autorités anglaises qui avaient fait construire l'édifice,
Moi, je trouve que l’on ne s'est guère repris, J'ai là, sous les » AU Moment où je couche mes impressions — plus ou moins
encore q'e les corporations n'ont pas de cœur ! — J'ajoute que «i quelque chose ne manquait pas, dans tous les coins de l'Exposition, c’étaient les buffalos, I] ÿ en avait des grands, des moyens, des petite et des minuscules ; il y en avait en or, en argent, en fer-blanc, en terre, en gélatine ; il ÿ en avait de disposés pour tous les
imaginables, ceux de presse-papiers, d'épinglettes, de pots à tabac, eto. Aussi, peu de touristes sont revenus de l'Exposition sans
avoir à leur cravate, à leurs manchettes, à leur chaîne de montre, dans leur poche ou leur sac de voyage, ce gracieux spécimen de la soologie américaine.
Non loin du buffalo que je viens de signaler, il y avait un beau salon pour les dames, et une salle de lecture et d'écriture pour les messieurs, C'est ici qu'on voyait pendus (plus d’un le méritait depuis longtemps) le long des murailles beaucoup de journaux du Canada et d’ailleurs ; C’est ici que, cédant à la suggestion de papier et d'enveloppes marqués au cachet de la Pan-American, chacun écrivait au moins à quelque parent ou ami, pour bien témoigner qu'on y était, à Buffalo! Et quand se présentait là question du timbre-poste des Etats-Unis à a! ser sur sa lettre, on ne savait plus que faitc, Cela vous donnaii l'idée ou l'occasion d'aller au commissariat canadien, à l'autre bout de la bâtisse, pour y contem-
timbre-poste requis, et l’on se chargeait de lancer notre lettre dans le système postal, Tout cela à titre gracieux et aux frais du gouvernement canadien, Dire que, malgré cette magnifique façon de
Par mon correspondant ce timbre-poste, monument de la munificence du Dominion of Canada, et, après l'avoir toute ma vie tenu... collé sur mon cœur, je le transmettrai à mes arrière: neveux comme un cher héritage,
Of, on à dit — que ne dit-on pas quand on ne sait que dire ! — que la province de Québec n’était Pas représentée à l'Exposition de Buffalo ; que c'était grand } que nous avons manqué 1à une belle occasion de nous faire une réclame profitable,
Ah ! la province de Québec n’était pas représentée à Buffalo ? Non ? Eh bien, et nos vaches canadiennes, on n'en tient pas compte, par hasard ?
C'est dans l'industrie laitière que notre Province s'est le plus
capitole de l'Etat du Minn
distinguée en ces dernières années, et c’est notre industrie laitière que, en haut lieu, l’on a chargée de nous rapporter de la gloire, de cette Exposition. Et le résultat a prouvé que l’on a été bien inspiré. C’est le Dr J.-A. Couture, de Québec, le promoteur. de: l’idée, qui doit être content, lui dont toutes les prévisions se sont réalisées à la lettre. Nos Pauvres petites vaches canadiennes,
arrivées à Buffalo, en mai dernier; maigres et fatiguées de la stabu-
lation de notre long hiver, ont... tenu la queue des autres races, grandes, grosses, grasses, durant tout l'été. Puis sans faire sem-
elles n’avaient pas dit leur dernier mot.
c, la province de Québec était représentée, et bien représentée, à l'Exposition de Buffalo !
Un capitole en beurre.— Antiquités américaines—Un bon moyen pour savoir ce qu'il y avait à l'Exposition. —Le Midway et ses attractions.
avait bien une douzaine d dimensions en proportion, et reproduisait, si j'ai
construction était là depuis le commencement de juillet ; elle avait
. Passé par les journées torrides du mois d'août, et paraissait n’avoir ai fléchi ni subi le moindre changement. Il faut dire aussi, que l’on avait soigneusement tenu le soleil à l’écart, et que la construction elle-même était renfermée dans une cage de verre hermétiquement close, dont l’intérieur était maintenu, par je ne sais quel système de réfrigérateur, à la température qu’il fallait.
Cette merveille était dans le rez-de-chaussée du Dairy Building, tout près du pavillon canadien, et il semble que peu de visiteurs aient seulement connu son existence. Ce Dairy Building était une belle reproduction d’un grand chalet suisse, dont le premier étage et le toit étaient occupés par un restaurant non moins horrible que d’autres horribles restaurants de l'Exposition.
Un autre édifice dont la visite offrait beaucoup d'intérêt aux gens curieux, c'était Je palais de l’Ethnologie. Ce palais, qui faisait le pendant du Temple de la Musique, sur l’esplanade centrale, était du style. Renaissance classique, et sa construction avait coûté 888,000, ni plus, ni moins. I] contenait des collections très considérables d'objets de toutes sortes, pour la plupart souvenirs des anciens peuples des deux Amériques, même des habitants préhistoriques de notre continent, Car il faut savoir que, longtemps
l'Amérique, au Mexique et ailleurs, des peuples puissants, dont la civilisation était avancée, et qui ont si bien sombré dans les ombres de l’histoire, qu’on ne sait rien de défini à leur sujet et que l’on ignore jusqu’à leur nom. Il n’y a vraiment pas moyen de disparaître plus que cela. ‘ Cependant, en divers endroits, grâce aux travaux des mines, du percement des routes et de l'établissement des voies ferrées, on à retrouvé les ruines-de constructions variées dues à l’industrie de ces nations oubliées durant de longs siècles. Et même, en ces dernières semaines, on nous disait avoir rencontré des inscriptions
ET