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quartier de ville, avec ses rues et ses avenues, et une circulation toujours active.
L'installation et l’ameublem étaient assez sommaires, et ressemblai U: on voit dans les villes d’ i à son choix, suivant le
plan américain.” A part les deux
anger, dans l’une desquelles on était servi “ à
la carte”, et dans l’autre à table d'hôte, il y avait aussi un café-
restaurant. Le prix des repas à table d’hôte était peu élevé, cc
qui n’empéchait pas le menu et le service d’être très convenables
et plus satisfaisants, en tout cas, que ceux de la plupart des au-
tres restaurants qui fonctionnaient sur les “ World's Fair Grounds.”’
Combien y avait-il de cham prospectus de 1
prendrait au moins 500 pièces, 2,000 chambres.
indiquer pas plus vraisemblable res pour jeter plus de poudre aux On n’est jamais sûr de rien.
on peut bien soupçonner q aient pu se tromper de quelques mille numéros dans une énumération de... deux mille ! J'ajoute, pour porter à son comble l’ébahissement du bon lecteur, qu’à en juger par le numéro de la carte qui me fut délivrée par le caissier, je fus le 58,836e pensicn-
naire inscrit — à moins qu'ici encore l’on n’ait fait, sans s’en apercevoir, quelque erreur d’addition !
Mais ce qui mérite une mention toute particulière, c'est la merveilleuse organisation qui régnait dans cette gigantesque institution. Avouons, aussi, que rien n’était plus nécessaire, et qu’une administration ‘* à la diable ”’ eût été désastreuse pour les propriétaires et insupportable pour les clients. Or, tout était parfaitement ordonné, jusque dans les détails, et l'immense machine fonctionnait admirablement, tant les rouages en étaient bien ajustés.
La domesticité était nombreuse, bien dressée et toujours polie. Le service de propreté était soigneux et même irréprochable.
Au coin de chaque rue — je veux dire, évidemment, au bout de chacun des couloirs, se tenait en permanence un garçon, qui avait pour mission de plonger constamment ses regards entre les deux blocs — je veux dire entre les deux rangées de chambrettes qu’il avait à desservir, et cela pour être prêt à répondre aux signaux — de détresse quelconque — que pourraient faire les citoyens et les citoyennes du quartier. Quant à ce système de signaux, c’était ce qu’il y a de plus simple et de plus ingénieux à la fois. Soit, si vous voulez, le désir qui vous prend d’avoir de l’eau à la glace... Vous voyez ce cordon qui descend près de la porte, à l’intérieur de votre cellule ? Vous voyez aussi, tout contre, collée sur le mur, cette affiche où l’on vous dit qüe, pour vous faire apporter de l’eau à la glace, vous devez tirer le cordon jusqu’à la boucle No 2, que vous passerez dans le clou qui est ià, tout prêt ? Eh bien, sachez qu’en tirant ce cordon jusqu’à la boucle No 2, vous avez fait se projeter dans le couloir, au-dessus de la porte de votre chambre, une planchette indicatrice, et lui avez fait prendre une inclinaison de 45°. Le garçon sentinelle a vu cela tout de suite, de son poste d'observation, et il est parti comme l’éclair pour aller chercher de l’eau à la glace. Deux minutes après, l’eau à la glace vous arrive, vous remerciez, vous donnez un pourboire, et tout est dit. Par exemple, voilà bien à ma connaissance le seul hôtel du monde où il faille payer jusqu’à un verre d’eau ! — Que si vous aviez accroché
Vous proposez de passer à qui vous fait Payer d'avance là, lui dis-je ça déliant les
cordons de ma bourse,
Cela sauve du temps,
— Surtout, répliquai-je, cela vous pensionnaires qui po À
quart d’heure de Rabelais, une dose convenable de poudre d’escampette.”’
Plus loin, c'était des bureaux de change, de poste, de télégraphe, de téléphone, d’agences de messageries et de chemins de fer. Puis, voici des Magasins de journaux et revues, d’articles de Papeterie, de cigares et cigarettes, d’objets de fantaisie, d'articles de lingerie : enfin, une pharmacie, regorgeant des remèdes les plus efficaces pour les maladies les plus variées.
Il est superflu d’ajouter que, donnant sur le “ Parlor”, se trouve aussi un salon de barbier et de Parfumeur, où ’ fait la tête suivant les procédés les plus perfectionnés qui se puissent concevoir,
Mais tout cela, ’homme sage doit se préoccuper bien n âme, même au
même aux Etats-Unis.
quelque église catholique dâmes-nous au &arçon qui nous con- Certainement, il Y en a une à quelques
blocs d'ici... Mais vous pourres entendre la messe à l'hôtel... — À l'hôtel ?... — Parfaitement, il y a, le dimanche, au salon No 2, une messe à 6} heures, et une autre à 9 heures.”
Voilà, à coup sûr, le plus extraordinaire de tous les avantages qu'offrait l’Inside Inn à ses hôtes d'occasion.
En effet, dans chacune des chambres et en plusieurs autres eudroits de l'hôtel, il y avait des cartes fixées au mur et où l’on pouvait lire l'indication de l’heure et du lieu des messes du dimanche matin.
Ce premier dimanche, nous ne pouvions célébrer nous-mêmes la sainte messe, faute de vêtements ecclésiastiques, nos bagages n’étant pas encore arrivés de la gare. Nous assistâmes donc à la messe de neuf heures, en compagnie d’environ deux cents personnes, dont le maintien recueilli était fort édifiant,— cependant que, au salon No 1, situé au-dessous de la salle convertie en chapelle, une miss quelconque exécutait sur le piano je ne sais quel chef-d'œuvre, et qu’au dehors retentissait la voix flûtée de quelque “ American boy ”’ répétant à tous les échos : “ Sunday Morning Paper ! ... Sunday Morning Paper ! ! ! ”’ — Lorsqu'il eut achevé la messe, le célébrant prononça un court sermon sur la dévotion au Saint Quant à la n.esse de 64 heures, elle est fréquentée surtout par les employés . 2 l’hôtel, dont un bon nombre sont des catholiques : ce qui tient sans doute à ce qu'ils sont habitants de Saint-Louis, qui est une ville peut-être à moitié catholique.
Ce que l’on vient de lire sur l’Inside Inn est suffisant pour donner une idée de ses vastes proportions et de sa merveilleuse organisation. On aurait même peut-être sujet de penser qu'aucune entreprise de logement n’a jamais égalé celle de l’Inside Inn, et cela me justifierait absolument de la présenter comme le ‘“* clou’? de l'Exposition de Saint-Louis.
Il reste pourtant un détail administratif que je n’ai pas mentionné encore et que je me reprocherais de ne pas indiquer — pour porter à son comble l’admiration du lecteur.
J'ai déjà dit de quelle façon on faisait son entrée à l’Inside
. Comme on s’en souvient peut-être, l’arrivant devait tout d’abord indiquer le nombre de jours qu’il avait l'intention de séjourner à l’hôtel, et payer à l'instant, d'avance, le prix correspondant à cette durée, Mais que se passait-il à la fin de ce séjour? La vigilante administration de la maison avait également pris ses précautions pour empêcher toute négligence de se produire à ce moment.
Quant à nous, en arrivant un samedi soir à l’Inside Inn, nous avions payé pour un séjour de six jours à l'hôtel. Eh bien, le samedi suivant, en sortant le matin de nos chambres, nous trouvâmes apposée à la porte de chacune de nos cellules une carte imprimée dont la lecture nous intéressa grandement. Il y était dit que la période déterminée pour notre séjour à l’Inside Inn était achevée ; que dans le cas où nous voudrions y rester plus longtemps, il nous fallait aller au bureau dès le matin et y faire de nouveaux arrangements ; faute de quoi, nos bagages seraient enlevés de nos chambres, s'ils y étaient encore, à dix heures de l’avant-midi, et remisés je ne sais où.
A la bonne heure! Voilà des gens qui aiment les situations claires et nettes! Mais, aussi, voilà une administration qui suit son affaire !
Or, comme nous voulions passer encore un jour à l'Exposition, on peut imaginer avec quel zèle nous nous précipitâmes au bureau de l’hôtel, où l’on nous traita tout comme de nouveaux arrivants, à peine débarqués du train de New-York, du Congo ou de Honolulu... (1).
(1) Avant de cesser, à jamais, de de l’Inside Inn, je m'en voudrais ne pas reproduire ici une gr gr ogg sur la désignation ‘ Insi
curieux de l'h = procurer à la postérité le plaisir de le savourer. S'il est quelque À pable de lire !’ »qui soit tenté de me reprocher de ne pas faire suivre
chef. ise, je le de me dire comment cela se pourrait bien traduire en une langue et di
AT Te INsipe INN The visitor to the Worid's Fair walked timidly up to the clerk at the hotel desk and asked:
World’s Fair,
Donc ce samedi soir, 1er octobre, après avoir dîné à l’un des vastes restaurants de l'hôtel, constatant qu’il n’était que neuf heures et que les palais de l'Exposition étaient encore brillamment illuminés, je décidai d'aller faire une promenade sur les terrains, À travers les édifices des Etats : car la plupart des Etats de la république avaient érigé un palais particulier, reproduisant plus ou moins les installations anciennes ou contemporaines des demeures de leurs habitants. L’Inside Inn était précisément situé tout près de la partie de l'Exposition où se trouvaient tous ces palais, Or chacun des Etats Célébrait, à une date déterminée, un jour de fête particulier, où il y avait grande réception dans son palais, avec discours, musique, illumination. Il se trouva que, le 1er octobre, c'était la fête de l’Indian Territory, et la féerique illumination de son palais me jeta dans un ravissement complet,
Du reste, je ne prolongeai pas beaucoup ma petite promenade
te er me, de ; isthis the Inside Inn ? And, if so, is the proprietor of
the Inside in - Yes”, replied the clerk, with a faraway look in his “this is the In- Inn, ou will find the ietor of the Înn outside by the inn's door. He been À nside Inn for several weeks. He tells
me that once when he took an ocean trip he couldn't à his inside in, but outside.
t intend it to En me the t ; ‘‘ if this is the Inside we want to see its inside as well as its outside before we look inside any of the outside inns. 1f
liks the and inside, we may bring our things from the outside inside and stop
ÊRE
Inside Inn, it , the one on the outside, han does the i is, the Inside Inn's side. In—" But the clerk had fainted and fallen inside the Inside Inn’s desk and = < r
BESE bus fl
nocturne, parce que les chemins étaient encore humides d’une pluie récente, mais surtout parce que je craignais de im’égarer à travers ces bocages plus ou moins éclairés et sillonnés de routes qui se croisaient en tout sens, Sans compter, me dis-je, que demain c’est dimanche: les palais devront être fermés, sans doute, mais au moins oR pourra circuler partout, et contempler 1es décorations extérieures des édifices et des terrains — Seulement, il m’arriva quelque chose d’analogue à l'aventure de cet écolier, que j'ai bien connu, et qui, devant entrer dans tel collège nouveau pour lui et y arrivant vers sept heures du matin se dit, avant de s’y rendre, qu’il valait mieux différer jusqu'après le déjeuner de fumer sa bonne pipe accoutumée du matin. Il fut très bien accueilli par le vénérable supérieur : il déjeuna de bon appétit, et fut ensuite informé que l’usage du tabac était strictement interdit au collège. Tête du jeune homme ! Et, de même, tête de l’abbé Huard, lorsque, le dimanche matin, il sortit de l'hôtel, après déjeuner, pour aller contempler l'extérieur des grands palais de l'Exposition. Il constata que tout autour de l’Inside Inn courait une haute palissade dont les barrières étaient, ce jour-là, solidement cadenassées !
C’est le Congrès des Etats-Unis, je crois, qui en votant une forte subvention À la compagnie de l'Exposition avait mis pour condition à sa générosité que la World’s Fair serait fermée le dimanche. La condition était strictement observée, comme on voit, et plus à la lettre qu’à Buffalo, en 1901, où du moins l’on pouvait le dimanche se promener sur les terrains de l'Exposition. Il est'très permis de penser que l’on poussait un peu loin, à Saint- Louis, la sévérité du règlement : car on ne voit pas comment la promenade autour des édifices et des pièces d’eau de l'Exposition était plus une violation du respect dû au Jour du Seigneur, que les promenades que l’on pouvait faire dans les parcs de la ville de Saint-Louis. Toutefois, un chrétien sincère ne peut s'empêcher de penser avec admiration à cette reconnaissance officielle, quoique
exagérée, du repos du dimanche ; et l’on souhaiterait de voir imiter
dans plus d’un pays, dit catholique, l'exemple donné en 1904 par la grande république, dite protestante, des Etats-Unis.
Pour nous, nous entrâmes tout à fait dans l'esprit de cette ordonnance générale de repos, et nous trouvimes agréable et utile ce calme parfait qui régna toute la journée dans l’Inside Inn. 11
Beaucoup de pr isionnaires de l’Inside Inn employèrent le dimanche à visiter } ville de Sai-t-Louis, dans laquelle on pouvait librement pénétrer ce jour-là : ce n’est que durant les autres jours de la semaine que, pour communiquer de l’Inside Inn à la ville ou vice versa, il fallait absolument passer par l'enceinte de l'Exposition et payer, en rentrant, les 50 sous du tarif,
Dans la tiède soirée qui suivit, l’excellent orchestre Fisher, qui tous les jours faisait de la musique aux restaurants de l'hôtel, durant le diner, dom ; un beau concert, sur le balcon d'avant de l’Inside Inn ; quelques dames chantèrent des romances en je ne sais quelle langue, probablement en anglais. Et le bonheur, que l’on n'obtient guère ici-bas que goutte à goutte, coula ce soir-là avec des allures de joli ruisseau gazouillant À travers les fleurs de sa rive...
— La Garde républicaine ; Guilmant, — Merveilisuse illumination de l'avenue centrale.—Le ‘ Pike”,—Ches les autruches.—Les Esquimaux, —Exercices d'animaux savants.—La Création du monde.—L'Exposition irlandaise —Le ‘jour’ de l'Etat de New-York.— À Jérusalem.— Aux armes ! La Boer War.— Plaidoyer pour Cronje.— Colenso et
—Au pôle nord.—Exhibits du Vatican, et des Jésuites canadiens. — Triomphe des bois et des fourrures du Canada.—Bombardement de Port- Arthur, par les Japonais.—Le palais de la France, où il faut des gants blanes pour entrer.—Où l'on dit son fait,en termes peu voilés, au gouvernement français.—Le palais du gouvernement des Etats-Unis.—Un gendarme qui n'a pas envie de rire.—Une après-midi avec Arthur Preuss.— Le jardin botanique de Saint-Louis.—-Lernières courses dans l'Exposition.—Sansa Lucia. —Poignant adieu.
“J'étais donc encore destiné ”’ sinon, comme Bossuet, à rendre quelque devoir funèbre à très haute et très puissante princesse Henriette. Anne d'Angleterre, du moins... à visiter encore une Exposition universelle,
On entend dire quelquefois : “ Ce! ui qui a vu une Exposition universelle a vu toutes les autres. C’est toujours la même chose ! ” Ce propos n’est pas juste. Sans doute, il y a des carc.tères communs à toutes ces institutions et que l’on retrouve partout ; mais il y a aussi toujours du nouveau. Cela est dû à ce que certains pays pren..ent une part plus grande à telle Exposition qu'ils ne l'ont fait à d'autres Expositions ; cela est dû, surtout, à ce que la science, l’industrie et les arts n’arrêtent pas de faire des progrès, et peuvent fournir par conséquent des produits nouveaux ou plus perfectionnés en telle année courante que cela n’était possible quelques années plus tôt.
Des personnes ont dit : “ L'Exposition de Saint-Louis, .. cela ne valait pas beaucoup la peine... Qu'y avait-il done là de si intéressant ! ”
Il faut avoir une certaine dose de témérité ou d’audace pour parler de la sorte.
Que ce soit à Saint-Louis ou ailleurs, une grande Exposition est quelque chose de merveilleusement beau et intéressant. Voir, en un parc où toutes les beautés de la nature ont été réunies ou , reproduites, d'innombrables et immenses palais élevés et ornés d'après toutes les ressources de l’architecture, remplis de tout ce que les climats divers et les arts industriels ont produit de plus parfait, et illuminés, la nuit, avec toute la splendeur que peut réaliser ici-bas le pouvoir du génie humain : assurément, c’est là le plus beau spectacle que, dans l’ordre matériel, l’œil de l’homme puisse contempler. Et il est à plaindre, celui que n'intéresse pas la vue de tant de richesses naturelles, artistiques et industrielles, réunies en un même lieu.
Seulement, à Saint-Louis, il faut le reconnaître, ce ‘“ même lieu ”” était d’une étendue considérable : il comprenait une superficie de 1,240 acres. Il semble que cette Exposition de Saint-Louis
même fait reproche aux organisateurs d’avoir trop voulu faire grand : car il est bien entendu qu'il faut toujours trouver en quoi que ce soit quelque chose à blâmer, et il y a des gens qui ont le tempérament si fâcheux qu’ils n’ont pas de repos tant qu'ils n’ont pas découvert enfin la “ petite bête.””— Et moi, je vous demande quel mal il y avait à ce que l’Exposition fût répartie sur une étendue de 1,240 acres (1) ? Deux ou trois mille acres ne m’auraient pas offusqué davantage, puisqu'il y avait un tramway électrique, dit Intramural, très bien o isé, dont les trains étaient fréquents et nous transportaient très rapidement en un point quelconque de l'Exposition. .…
L'Exposition de Saint-Louis portait la désignation officielle de “ Louisiana Purchase Exposition.” Cette appellation voulait dire
(1) L'Exposition de Philadelphie (1876) couvrait 236 acres : celle de Chide Paris (1900), 836 acres ; celle de Buffalo (1901),
se (1893), acres; celle acres.
que l’on s'était proposé de commémorer l'acquisition, faite un siècle auparavant par les Etats-Unis, de toute la région, appartenant à la France, que l’on désignait alors sous le nom de Louisiane. Cette région, qui forme environ le tiers de tout le territoire actuel des Etats-Unis, est arrosée par le Mississippi et le Missouri, et est occupée aujourd’hui par les Etats de la Louisiane, du Kansas, du Missouri, du Nébraska, de l’Iowa, du Montana, des Dacotas, etc. En mémoire du pays de France qui découvrit et posséda tout d’abord cette grande et riche région, on avait donné à deux des plus belles places de l'Exposition les noms de Place Saint-Louis et de Place d'Orléans. — Voilà le minimum de ce qu'il faut savoir, au point de vue historique, de l'Exposition de Saint-Louis.
Et maintenant, si le lecteur redoute que je lui fasse la liste des empires, des royaumes, des républiques et des provinces qui ont pris part à cette Exposition ; que je lui raconte, pour l’ébahir, que le palais de l’Art, bâti en matériaux incombustibles, avait coûté $945,000, et que ses dimensions étaient de 836 pieds sur 422, — pour donner ensuite les mêmes renseignements sur tous les autres palais ; que je lui décrive toutes les sortes d'automobiles, de pelles à charbon, de perches de ligne, de lampes à l’acétylène, de locomotives et de rateaux qui étaient étalés dans les palais des Machines, de la “ Transportation”, de PElectricité, des Mines, etc. ; si le lecteur éprouve vraiment la crainte de se voir soumis au colossal amas d’ennui que lui vaudrait la lecture de descriptions et de statistiques de ce genre : il peut calmer ses inquiétudes et reprendre goût à l’existence. Je ne dirai pas un mot de tous ces sujets, qui constituent pourtant l’essence même de l'Exposition, mais qu’il serait beaucoup trop long de traiter.
Nous avons assurément visité à peu près tous ces innombrables palais, où l’on voyait réunies presque toutes les productions de la nature et de l’industrie ; mais nous les avons parcourus presque en courant. Et la plupart des visiteurs ne peuvent faire autre chose, dans ces Foires colossales, que de voir tout “à la grosse.” Il faudrait des semaines et même des mois pour examiner les exhibits
un peu en détail. Or, d'ordinaire, on ne Passe que peu de jours à l'Exposition, et l’on se contente, faute de pouvoir iaire autrement, d’une vue très générale des choses, et seulement d’une étude de. quelques objets particuliers.
Mais alors, et puisqu'il en est ainsi, ces institutions, organisées avec tant de peine et surtout de dépenses, ont donc bien peu de résultats utiles? Il y a des esprits sages qui sont précisément de cet avis. D’autres personnes, dont je suis — et que pour cette raison, peut-être, je trouve encore plus sages,— estir .. 2u contraire que les Expositions sont très utiles. Il est vrai, 4. .-:t-elles, qu'aucun visiteur n’a le goût ni le loisir d'examiner tous les objets exhibés par les différents pays. Mais outre qu’un simple aperçu de l’ensemble est déjà pour chacun une grandiose leçon de choses, il est impossible qu’il n’y ait pas, dans cette réunion de richesses naturelles et industrielles, des catégories d'objets qui intéressent
retirent quelque profit, suivant leurs préférences particulières, de leurs courses à travers une Exposition, outre uvre d'éducation générale dont les effets sont communs à tous.— Donc, sans aller plus outre dans la philosophie des Expositions universelles, que l'on organise encore des Expositions universelles : ce n’est jamais de l’argent perdu, sinon souvent pour les actionnaires de ces entreprises, et cela ne nous importe guère, ni à mon lecteur, ni à moi.
Pour ce qui est de l’abbé Burque et de son eompagnon de voyage, les spécialités auxquelles nous nous arrêtâmes davantage, C’étaient les objets d'histoire naturelle qui se trouvaient répartis dans les exhibits des diverses nations, Et il ÿ en avait un peu partout : mammifères, oiseaux, insectes et autres perso zoologiques, minéraux, bois de commerce, plantes d’herbier et plantes cultivées. Ici encore, je m'en tiens à cette énumération très générale, et de nouveau j'épargne au lecteur l'ennui de trouver sur sa route des listes interminables et des descriptions d’une effroyable aridité.
Voilà comment, chroniqueur et lecteur, nous nous tirons, d’un trait de plume, pour ainsi dire, du soin de décrire les millions d'articles intéressants qui, disposés toujours avec art, remplissaient les immenses palais des Manufactures, de l'Agriculture, de l’Horticulture, ete. D'ailleurs, il faut savoir utiliser la puissance imaginative dont chacun est plus ou moins doué, et grâce à laquelle il peut se représenier, avec encore assez d’exactitude, cette collection de voitures de chemin de fer, ces amas de houille, ces pyramides formées de flacc :8 de liqueurs douces, et dix mille autres exhibits qui ne sont pas plus intellectuels... Et alors, disons que, par un procédé si simple, tout le monde a vu l'Exposition de Saint-Louis !
Il reste ce que l’on peut appeler le côté pittoresque de l’Exposition, et qui varie d’une Exposition universelle à une autre, Ici, l'imagination a moins de chances de reproduire fidèlement les choses. Ce sont ces accessoires qui souvent attirent et retiennent le plus longtemps les visiteurs.
Si le lecteur veut bien me suivre, nous dirons quelques mots des “ attractions ” de la “ Louisiana Purchase Exposition ” : et pour qu’on ne puisse Pas me reprocher d’en avoir traité sans aucune espèce d'ordre, nous en parlerons suivant l'ordre dans lequel nous les avons visitées, et en dressant ainsi une sorte de journal de la semaine que nous avons passée à l'Exposition. .. Chemin faisant, nous trouverons bien aussi l’occasion de jeter un coup d’œil sur les merveilles de l’art et de l'industrie que l’on avait réunies à l'Exposition.
Lunpi.—C'est par les Philippines que nous avons commencé notre visite de l'Exposition. Cette section, établie sur un vaste espace, aurait pu constituer à elle seule une Exposition intéressante. Le gouvernement avait eu la préoccupation évidente de bien faire connaître au peuple des Etats-Unis la valeur considérable de cette
riche colonie qui venait de Passer‘ sous sa domination. Aussi n’avait-on rien épargné pour donner une idée complète de ce grand archipel. Des pavillons distincts étaient consacrés à l’agriculture,
à l'éducation, à l’ethnologie, ete., de ces îles. On avait mêm élevé une enceinte, une forteresse et un grand pont, reproductio! des ouvrages militaires de Manille, la capitale. On avait, en outre fait venir un régiment de jeunes Philippins, qui ont passé l’ét sous la tente, leur campement n’étant pas l’une des choses le moins dignes d'intérêt de l’ ‘ exhibit ”” des Philippines. Ces jeune gens, tous catholiques, ont fait bonne impression par leur air intel ligent et la correction de leur conduite. Ils avaient là un cham de manœuvre et y faisaient l'exercice militaire tous les jours. O: a fait grand cas de leur corps de musique ; nous n'avons pas réuss à l’entendre, à mon vif regret.
Voilà pour la partie civilisée des Philippines. Mais, comm on le sait, il s’y trouve encore beaucoup de peuplades sauvages Plusieurs d’entre elles étaient représentées par des groupes impot tants, qui formaient des villages en miniature, établis sur la riv d’un lac allongé et étroit, qui bornait le côté nord du terrain cor sacré à l'Exposition des Philippines. Des huttes en paille établie çà et là abritaient des familles d’indigènes de races diverses, qui £ livraient à des travaux d'industrie ou à des soins domestiques ; certaines heures, quelques-uns de ces “ barbares ” se livraient dar une sorte d’arène à des jeux d’adresse qui n’avaient rien de beaucou passionnant ; de jeunes enfants “ barbares ” procédaient dans l’ea froide du lac à des exercices de plongée, de natation ou de canotag Somme toute, ces barbares à l’air pacifique ne faisaient mine d manger personne ; et les blancs qui passaient se retiraient ave l'illusion d’avoir pu, à si peu de frais, contempler dans ses détai la vie sauvage.
Nous consacrâmes ensuite quelques heures à parcourir le pala de l'Agriculture et celui de l’Horticulture. Comme le prmi couvrait une superficie de vingt acres, et que le second s’étenda sur mille pieds de longueur et trois cents de largeur, on peut imagin si nous en avons contemplé : des machines agricoles, des sortes c rateaux, des variétés d'oignons, des rosiers er 2urs, des poires €
conserve, et autres choses très importantes pour l'utilité ou l’agrément de l'humanité.
Tout à la suite du palais de l'Agriculture, il Y avait sur une pente du terrain cette fameuse “horloge florale”, dont le cadran avait cent pieds de diamètre, et dont les chiffres des heures étaient en vie — végétative, au moins, puisqu'ils étaient formés de plantes en fleurs disposées aux points qu'il fallait sur le cercle tracé par le bout de la colossale aiguille,
Auprès de cette merveille de l'horlogerie pittoresque, se trouvait le pavilion du Canada, que le patriotisme nous engagea à Vi.er dès ce premier jour. C'était un édifice d’allure correcte, et qui, somme toute, faisait honneur à notre pays. La clientèle n’y manquait pas ; car, au moment de notre visite était difficile. On s’arrétait avec complaisance devan
collections de fourrures, d’articles industriels de d'œuvres artistiques.
Toute tette fin tle jour fut du reste jouissances artistiques fort variées.
Ce fut d’abord un concert de la Garde républicaine, de Paris. Il suffit, heureusement, d’énoncer ce fait, pour être dispensé de rien ajouter : c’est le plus parfait corps de Musique du monde, et
amateur de musique, l’une des heures les
marquée pour nous par des
réuni le soir, pour une audition d’orgue donnée par l’illustre Guilmant, de Paris. Nous
par le même organiste et
artiste est sans doute bien connue, et voici bien le cas de répéter le fameux cliché : « Son
éloge n’est plus à faire.” Je dois pourtant avouer, pour ma honte
éternelle, que l’exécution consécutive d’une dizaine de morceaux d'orgue me laissa bien froid. C’est que, sans doute avec bien d’autres Personnes, j'aime beaucoup l'orgue à l’église, mais non
ailleurs, tellement le royal instrument paraît s'identifier avec solernelles fonctions du culte sacré. Cet orgue, où jouait Guilma n’était pourtant pas le premier venu, puisqu'il avait 10,000 tuya et 145 registres.
Ces deux concerts se donnèrent dans le Festival Hall, gran rotonde dont la voûte s'élevait à deux cents pieds de hauteur.
Ce palais, destiné aux auditions musicales, était comme centre de l'Exposition. Il était au milieu d’une colonnade gra diose qui s’étendait en demi-cercle, terminé à chaque extrémi par un élégant pavillon. Il était situé sur une hauteur, et de façade, du pied de laquelle s’échappait une grande cascade plusieurs éch. ‘ons, la vue s’en allait sur une longue et large avent occupée d’abord par une immense pièce d’eau, dite le Grand Bass et ensuite par la Place Saint-Louis. De chaque côté, cette aven était bordée par les plus beaux palais de l'Exposition. Cet ensemb que nous contemplâmes avant de pénétrer dans le Festival Ha était plein de magnificence, et valait peut-être’ celui que l’on aps cevait du portique du Trocadéro, à l'Exposition de Paris en 19
Mais lorsque nous sortimes d’entendre la Garde républicair il faisait nuit, et le spectacle qui s’offrit alors à nos regards no jeta dans un véritable enivrement. Tous ces palais immenses Q bordaient à perte de vue la grande avenue centrale, et les dôm des autres palais de l'Exposition que nous apercevions de tout parts au-dessus des massifs d'arbres ménagés çà et là, tout ce nous apparut soudainement comme revêtu de feu ; c'était de to côté un embrasement lumineux qui ne saurait se décrire. L' des palais les plus rapprochés, celui de l’Electricité, dont l’archite ture était fort élégante, brillait d’un éclat particulier, au milieu : tous ces feux, par une profusion plus grande de fleurons électriqu disposés de toutes les façons.
Nous descendîmes lentement le long de cette avenue féeriqu Parvenus au pied du Grand Bassin, creusé en 1orme de rectang allongé, et où se reflétaient avec un éclat sans pareil les pals enflammés qui l’encadraient, nous restâmes longtemps à contempl
r avec les Guilmant, DO tuyaux
Il, grande teur.
comme le ade granextrémité , et de sa -ascade. à re avenue, d Bassin, te avenue ensemble, ival Hall, l’on apers en 1900.
ublicaine, ards nous enses qui les dômes de toutes tout cela it de tout re. L'un ’architecmilieu de lectriques
féerique.
rectangle les palais mtempler
umineux, lui aussi ; et sa coloration consgarni entièrement
Il ne me paratt Pas que le génie humain ait jamais pu réaliser Un spectacle aussi splendide que celui qui s’offrait à nos regards ce soir-là, et qui d’ai eurs se renouvelait tous les jours. Sans doute, j'ai exprimé une appréciation semblable à Paris, en 1900, et à
Buffalo en 1901. ) rien ne me porte à penser que j'aie fait erreur en l’une ou en l’autre de ces apprécia
nation de Buffalo l'emportait sur celle Saint-Louis les Surpassait toutes deux. Il n’y a rien d'étonnant à
Part une autre Exposition universelle, d
terme américain de “ Pike”, qui remonte au à l'Exposition de Chicago, s'applique, je ne sais po
moins, je crois, urquoi, à cette
Em am
partie d’une Exposition où l’on a relégué tout le côté plus ou moin frivole et pittoresque, les “ attractions ” proprement dites, en u mot. Pour ce qui est de l'Exposition de Saint-Louis, cela consista en une avenue longue d’un mille, et où les installations ont coût plus de cinq millions, a-t-on affirmé. 11 y avait là une réunion € toutes sortes de curiosités et de spectacles, dont un grand nomb n'avaient aucun rapport possible avec l’objet essentiel d’une Exp sition. Le tintamarre le plus extravagant y régnait du matin : soir. Les toiles peintes sur les baraques — dont plusieurs étaie des palais du style le plus fantaisiste — ne suffisant pas à attir les clients, on avait recours à tous les moyens imaginables po surprendre les braves badauds : ici, c'était un petit orchesti exécutant à la porte des ouvertures endiablées ; là, c'était : individu armé d’un mégaphone, pour centupler la force du boi ment ; ailleurs, c'était un gong, un tam-tam, une trompette, F quoi l’on s’efforçait d'appeler l'attention des passants ; ou bic sur un balcon, deux ou trois acteurs ou actrices jouaient une pet: scène, à seule fin d’amorcer des auditeurs. Le Pike était toujot l'endroit où la foule des visiteurs se portait davantage : cela s dit pour la confusion de l'humanité contemporaine. Car, je vc le demande, plutôt que de se précipiter pour voir le “ Magic WI pool ”’ ou l'attraction dénommée ‘“ Hereafter ” (dont j'ign absolument la nature), n’aurait-il pas été plus sage et plus u d’aller comparer par exemple les diverses sortes de bicyclettes de locomotives dans le palais de la “ Transportation ” ? Mais, appréciant la conduite des humains, il faut bien tenir com du fait que l’homme, à ce qu'on affirme, n’est toujours qu’un gr: enfant, et il faut se garder d'y aller de ses “ O tempora ! O more chaque fois qu’il cède un peu à sa curiosité ou au désir de s’amu
Il est probable qu’il y avait bien, dans certaines attracti du Pike, des choses dont le pouvoir d’édification était assez lé Du moins, j'ai du plaisir à mentionner ici, à la gloire du peuple Etats-Unis, que, suivant l'opinion généralement exprimée, il
pette, par ou bien, , toujours ; cela soit r, je vous gic Whirt j'ignore plus utile clettes ou Mais, en ir compte d’un grand O mores ” e s'amuser.
attractions ASSEZ léger. peuple des mée, il n’y
Mitellement dans l'œil que, peu de sem
À TRAVERS L’AMÉRIQUE DU NORD 307 avait dans toute l'Exposition rien de sérieusement opposé à la décence,
Pour nous, Parmi les attractions de ne visiter que celles où l’histoire i éressée
de ces grands oiseaux, amenés probaet qui au moment de notre visite procé-
première fois un représentant du genre Ce Lamantin, mammifère marin
loin d’être justifiés : car ces sortes d'animaux ne vivent que dans le :mers tropicales, et l'espèce américaine remonte au plus jusqu'aux rivages du golfe du Mexique. 1] faut ajouter que, voilà un nombre considérable d’années, il y en avait une espèce particulière qui vivait dans les environs du détroit de Be
une chasse si active qu'il n’en existe pl seul individu. En tout cas, ce Lamantin
admission au musée de l’Instruction publique de Québec, où il f l'admiration des visiteurs de tout âge, de toute langue, de tou croyances politiques, etc.
Du campement des Esquimaux, nous passâmes à la ménage d’Hagenbeck, où il y avait beaucoup d'animaux de tous les ord s0ologiques et de tous les pays. Lorsque nous eûmes bien fait tour des compartiments où logeaient toutes ces bêtes, il se trot que la “ performance ”’ allait commencer, ce qui était une auba extrêmement précieuse.
Le premier numéro du programme, ce fut un exercice étonns qu'exécutait un gros éléphant. On amena l’énorme animal jusqu sommet d’un grand rocher artificiel, d’où partait un plan incli long d’une trentaine de.pieds et dont la base était immergée ds une pièce d’eau d’assez forte étendue. Quand on pense l'éléphant, sur un signal de son cornac, s’agenouillait sur le som: du plan incliné et s’y laissant glisser jusqu’au bas plongeait la t. la première dans le bassin d’eau froide... Qui aurait eru qu’ animal d’habitudes terrestres pouvait se plier à une proue aquatique aussi extraordinaire ?
Le reste du programme, qui fut exécuté sur la scène d’u sorte de théâtre, comprenait des exercices variés, et absolume merveilleux, faits par des chiens, des chèvres, des lions, des ot bruns, et des ours polaires — oui, des ours polaires. Ces ot blancs, au nombre de sept, témoignèrent d’un dressage parfs Je suis à peine revenu de la stupéfaction que j’éprouvai, en voys qu’on réussissait à dompter et à dresser des animaux aussi féro: que ceux-là.
Pour terminer notre visite au Pike, nous allâmes assister spectacle de la Création du monde. Ce n’est pas tous les jours q l’on peut être témoin d'événements de pareille envergure, et na ne pouvions manquer l’occasion... La production et le dévelop} ment des choses, tels que nous les vimes se dérouler à nos yet confirmaient admirablement la théorie de Laplace. Je m’ étais toujours douté, aussi, que cette théorie avait du bon.
ménagerie
jen fait le se trouva ke aubaine
étonnant | jusqu'au n incliné, rgée dans pense que le sominet ait la tête cru qu’un | prouesse
ène d’une bsolument, , des ours Ces ours e parfait.
en voyant si féroces
ssister au jours que e, et nous éveloppenos yeux, Je m'en u bon...
Nous aperçûmes done, à l’origine de tout, le brouillard initial formé des éléments de la matière simplement tirée du néant, et pourvue par son Auteur des propriétés et des forces nécessaires à l'organisation et au fonctionnement de l'univers. .. La lumière radieuse apparut dans ces vapeurs t#nébreuses. Les astres s’allumèrent dans le firmament. .. Les montagnes s’élevèrent, se creusèrent de vallons, et la végétation verdoyante apparut partout... Oh! la splendeur de la première aurore, qui répandit sur la nature toutes les nuances les plus riches du rose, du safran et de l'or, jusqu’à l'instant où s’ouvrirent les portes de l'Orient, pour donner
au magnifique Roi du jour, qui s’élança sur son char de feu vers la voûte des cieux... — Ce Panorama grandiose, avec ses décors parfaitement agencés, était certainement l’une des plus saisissantes ‘attractions ” que l’on pût voir.
Come fin d’une journée déjà pas mal remplie, nous allâmes passer la oirée dans la section de l'Irlande, “ The Gem of the Expositio.”, disait le programme, alléchés que nous iûmes par un nous entendîmes à la porte de l'enceinte, et par une jolie saynette que jouaient sur le balcon extérieur du pavillon deux gentils petits Irlandais. Nous n’eûmes d’ailleurs qu’à nous féliciter d’avoir cédé à notre esprit de curiosité. Car les deux heures que nous passâmes là furent pleines d'intérêt. Après avoir contemplé des reproductions de plusieurs édific:s célèbres de l'Irlande, nov Parcourûmes avec admiration les grandes salles où étaient réunis d'innombrables spécimens de l’art et de l’industrie du peuple irlandais. Pour ma part, j'ignorais complètement qu'il s faisait en Irlande de si belles et de si bonnes choses, en fait de tissus et de tous les autres produits industriels et artistiques. On aurait done grand tort de croire qu’il n'y a danscepays que de pauvres chaumières et des champs de pommes de terre !
En revenant à l'hôtel, au sortir de l’Exposition irlandaise, il nous fut donné de contempler encore un spectacle de grande beauté. Ce 4 octobre, c’étoit le “ jour ” de New-York, et le palais de cet Etat, avec ses alentours, {ait illuminé d’une manière absolument’
merveilleuse ; je puis même dire que cette illumination peut-être, comme effet général, tout ce que j'ai jamais vu de mie Le plus étonnant, et qui en faisait l'originalité, c’est que l’on avi soigneusement exclu de la fête toute lampe électrique. Je vis que la brillante fée de l’Electricité pourrait un peu baisser s caquet, qui domine peut-être trop à notre époque, et qu'après to on peut, en y mettant du soin et de l'argent, se passer de s Concours pour faire d'incomparables fêtes de nuit,
Mencreni.—Ce troisième jour, nous avons visité des “ attra tions ” extraordinaires, et qui sans doute n’ont jamais figuré dar les Expositions.
Ce fut d’abord une reproduction de Jérusalem, de ses muraille de ses rues et de ses constructions les plus intéressantes, Au dir des affiches qui annonçaient ce spectacle et à la rédaction desquelle avaient présidé la modestie et la mesure habituelles des impresaric yankee, c'était là : ‘“ The pride of the Fair”, ‘“ À wonderful repro duction of the most interesting city in the World — The larges and most costly concession ever built — The Fair’s greatest educa tor.” On admettra qu'il aurait fallu avoir le cerveau et le cœu formés de granit, pour ne céder point à d'aussi alléchantes amorces
Cette concession occupait, disait-on, douze acres de terrain, e! valait en effet la peine d’être visitée. L'église du Saint-Sépulcre la mosquée d’Omar, la Voie douloureuse, les ruines du temple de Salomon, des rues étroites et bordées de vieux édifices, des caravanes, des Orientaux aux costumes étranges : tout cela était intéressant et donnait quelque idée de la ville sainte. Un guide, Syrien ou Arabe, dirigeait les visiteurs dans le dédale des ruelles et des couloirs, et donnait sur tout de copieuses explications en un anglais si excellent que je n’y comprenais à peu près rien — ce qui a plus de bon sens que cela n’en a l'air.
Naturellement, comme il s’agit en ces affaires d'exploiter le visiteur le plus qu’on peut, les restaurants et les bazars ne manquaient pas dans les rues de cette Jérusalem, et il fallait de l'énergie
pour ne pas se laisser vendre trop de ‘ souvenirs ? par les marchands et les marchandes d'articles de fabrication plus ou moins orientale.
Somme toute, il y avait dans toute cette reconstitution beaucoup de couleur locale, et j'aurais finalement versé dans l'illusion de me croire réellement en Palestine, si je n'avais lu à la devanture d’un café cette enseigne par trop moderne : “ Drink a bottle of Coca-Cola for sale here.” C'en fut fini de l'illusion que nous avaient donnée tous ces vieux murs de l'aspect le plus antique ! Secouant alors la poussière de nos pieds légers, nous nous enfuyons de cette Jérusalem où le passé et le présent jurent vraiment de se méler si confusément.
Si nous allions un peu, maintenant, à la guerre ? C’est que plusieurs fois par jour on entendait d’un coin de l'Exposition une vive fusillade et de terribles explosions de bombes, On apprend vite que ces phénomènes bruyants se produisent au cours de la représentation de la guerre des Boers. D'ailleurs, partout on rencontre des affiches invitant les gens à se rendre à la ‘“ Boer War ”: du matin au soir, on entend les mégaphones répétant au loin l’annonce de la ‘“* Boer War.” Allons donc à la ‘“ Boer War”, pour en avoir le cœur net. C’est, au dire du programme, “ The Biggest Attraction of the World’s Fair.”
Ce spectacle était, assurément, d’un très grand intérêt pour la plupart des gens. Il y a peu de personnes, heureusement, et surtout en Amérique, qui aient assisté à de vraies batailles : en voir une représentation assez fidèle, c’est déjà une satisfaction rare, étant donné surtout que les morts et les blessés ne font qu’avoir l'air de l'être, .
Cela se passe en un colossal amphithéâtre couvert, disposé en gradins, et entourant un vaste terain qui est le champ de bataille.
Et cela commence par le défilé des figurants. Défilaient d’abord 300 hommes, représentant diverses armes des troupes anglaises et commandés par des vétérans de la guerre du Transvaal ; puis 400 vétérans boers, à la suite desquels s’avancent Viljoen, le célèbre général boer, et enfin le général Cronje, le héros de Paar-
= ET Een
derberg, en l'honneur de qui s'élèvent d’enthousiastes acclamati de la foule, à mesure qu’il passe le long de l’amphithéâtre.
On s’est déclaré choqué, en mains endroits, de voir un grs homme comme Cronje condescendre à jouer un rôle dans une so de cirque ; c'était, at-on dit, une disgrâce pour la noble profess militaire. Le héros a cru devoir répondre à ces critiques dans grand journal de New-York. Dans son touchant plaidoyer : domo, il représenta qu’il ne pouvait déshonorer le métier des arm puisqu'il n'avait jamais été soldat : c’est comme patriote qu'’i combattu les ennemis de sa patrie. Ensuite, d’un ton plein mélancolie, il exposa qu'après son retour de captivité, il trouva s pays absolument ruiné ; tous ses enfants avaient péri à la guer et lui-même, resté seul avec leur mère, était absolument sans r sources, et trop âgé pour recommencer la lutte de l’existen “* J'étais, dit-il, trop vieux pour me remettre en arrière de ia charr: presque trop vieux pour vivre. Témoins de mes larmes, mes co patriotes ont voulu me secourir de leur misère. Ils étaient au pauvres que moi.” Une occasion s’est présentée de gagner sa vi il a cru devoir en profiter, pour éviter d’être à charge à persont
Je crois que le lecteur sera de mon avis, si je dis qu’on saurait blâmer Cronje d’avoir consenti à tenir un rôle sur une soi de théâtre militaire. Aurait-on préféré le voir mendier de pol en porte jusqu’à la fin de ses vieilles années ? On peut très bi regreticr que les circonstances aient imposé à ce héros des conditio si dures ; mais, loin de voiler sa gloire, le sacrifice aussi généreus ment accepté ne fait que la grandir et lui attirer encore plus sympathie (1).
‘Venons-en maintenant à la représentation elle-même, dont durée totale était d’une heure au plus. C’est la bataille de Colen qui est en tête du programme. Les Boers, à l'abri des rochers q
1 ue |’ ition fut terminée, |‘ attraction” fut transférés New- À ge — suivant, à Coney Istand, où elle eut grande : ugu Vers le mois de novembre 1905, Crenje 3 le chemin de sa patrie, pour finir sa carrière dans la paix et la tranquillit .
clamations
un grand s une sorte profession 8 dans un doyer pro des armes, te qu'il a \ plein de rouva son la guerre, | sans resexistence.
a charrue, mes comient aussi er sa vie :
personne.
qu’on ne une sorte de porte très bien onditions énéreusee plus de
, dont la e Colenso chers qui
ansférée à nde : ugue.
rie, pour y
dominent la rivière Tugela, fc nt un feu terr'ble sur les troupes anglaises, dont la plupart des s ;dais tombent l'un après l’autre... Lorsque la bataille est finie, les smbuiance: viennent relever les morts et les blessés — plusieurs de ces de: aïiers se relevant euxmêmes pour s’en aller, y compris un beau cheval de l’Imperial Light Horse qui pousse la perfection de l’art jusqu’à ne se porter que sur trois pattes ! Puis des toiles s'élèvent en avant des longues estrades... pour masquer le changement des décors.
Le second numéro comprend la fameuse bataille de Paarderberg, où c’est l'artillerie qui joue le grand rôle et fait un tapage d'enfer. Cronje est réduit à se rendre à l'ennemi ayec sa petite troupe ; les vainqueurs ébranlent le ciel et la terre de leurs acclamations (qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de prodiguer beaucoup durant les trois années de la campagne). Enfin, pour terminer, c'est une grande parade où tout le monde figure à sa place, les Anglais, les Boers avec femmes et enfants dans les fameux chariots traînés par les bœufs.
Ce spectac'e, si nouveau pour la plupart des assistants, était d’un intérêt poignant ; la fusillade et la canonnade lui donnaient un cachet de réalité terrifiante.
Ce fut là sans doute la principale attraction de l'Exposition de Saint-Louis, et celle qui fut la plus fréquentée, On peut affirmer, je crois, que personne n’est allé à cette Exposition sans assister au moins une fois à la Boer War. C’est dire que l'individu ou la compagnie qui organisa cette représentation a dû encaisser d'énormes bénéfices. Le prix d’entrée était de 50 sous à une piastre, suivant que les places étaient plus ou moins bonnes. On donnait trois représentations par jour. A celle où nous avons assisté, et qui
aussi fortes à la plupart des représentations, on n’a pas dû craindre beaucoup la faillite, I] convient d’ajouter que les dépenses occa-
Au sortir de ce drame de l'Afrique australe, nous nous ” geâmes vers les régions boréales, sans trop nous arrêter à la p' que cette démarche nous classerait parmi les gens qui pa facilement d’un extrême à l’autre. Cela n’est, au réste, qu transition plus ou moins adroite pour dire que nous nous rend ensuite à l'attraction désignée sors ce nom : “ De New-Yor pôle Nord.” Cette institution, c'était un ‘ kinétorama électriq où par une succession de tableaux l’on suivait un navire de New-York jusque dans les mers arctiques. C’était encore spectacle supérieurement organisé, frappant de réalité et intéressant à voir. On apercevait d’abord le navire de l’expédi dans le port de New-York, durant une belle soirée, On reconr sait parfaitement l'aspect de la grande ville, qui peu à peu s’ minait à mesure que la nuit se faisait noire. Puis le navire | ses ancres, et se met en route, croisant d’autres vaisseaux arrivent. Voici un beau lever de soleil en mer ; voici la pleine n et bientôt la classique tempête, avec ses vagues énormes, les écl et le tonnerre. Voici les icebergs, et ensuite les champs de gl: la nuit des pays arctiques, l’aurore brillante du soleil de min: Enfin, c’est le pôle nord, et le drapeau étoilé qui s’y déploie, capitaine Bernier le disait bien, qu'avec tous ces atermoiments « les Canadiens mettaient à lui fournir les soixante mille piastres q réclamait, les Américains finiraient par nous devancer. Il est v que ce n’est pas en un kinétorama que notre énergique compatri. veut atteindre le pôle nord !
Nous terminâmes une journée si bien employée — et qui fut encore plus que je n’ai dit, puisque je n’ai pas parlé des exhib industriels et autres dont nous avions entremêlé les attractions nous allions nous reposer de temps à autre — en assistant à : merveilleux concert de la Garde républicaine, où l'exécution d’e traits des “ Meistersingers of N uremburg”, de Wagner, porta not enthousiasme à un degré de considérable altitude,
Jeupi.—Voici une journée qui n’a pas beaucoup d'histoire, où les grands spectacles ont beaucoup manqué, à notre point (
is nous dirir à la pensée qui passent èste, qu’une us rendîmes ew-York au électrique”, vire depuis encore un ité et très ’expédition | reconnais- , peu s’illunavire lève sseaux qui pleine mer, , les éclairs s de glace, de minuit, ploie. Le ments que stres qu’il Il est vrai mpatriote
et qui le 8 exhibits ctions où ant à un tion d’exrta notre
istoire, et point de
vue personnel, bien entendu. Ce fut surtout pour nous une journée ü’étude.
Nous visitâmes d’abord le palais de l’Anthropologie. 11 faudrait je ne sais combien de centaines de pages Pour énumérer tous les objets ethnologiques et autres devant lesquels nous avons passé. Mais ce que nous tenions principalement à voir, c'était l’exhibit du Vatican. On a dit, et avec raison, que ce qui importait surtout en l'espèce, c'était le fait même de la participation du Saint-Siège à l'Exposition de Saint-Louis. Car pour ce qui est des articles exposés, à part un certain nombre de belles mosaïques, on n'avait envoyé que des fac-similés d’un certain nombre des précieux manuscrits et enluminures des archives vaticanes. On ne devait pas s'attendre, naturellement, que l’on exposerait aux hasards d’un pareil voyage les trésors inestimables de la bibliothèque ou des musées du Vatican.
Les Jésuites de Montréal, beaucoup moins craintifs que les habitants de l’Europe, n'avaient pas hésité à faire courir les risques d’un long trajet sur les chemins de fer américains à une superbe collection de manuscrits et autres précieux documents relatifs à l’histoire du Canada. J'ai passé un bon nombre de... minutes à contempler ces richesses, parmi lesquelles j'ai particulièrement remarqué une lettre, datée du 31 mars 1791, de M. J.-O. Plessis, le futur évêque de Québec, sur la dernière maladie de “ Bernard Wells ” et autres sujets, et une Relation (13 mars 1730) du P. Laure, S. J., sur les missions du Saguenay.
Le palais désigné sous les dénominations de ‘“ Forestry, Fish and Game” nous a longtemps retenus, C’est ici, en effet, que l'amateur d’histoire naturelle trouvait davantage à se mettre sous la dent ou plutôt, ce qui revient au même, dans les yeux et dans le cerveau. Les Etats-Unis et beaucoup de pays étrangers s'étaient mis en frais pour y exposer ce qu'ils avaient de plus beau en fait de bois de construction et d'ornement, d'animaux à fourrures, d'oiseaux et de poissons utiles pour l’industrie ou l'alimentation. Plusieurs Pays avaient même installé des aquariums plus ou moins vastes,
MR or iront à orne enntemmenenn TT ESS
Pour y montrer à l’état vivant leurs espèces ichtyologiques le intéressantes, et il y avait toujours des foules stationnant d ces spectacles nouveaux.— Quant au Canada, il triomphe da palais, avec ses riches collections d'animaux à fourrure, gran petits, et de bois de toutes sortes. “ Rangés en bataille (éc le correspondant enthousiaste d’une revue de Paris), des bo construction et d’ébénisterie présentent des teintes qui affo!er le Faubourg Saint-Honoré et le Faubourg Saint-Germain. Pou n’expédie-t-on pas cela en France ! ”
Après avoir tant donné aux études sérieuses, nous pens avoir mérité quelque récompense, et nous nous l’accordâmes la forme de récréations de choix.
Ce fut d’abord une promenade en chaloupe électrique da: Grand Bassin et les’ canaux artificiels du centre de l’Exposit c’est une course très agréable d’un bon quart d'heure au moin long des plus beaux palais et des avenues bordées de bocages e jardins.
Ensuite, vint un concert donné par la musique de Berlin, « le directeur était M. Franz von Blor.
Enfin, lorsque la nuit fut venue, nous assistâmes, au mi d’une immense multitude, à un feu d'artifice, dont la pièce
résistance était le bombardement de Port Arthur par l’armée je naise. Ce feu d'artifice, quoique remarquable, était loin d’ég celui dont je fus témoin à l'Exposition de Buffalo, en 1901.
VENDREDI. —Mais, s’écrie le lecteur, vous ne nous parlez de l’exhibit de la France !..: La France a pourtant pris par l'Exposition de Saint-Louis, n’est-ce pas ?
— Parfaitement.
— Eh bien, alors, n’en direz-vous rien ? C’est fort bien, ss doute, de nous conter que vousavezentendu de la belle musique, f une promenade en canot électrique, contemplé un navire filant v te pôle nord. Mais nous vous verrions avec cent fois plus d’inté nous. décrire les beaux tableaux, les belles statues, les riches tiss
iques les plus nant devant iphe dans ce re, grands et ille (écrivait des bois de | affo!eraient n. Pourquoi
18 pensâmes rdâmes sous
que dans le Exposition :
u moins, le cages et de
3erlin, dont
, Au milieu a pièce de rmée japoin d’égaler
parlez pas ris part à
bien, sans sique, fait filant vers d'intérêt hes tissus
de soie, les bijoux artistiques, que la France a dû exposer à Saint- Louis. Et surtout, l’article de Paris... Ah ! l’incomparable article de Paris !... Est-ce que, vraiment, vous n'avez seulement pas pensé à vous rendre au pavillon de la France, sur les World’s Fair Grounds ?
— Si, je m'y suis rendu.
— Parlez done, alors! Parlez-nous des merveilles de l’art et de l’industrie que vous avez eu le bonheur d'y admirer.
— C’est que je n’ai pas pénétré à l'intérieur du pavillon.
— Par exemple ! Vous n'avez pas daigné faire un pas pour entrer dans ce temple du bon goût ?.…..
— Mais toutes les portes étaient fermées à clef.
— Âh ! vous vous êtes présenté là en dehors des heures règlementaires. . . Il fallait y aller en pleine demi-journée, lorsque tous les palais étaient ouverts! C’est élémentaire, cela !
— Pardon, c’est au beau milieu d’une après-midi que nous avons voulu visiter le pavillon français, et que nous l’avons trouvé désert et fermé.
— Mais, c’est insensé !
— Encore plus insensé que vous ne croyez.
Car imaginez, lecteur d'Amérique, que sur une affiche posée près de la porte du palais de la France, on lisait que le public était admis à le visiter seulement tel jour de la semaine. Pour y pouvoir entrer les autres jours, il fallait s’adresser par lettre à la Commission française et lui demander l'autorisation nécessaire ! — Il est de toute évidence qu’à la lecture de cette disposition fantastique, les quatre-vingt-dix-neuf centièmes des gens, frappés de stupéfaction, baussaient les épaules et s’en allaient pour ne plus revenir.
C’est dommage que les autres pays n'aient pas fait comme la France... Comme ce serait intéressant de visiter une Exposition où tous les palais resteraient fermés !
Ce que je ne parviens pas à comprendre, c’est que le gouvernement français se soit donné la peine de dépenser beaucoup d'argent Pour prendre part à l'Exposition de Saint-Louis, Il aurait été
8 est montrée à Saint-Louis telle qu’elle est
sens de l’art et uvoyèr sur les
out cela de si r aux Exposise proposent- 8, tout ce qui es sont ? Eh stupide façon ce qu’elle est le petit doigt ressort d’une a ys qui force chercher asile lontairement e plus habile aux le corps ’auCUn pays
La France rve toujours ligence, soit 1 faut avoir
Corruptio
‘adresse du IÇais qui le france, qui ? généreux, it, ce n’est rement...
à peu plus onstruit à tenait pas
les portes verrouillées et que l’on pouvait visiter sans en demander la permission à personne. £-3 divers départements administratifs y avaient chacun leur exposition particulière, et l’on ne saurait assez dire combien il était intéressant de passer en revue tant d'objets importants, Par exemple, à la section de la Marine, il y avait d’admirables réductions des plus beaux navires de guerre de la flotte des Etats-Unis. La &uerre exposait des canons dont le seul aspect vous inspirait le goût le plus intense pour la paix : ce qui démontrait tout de suite ce qu’il y a de raison dans l'antique axiome Si vis pacem etc. Mais la section de l'Intérieur nous retint bien davantage, Le musée national de Washington y avait envoyé de précieuses collections d'histoire naturelle, On voyait là toute ronde une grande baleine, des reproductions des immenses reptiles des âges géologiques, des poissons exotiques aux formes les plus singulières, des séries de papillons à faire sécher d'envie les entomologistes les pl: : froids.
Il y avait donc, dans ce palais du ministère de l’ “ Intérieur”, une véritable accumulation de richesses industrielles et scientifiques. Aussi les autorités avaient multiplié les précautions pour les préserver de tout accident et surtout pour éviter absolumen: le danger d'incendie. Il me fut même donné, à cet égard, d'apprendre à mes dépens combien on prenait au sérieux les règlements administratifs qui régnaient en ces lieux. J étais en effet entré dans ce palais en continuant de fumer le cigare que j'avais aux lèvres. Mais il n’y avait pas trois minutes que j'étais là, lorsqu'un long gendarme se précipita vers moi et me pria de jeter ce cigare. J’essayai de parlementer, et d’un ton badin je promis de ne plus activer la combustion du cigare, que je lancerais au dehors par la porte de là-bas quand j'y serais parvenu... Pas du tout ! mon
| gendarte accentua son air de sévérité et ne voulut rien entendre,
et je n’eus pas la paix tant que je n’eus pas été jeter à l'extérieur le malencontreux cigare. Eh bien, j’approuve hautement ce zèle du garde ; et voilà comment j'entends l’exécution d’une consigne qui intéressait de si près la sûreté des trésors de tout genre accu-
mulés dans l'édifice. C'est avant la Catastrophe, et non
— Pourrait-on dire avec une parfaite naïveté, — qu’il faut |
toutes les précautions nécessaires. x Ù Mais voici dans un bocage, une volière absolument co
hologique voltigeaient d’une branche à l’autre, qui faisaient leur toilett.
les eaux limpides des bassins, ou qui la tête sous l’aile poursui
" C'était une matinée bien remplie, que celle où nous : contemplé tant de merveilles Bouvernementales, si l’on peu ainsi, et tant de spécimens d'histoire naturelle. L’après-mi, Procura des jouissances d’un tout autre caractère, mais d’une x non moins précieuse,
Il fallait bien, d’abord, visiter un peu la grande ville de £ Louis. Surtout, il n’était pas admissible que je manquerais
Célèbre journaliste catholique des Etats-Unis
étant un peu souffrant.
J’eus bien quelque peine à me mettre en route. Car M. Pr dans les indications qu’il m'avait données Pour parvenir à le tro: dans cette immense ville qui couvre une superficie de soixante-c milles carrés, m'avait dit de prendre, au sortir de l'Exposition “ Suburban Railway”, c’est-à-dire le chemin de fer de la banli Or, par une candeur plus ou moins admirable, je m'étais mis « la tête qu'il s'agissait d’une voie souterraine, et je cherchai l’end par où l’on pouvait descendre sous terre et s'installer dans le t: propice. Les officiers de l'hôtel et les gendarmes à qui je demar des renseignements me donnèrent des informations que je trou
et non après, il faut prendre
nent colossale, pièces d'eau !
résidait à cet
Il y avait là logiques, qui * toilette dans poursuivaient
nous avions on peut dire près-midi me d’une valeur
lle de Saintquerais l’ocur Preuss, le qui j’entre- Donc, cette bbé Burque
r M. Preuss, à le trouver xante-deux position, le a banlieue.
is mis dans ai l’endroit ns le train > demandai
je trouvai
peu satisfaisantes : et il me sembla que quelqu'un avait la berlue en cette affaire, ou les gens de l'hôtel, ou les gendarmes, ou M, Preuss, ou moi-même, Quant au lecteur, il voit déjà clairement que c’est moi qui étais, pour l'instant, ‘ dans les patates”. Finalement, je sautai — ce qui est encore, duns mon cas, une simple figure de langage — dans le tramway, j'ouvris mon Bœdeker à l'endroit du plan de Saint-Louis, et je résolus de me rendre tout seul à ma destination, en m’aidant des indications de ce plan. Cela réussit parfaitement, et après quelques tâtonnements j'arrivais triomphalement en face de l'édifice de l’Amerika,
L'Amerika, c’est un journal quotidien, catholique, de langue allemande, fondé par le père de M. Arthur Preuss — lequel était un professeur luthérien d'Allemagne, qui avait écrit un volume contre le dogme de l’Immaculée-Conception, ce dont la Très Sainte Vierge s'était ‘“ vengée ” un peu plus tard, lorsqu'il eut émigré en Amérique, en le convertissant à la foi catholique. M. Preuss père fit bien son possible pour détourner son fils de la carrière du jour- Mais la vocation d'Arthur était irrésistible, et, dès le collège, il se préparait à sa future profession. Et encore tout jeune, vers 1893, il fondait la Review (qui se nomme aujourd’hui The
son père mourut il y a quelques années, M. Arthur P “euss ajouta à son labeur la publication de l’Amerika, et tout fut dit. Un journal quotidien et une revue hebdomadaire : il faut n'avoir pas peur du travail, pour entreprendre une tâche pareille.
Je m’engageai donc dans les escaliers et les couloirs de l’éta-
D blissement de l'Amerika, et pénétrai dans le bureau de direction.
— M. Preuss est-il ici ? demandai-je à un jeune homme d'air Maladif, qui écrivait devant un secrétaire.
— Quel M. Preuss, s'il vous plaît ?
— M. Arthur Preuss.
— Mais c’est moi-même |
822 IMPRESSIONS D'UN F.SSANT
Une fois de plus, je constatais combien l’imaginati joue de tours. Lorsqu'on s'occupe beaucoup d’une perso l’on n’a jamais vue, mais dont on lit souvent les écrits ou entend parler fréquemment, on a vite fait d'en “concrétiser vidualité, D’après ce que l'on connaît de son caractère qualités de son esprit, on se bâtit de toutes pièces son pers replet ou amaigri, fort en couleur ou malingre, de taille im ou raccourcie, d’un air terrible ou placide ; et l’on conn homme, quand on le voit agir de loin. Or, quarante-neuf cinquante, on s’est trompé : le personnage réel est presque t tout autre qu’on se l'était figuré. Cela ne manqua pas, cette fois, de m'’arriver.
Je fus donc très étonné de trouver M. Arthur Preus jeune : il a à peine trente ans. Il est de complexion délicat santé plutôt précaire. Aunsi n'ai-je pas été surpris d’apf que, peu de mois après ion passage à Saint-Louis, il a dt donner la direction de l’Amerika, pour ne conserver que cell Review. C'est bien l’une des grandes épreuves du cheval grandes causes, de voir les armes de combat peser trop lourc à’son bras affaibli !
Après une demi-heure d’agréable causerie, où le fran l’anglais étaient mis à contribution chacun son tour, je : prendre congé de M. Preuss, Pour ne pas trop occuper de son si retenu par d’accablantes occupations. Comme je tenais à p de cette unique sortie en ville pour visiter le jardin botannic Saint-Louis, dénommé ‘ Shaw’s Garden ” du nom de son fond je priai mon hôte de vouloir bien m'indiquer par quelles vc pourrais parvenir à m'y rendre. Ayant donné quelques or ses employés, M. Preuss sortit avec moi, dans l'intention, me de me mettre à bord du tramway qu'il fallait. Par exempl
monta en même temps que moi, et poussa la complaisance ju m’accompagner au Jardin botanique. Le trajet pour y pa étant assez long, je pus voir une grande partie de la ville, l'aspect est fort semblable à celui des autres grandes cités des E
agination nous e personne que rits ou dont on crétiser”’ l'indiractère et des on personnage, aille imposante m connaît son e-neuf fois sur esque toujours la pas, encore
r Preuss aussi délicate et de s d'apprendre il a dû abanque celle de la chevalier des )p lourdement
le français et ur, je voulus de son temps nais à profiter otannique de on fondateur, elles voies je jues ordres à on, me dit-il, exemple il y ance jusqu’à r y parvenir à ville, dont
és des Etats- |
Unis. Chemin faisant, nous traversâmes de très beaux parcs, le Tower Grove, etc.
Cette visite du jardin botanique m’intéressa vivement, grâce surtout à la compagnie d’un ami qui était lui-même amateur de . fleurs et même botaniste : car M. Preuss, qui sait tout, connaît jusqu'aux appellations latines des plantes.
C'était la première fois que j'avais l’occasion de visiter un vrai jardin botanique, et je passai là une heure exquise, au milieu de toutes ces richesses végétales réunies de tous les continents, Ces grandes serres, que je n'avais vues qu’en gravures dans les Rapports annuels du directeur, je les Parcourais l’une après l’autre, passant sans interruption d’un ravissement à l’autre...
Il est très bien organisé, ce jardin. Les arbres, arbrisseaux et autres plantes, sont étiquetés tout à fait scientifiquement, en sorte que l’amateur sait tout de suite à quoi il a affaire lorsqu'il s'arrête devant un spécimen végétal qui lui paraît intéressant.
De grandes allées très propres sillonnent en tous sens ce
à royaume des plantes, Du reste, si tout ce jardin est si proprement
tenu, c’est que l’on prend, pour obtenir ce résultat, les meilleurs moyens tant positifs que négatifs, Et pour ce qui est de ces derniers, on n’y va pas de main morte! Défense de fumer, en ces lieux! Cela, tout de suite, préserve les promenades des bouts d’allumettes, de cigares et de cigarettes jetés partout par les fumeurs indiscrets. .. Ce que je ne m'explique Pas, par exemple, c'est que se voyant l'objet de pareilles prohibitions dans tous les endroits les plus recherchés, les fumeurs ne finissent pas par renoncer à leur habitude singulière. Cela donne à penser qu’ils trouvent dans la satisfaction d’un besoin si factice des compensations précieuses aux ennuis qui les poursuivent... En outre, défense de manger dans le jardin botanique ! Les citoyens qui aimeraient à y venir quelquefois s'asseoir sur les gazons, à l'ombre des frais
8, et y prendre une petite collation en compagnie de leurs belle-mère, épouse, enfants et bonne, sont priés d'aller ailleurs ontenter un désir si légitime ! Cette interdiction est assez peu
compatible avec la liberté qui règne habituellement dans d'Amérique ; mais aussi vous ne voyes pas les papiers d’e et les moitiés de gazette, souillés de confitures, de graisse e voltiger À travers les pelouses sous la poussée des sép délicats.
Nous revinmes du jardin botanique par une voie diffé celle que nous avions suivie Pour nous y rendre, et cela : de voir une autre partie de la ville, A tel coin de rue, | monter sur tel tramway pour revenir à l’Inside Inn, lo: Preuss entreprit de me démontrer que je devais l’accomj tel restaurant qu'il connaissait bien, et où nous causerion encore quelque demi-heure, Devant un pareil assaut de f je dus me rendre à discrétion, et mon aimable vainqueur duisit dans une sorte de prison souterraine, qui était une | allemande de très haut ton, sur les murailles de laquelle, en artistique, se lisaient des inscriptions appropriées tirées d ratures de diverses langues. C’est :à que nous passâmes un heure, à deviser, entre la poire et le fromage, sur tous le d'actualité du présent et du futur. Nous y ‘“ vendtmes le celui du Canada comme celui des Etats-Unis, à des prix “ toute compétition”, comme disent certains de nos ann canadiens. Religion et politique, question des langues nationalités, journalisme catholique, relations futures du
et des Etats-Unis : tout fut effleuré, et réglé définitiveme: qui explique très bien la marche hâtive de nos procédés, c’ nous pensions de la même manière sur presque toutes les que
Au lecteur qui ne connattrait pas M. Preuss par la ( Fortnightly Review, je dirai que c’est 1 homme aux connai approfondies — c’est ur Allemand l— su, tous les sujets, sophie, théologie, histoire, langues classiques : un polémist. de pied en cap et qui sait manier ses armes ; un publicis informé ; et par dessus tout un chrétien solide, fier de poss vérité intégrale, et d’un dévouement total au service de l’ Il n’y a qu’à souhaiter qu'il y ait en chaque pays un jour
nt dans les pays iers d'emballage raisse et d'huile, les séphyrs peu
ie différente de t cela me valut e rue, je devais Inn, lorsque M.
’accompagner à userions durant ut de politesse, iqueur me conit une brasserie elle, en écriture üirées des litté- \mes une bonne tous les sujets lîmes le pays”, | prix “ défiant 08 annonceurs angues et des res du Canada tivement, Ce édés, c’est que les questions !
ar la Catholic connaissances sujets, philoolémiste armé Jubliciste très de posséder la # de l'Eglise, un journaliste
dormir trop longtemps, pour neutraliser l'influence anesthésique des demi-chrétiens, et tenir en échec les mécréants de la plume...
Il faisait nuit lorsque je réintégrai le vaste toit de l’Inside Inn, sous lequel des milliers de Voyageurs dinaient, ou lisaient les journAUX, Où causaient des banales bagatelles, sans aucun souci des grands problèmes religieux ou économiques dont il importe pourtant de trouver bientôt la meilleure solution...
SAMEDi.—Nous avons visité, ce jour-là, le palais des Mines et de la Métallurgie, où le Canada tenait un rang distingué avec son riche exhibit de minéraux et de métaux... Ah ! la joie que l'on éprouvait à être Canadien, à la vue de ces foules qui s’arrétaient et s’extasiaient en face de nos houilles, de nos minerais d'or, de cuivre, et de tant d’autres substances ! Nous en avons du mérite, nous les Canadiens, à pratiquer la modestie des pensées, des paroles et des actions, lorsque notre pays est si beau, si riche en ressources variées, et habité par le peuple si intelligent que nous sommes, . ,
Les Arts libéraux, les Manufactures, l’Electricité, l'Education et l'Economie sociale : voilà encore les palais immenses que nous visitâmes ce jour-là, et où nous avons pu contempler des milliers d’exhibit de grand intérêt. Que l’on serait savant après avoir vu tant de choses, si, au cours d’une inspection si rapide, les objets ne faisaient pas qu’entrer par un œil pour... sortir par l’autre !
— Quel sentiment dominait chez vous, en parcourant tous ces édifices remplis des plus belles productions de l’industrie et des arts ?
— Le sentiment d’une énorme fatigue, croyez m'en !
Les gens qui ont visité des musées ou des expositions savent bien qu’il n’y a pas beaucoup d’autres labeurs aussi accablants pour la pauvre machine humaine. Et, pour ce qui était de nous, qui avions déjà cinq jours de marche dans les jambes, qu’on imagine ce que c'était que l'examen détaillé de cinq ou six autres grands
palais jetés par là-dessus ! Aussi nous n’en pouvions E était temps que cela finit.
Ajoutez que ce 8 octobre la chaleur était accablante, Louis. Les jours précédents, la ten.pérature avait été fr même froide : nous avions été jusqu’à grelotter, deux nuit: dans nos cellules au plafond de toile — faible barrière riaient les aquilons, qui généralement n’y vont pas de mai Mais ce jour-là nous AVORS pu nous réchauffer dans une atn tropicale. Ces détails permettront au lecteur de ge fe certaine idée du genre d’automne que l’on connaît à Saintcondition, ce que j'ignore, qu’il en soit de même tous les ar
Mais nous n'étions pas les seuls, en cette journée, à langue et à tratner de l'aile. Car il y avait à l’Exposition grande foule de visiteurs que nous y ayons vue. Cela ten doute à ce que c’était un samedi, jour où beaucoup de gens mesure de commencer le repos du dimanche. Mais, en
C'était le “ jour de l'Illinois”, et à cette occasion les trai ° finissaient pas de déverser à Saint-Louis des citoyens citoyennes de Chicago.
Pour notre dernière soirée à l'Exposition, nous assi d’abord à un concert de la musique des “ Grenadiers Guarc
ondres, Ces musiciens jouaient d’une façon exquise et re de la foule une enthousiaste ovation.
Nous aurons donc, en cette semaine, eu l'avantage d’en: les trois plus fortes — ou peu s’en faut — organisations de m1 instrumentale de l’univers: les musiques de la Garde républi de Paris, des Grenadiers Guards, de Londres, et de la fa allemande, de Berlin.
Quand la nuit fut devenue bien noire, il y eut sur les be une parade de gondoles et autres embarcations, toutes décoré
nes
Rs en earene
vions plus, et il
blante, à Saintt été fraiche, et ux nuits durant, arrière dont se de main morte.
une atmosphère e sæ faire une À Saint-Louis, à 18 les ans.
rnée, à tirer la 0sition la plus ela tenait sans le gens sont en ais, en outre, les trains n’en oyens et des
us assistâmes s Guards”, de e et reçurent
ge d'entendre 18 de musique républicaine, le la fanfare
r les bassins décorées de estres et des andantés et iblés et des mant, cette
petite fête nautique de nuit! Mais qu'est-ce cela ?... Ecoutez donc... Mais j'ai entendu cela déjà... Santa Lucia... Est-ce bien Santa Lucia qu’on chante ici, à Saint-Louis ?.… |
* Et c'était Santa Lucia, la gracieuse romance d'Italie, que ce chœur chantait doucement. On attaquait déjà le couplet
O dolce Napoli,
O suol beato,
Dove sorridere
Vuol il Creato ;
Tu sei l'impero
Dell’ armonia !
J'ai entendu ce chant si doux en Italie ; je l’ai entendu dans la province de Québec. Mais quelle surprise et quel charme il y avait à l'entendre jusque sur les bords du Mississippi !..…
Cependant, il est l’heure de rentrer. Comme c’est notre dernière soirée à Saint-Louis, nous parcourons encore une fois la merveilleuse avenue centrale de l'Exposition, regardant longuement cette féerique illumination de tous ces palais aux lignes si artistiques... Lorsque vous venez de faire, à Rome, votre visite d'adieu à la basilique Saint-Pierre, vous avez peine, en vous éloignant, à détacher vos regards de la colonnade fameuse qui en forme comme les bras accueillants. Mais vous avez le secret espoir de revoir un jour ce spectacle unique. Le départ est plus poignant lorsqu'il faut se dire que les merveilles qui vous ont enchanté ne seront plus là si jamais vous. y revenez.
Départ de Saiwr-Louis. —En &are de Cu1CAGO.—Indescriptible tohu-| tour d'automobile —Le Field Colum dienne de Notre-Dame —Les abat Mprévue—Quand une compagnie industrene se met à êtr —A la Bourse. — Pare Lincoln et autres Points intéressan cela finit dans un septième é
les rues des cités, J'ai du plaisir, ici en et sur un pareil chapi émoignage en faveur peuple des Etats-Unis.
À cinq heures du
téressants — Tout
s installés dans tte installation ‘un confortable lument bondé > Chicago s’en ures à l’Expo- Voyager dans Pouvoir nous le qu'il faisait mme dans un croit que les si l’on croit
18 NOUS trouns, aimables 30 — comme iqueurs des à ce propos, aux Etats.
fluence des 18 de fer, ni ', ici encore faveur du
icago. Je fer à cette ur le vaste
espace qui dépend de la gare! C’est un problème insoluble pour moi, que l’aisance avec laquelle les mécaniciens paraissent trouver leur chemin au milieu d’un pareil fouillis de rails — où, pour le sûr, et pour le moins qu’on puisse dire, il n’y a pas de chatte qui n’y perdrait ses petits, Je suis émerveillé, positivement, qu'il ne s'y produise pas vingt-cinq collisions par quart d'heure : car, s’il y a là tant de voies qui se croisent ou se côtoient, on admettra facilement que la circulation y est active ; de fait, il y a toujours quelque locomotive ou quelque train qui avance ou qui recule, qui arrive ou qui parte, qui joue de la cloche ou de la sirène. Ah ! le tintamarre qui règne jour et nuit dans ces grandes gares des grandes villes américaines !
Dans les rues, par contre, c’est le calme et le silence, qu'’interrompt seulement, de temps en temps, le passage de quelque voiture de tramway. En un mot c’est dimanche, le dimanche des pays anglo-saxons.
Nous n’avons pu rester que deux jours à Chicago. C’est peu de temps pour visiter une ville gi considérable. Aussi, le lecteur qui croirait essentiel à son bonheur de connaître à fond cette colossale agglomération de citoyens et de citoyennes, fera bien de chercher des documents ailleurs que dans ces notes légères où il n’y a absolument que le dessus du panier.— Du reste, s’il faut en croire ce que l’on entend un peu partout, les honnêtes gens qui n’appartiennent pas à la police chicagoenne ont toute raison de n’être pas curieux de voir le fond du panier dont il s’agit.
Nous avion décidé de consacrer notre première demi-journée de séjour à Chicago à visiter la partie sud de la ville, et de faire cette course en automobile. De notre hôtel, situé dans le quartier
commercial, jusqu’à l'endroit où nous devions trouver le véhicule qu’il nous fallait, il y avait à faire un trajet d’une dizaine de minutes. Jamais je n’oublierai l’angoissante fournaise où nous fûmes jetés durant ce court espace de temps et l'énorme mouvement de choses et de gens au milieu duquel nous nous trouvâmes empêtrés — exposés à chaque instant, que sais-je ? à nous voir piétinés, broyés,
PR NUE UE en
dit poursuivis par des troupes de lions, de tigres, de loups nr sants... L'on ne peut seulement pas, dans cet effroyable tourbi penser à quoi que ce soit de ce qu’il faut faire, et l’on n’a plus à service, pour se tirer d'affaire, que l’instinct de la conservat Ah ! les gens qui passent leur vie dans cette incroyable intensité vie, doivent bien s’ennuyer quand ils viennent se promener d notre paisible Québec, où l’on fait tout avec tant de poids et mesure ; où l’on n’est pas saisi, dès qu’on met le pied sur un trott par des courants irrésistibles qui vous emportent en des directi opposées ; où l’on peut traverser d’un côté à l’autre de la rue 8 avoir réservé son tour une semaine à l’avance ; où l’on a toujor enfin, la tête à soi.
Ce qui m’étonna le plus, lorsque nous eûmes atteint le coin se trouvait l’automobile retenue Pour nous, ce fut de constater, recouvrant mes esprits, que nous étions sortis vivants du cataclys à travers lequel nous avions passé.— J'ai pourtant vu, aux heu d’encombrement, les grands boulevards de N ew-York, de Londr de Paris ; et je me demande s’il ne faut pas donner la palme à ce: de Chicago en la matière dont il s’agit en ce moment.
Deux heures durant, nous voguâmes à bord de l’automob; dans la partie sud de la ville, souvent sur des boulevards droi: larges, pavés en asphalte et sans voies de tramway : je laisse penser si la machine roulante sut profiter de ces conditions idéal
Michigan : c'était l'emplacement même de l'Exposition universel] de 1893, et l’on peut aisément deviner que dans un endroit pare les palais, les jardins et les bocages devaient offrir un aspect tout fait grandiose,
Nous remarquons que, pour un 10 octobre, la végétation fai encore assez belle figure à Chicago. Les arbres ont bien perdu w
e tramways, -des milli qu’on aurait loups rugis:
> tourbillon, à plus à son nservation.
nteusité de nener dans Joids et de un trottoir, directions la rue sans à toujours,
le coin où istater, en ataclysme ux heures : Londres, me à ceux
itomobile ds droits, > laisse à 18 idéales ; en tous d du lse iverselle it pareil ct tout à
tion fait erdu un
tiers de leur feuillage ; mais les pelouses sont encore verdoyantes, et les plantes d'ornement ont toujours des fleurs dans leurs chevelures.
On a conservé le palais des Beaux-Arts de l'Exposition, parce que probablement on l’avait construit dans cette intention. C’est un édifice en pierre et de vastes dimensions. On y a installé un immense musée, connu sous le nom de Field Columbian Museum (1). L’ethnologie, la botanique, la zoologie et la paléontologie sont les sections les mieux fournies ; Mais on peut dire que dans tous les domaines de l’histoire naturelle les collections sont considérables. Les squelettes de mastodonte, de mégathérium, de dinosaure, de plésiosaure y figurent à l’état naturel ou par des moulares bien exécutés. Dans l’entomologie, les papillons tiennent ] ut du pavé en d'innombrables casiers, Les bois de commere 8 principaux pays sont abondamment représentés. Bref, ce musée, dont la fondation est encore récente (1894), est déjà l’un des grands musées du monde. On pourrait crier au prodige, si l’on ne savait pas qu'avec assez d'argent on peut, en maintes affaires, suppléer à la vertu des siècles. Et tout indique qu’en cette institution les ressources financières n’ont pas manqué. Car non seulemen, na pu acheter tant d'objets rares Pour ces collections ; mais en outre On a envoyé en diverses parties du monde des expéditions chargées de recueillir les spécimens, ou de faire sur le vif des études ethnologiques de peuplades encore pèu connues ; on publie des mémoires scientifiques, en plusieurs séries, et dont la valeur est considérable.
Il y a encore à Chicago maintes autres institutions scientifiques ou artistiques, qui montrent l’emploi intelligent que font de leur or ces prétendus “ marchands de cochon.” Il n’est pas du tout certain que des négociants en dentelle ou en épinglettes feraient mieux. En tout cas, si l’argent passe pour être le nerf de la guerre, il n’est pas moins le nerf de la paix ; et, quoique cela puisse être peu flatteur
(1) Ce musée a été fondé sa faveur un riche
LS RAM à re 0 , 1 en , Marshall Field.
qui était le propriétaire du vaste établissement
Es Zn
ms ho
ho
pour les “ intellectuels’, il arrive généralement que le déve ment de la littérature et de la science ne dépend que des res iaires qu’on met à leur service. Si vous voulez avc Virgile et des Horace, ayez d’abord des Mécène! * - Toutefois, l'esprit de religion et de patriotisme arrive & 3% Passer des grands capitalistes et de leurs amas de capita à produire des merveilleà en faisant sortir des oboles légè:
Car il y a depuis longtemps, à Chicago, une paroisse canad du nom de Notre-Dame. Où n’y en a-t-il pas, aux Etats-Un
la plupart des questions, il y a ici aussi des points de vue consol
bien, de ci de là, et sans rien dire, de belles régions ! Et puis frères nous font honneur sur la terre étrangère par leur intellig et leurs succès! Mais aussi, quelle douceur il y à à retrouver & au cours d’un voyage, comme un petit coin de la patrie sou ciel lointain,
Ce ne fut donc pas sans une véritable émotion que nous all frapper à la porte du presbytère canadien de la rue Sibley. curé, M, l'abbé A.-L. Bergeron, nous fit cet accueil hospits auquel nous sommes si bien habitués dans la province de Qué L'un de ses vicaires, M. l'abbé E. Bourget, un musicien fort ren quable, originaire de Saint-Joseph de Lévis, et qui fut du quelques années l’un de mes collègues au séminaire de Chicout: se mit aussitôt À notre disposition avec une amabilité toute ca
rrive souvent > capitaux, et es légères de preuve dans
e canadienne tats-Unis, de de voir tant comme dans e consolants, ent toujours Et puis, ces ‘intelligence ouver ainsi, rie sous un
ous allâmes Sibley. Le hospitalier de Québec.
fort remarfut durant Chicoutimi, oute cana- > messieurs pu réussir roid hôtel.
> avec une l’église de ; décorée.
C'est une rotonde, sans colonnes, surmontée d’un grand dôme. Les fresques, les vitraux coloriés, l’illumination électrique, tout est d’un cachet très artistique. Le maître autel, en marbre, passe pour l’un des plus riches de l’Amérique, et M. l'abbé Bergeron, qui en a dirigé l’exécution, est justement fier de ce beau morceau d’art.
Il y a aussi, dans la paroisse, un grand couvent tenu par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, de Montréal.
Au cours de notre visite au presbytère, l'abbé Bourget voulut bien nous offrir de passer avec nous la journée du lendemain, la seule que nous avions encore à consacrer à Chicago. Cette proposition, nous l’acceptâmes avec un enthousiasme complet. Car la compagnie de quelqu'un qui s’y connaît, pour visiter rapidement une ville immense comme Chicago, c’est d’un inappréciable avan-
tage.
Donc, le mardi matin, M. Bourget vint nous prendre à notre hôtel, ainsi qu'il était convenu, et nous partimes pour aller visiter d’abord les abattoirs de la Swift & Co. Il y a plusieurs de ces compagnies qui exercent la même industrie. Mais la vue d’un seul de ces établissements est tout à fait suffisante, généralement, Pour assouvir la curiosité, qui existe à l’état latent dans l'esprit de tout individu de la race humaine, de visiter les abattoirs fameux de Chicago.
I faut parcourir six milles de chemin de fer pour se rendre aux abattoirs. Or voilà qu’en entrant dans la gare et en passant le long d’un train tout prêt à partir pour le Sud, j’en vois descendre précipitamment un clergyman qui s’en vient me sauter au cou... Après discussion suivant la méthode analytique, je constatai que ce monsieur aux apparences de santé vigoureuse, à la figure ornée d’une barbe bien fournie et d’un noir d’ébène, n’était autre que mon ami l’abbé Antonio Huot, du séminaire de Québec, et qui, depuis trois ans, se guérissait de plus en plus d’une phtisie jadis inquiétante, dans l’hospitalière famille du Dr Pinault, de Minnéapolis... Le plus extraordinaire, c'est que, faute de temps, nous venions justement de renoncer au veyage de Minnéapolis, que
j'avais tenu à meitre sur notre itinéraire pour voir. Sai du Minnésota, et surtout pour faite visite à cet abbé Hu nous n'avions pas revu À Québec depuis 1901. Et no
d’user de cette transition), après deux ou trois minutes de « setion en style télégraphique, M. Huot dut remonter pour le manquer dans son train de chemin de fer, où se trouvait la ! Pinault, qui a l'excellente coutume d’aller passer les hivers « Louisiane,
Mais nous ftmes aussi, dans cette même gare d’un chen fer que je serais bien en peine de nommer, une autre rencontr
avait envoyé au devant de nous et qui s'était rendu jus presbytère de Notre-Dame Pour y prendre soin de nous... Par exemple, c’était un peu fort : Nous n’étions pas habit: nous voir l’objet de pareils égards... Décidément ces “ march
évue, nous nous effor vainement, à part nous, de trouver la clef du mystère si imp trable où nous nous voyions engagés. Ce fut l'abbé Bourget nous donna la solution du problème, que voici en deux mots,
curé de Notre-Dame, qui a des intelligences dans la place, « forme de relations avec un M. Joyce, du haut personnel de la C
Notre guide ne se Contenta pas de nous amener jusqu’à Mais il nous acCompagna auss
cette immense Organisation, nc donnant tous les détails utiles Pour nous mettre au fait de s
... Saint-Paul bbé Huot, que Et nous nous is qu'il fallait, utes après cet f (c'est le cas tes de converr pour ne pas vait la famille hivers danse la
in chemin de >ncontre tout
jusqu’à la 1A aussi à ion, nous it de son
fonctionnement. Cela nous valut aussi d’être admis dans des pièces où le commun des visiteurs n'entre pas. Il en vient beaucoup de ces visiteurs à toute heure du jour : car un étranger ne saurait passer par Chicago sans aller voir ces fameux abattoirs, célèbres dans le monde entier. Dès qu'il y a assez de gens d’arrivés pour constituer un groupe un peu considréable, un guide vient les prendre et les conduit dans les principaux départements.
On a décrit souvent la façon dont l’on abat les animaux dans ces abattoirs, et j'en profite pour n’en rien dire ici. Je mentionnerai seulement que l’on procède à ces boucheries avec une extrême rapidité : par exemple, on saigne jusqu’à mille cochons à l'heure É et puis, l’on y met aussi peu de cruauté qu’il est possible... Il ne fallut pas beaucoup — de bœufs, de cochons et de moutons égorgés sous nos Yeux pour nous rassasier tout à fait de spectacles aussi répugnants pour des âmes sensibles. Et nous nous éloignâmes volontiers de ces scènes d’agonie pour suivre plutôt les diverses opérations par lesquelles ont à passer les viandes de boucherie avant d’être prêtes pour le marché. Tout se fait là avec grand soin et avec une attentive propreté.
Il était midi lorsque s’acheva notre visite. Nous ne manquâmes pas de nous rendre alors au bureau de M. Joyce pour le remercier de tous les égards que l’on avait eus pour nous. M. Joyce n’entendit pas, toutefois, que nous quittions l’établissement sans avoir pris aussi le diner au restaurant de la Compagnie ! Ce restaurant, où les employés ont l'avantage de prendre leurs repas à des prix très modiques, se trouve à l'étage supérieur d’un grand et bel édifice occupé par les divers bureaux de l'administration. Toujours accompagné par notre guide, nous grimpons donc là-haut à bord de l'ascenseur, et nous trouvons dans une vaste salle à manger, où tout brille de propreté, où le service se fait avec attention, et où nous prenons part à un véritable festin constitué par des viandes exquises ; qui sait, nous disions-nous, si nous ne mangeons pas là des faisceaux musculaires de tel animal que nous avons vu saigner il y a deux heures ?
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rennes
Nous quittons le restaurant aussitôt que possible, et : en tramway pour être à la Bourse de Chicago avant l’heu clôture. Notre guide nous accompagne encore dans ce t retour : car, je ne sais comment, la ‘ Swift & Co.” a dev nous désirions assister à ce spectacle de la lutte financière nous y fait conduire.
Après tant de prévenances et d’attentions, je serais un 1 d'ingratitude si je ne disais pas à tous les négociants en pr du monde entier : achetez et vendez les viandes de la Con Swift ; et à tous les consommateurs de l’univers : manges, | les viandes de la Compagnie Swift : ce sont les meilleures ait sur le marché !
Ce devoir accompli, passons par le Rialto, un édifice in et rempli de tous les bureaux d’affaires imaginables, et pér de là dans l'établissement voisin qui est la Bourse. Nous ya à une heure de l’après-midi, un quart d'heure avant la clô Si quelque lecteur est poursuivi depuis longtemps pur le (puisqu'on dit que tous les goûts sont dans la nature) de sa que c'est qu’un bruit infernal, je lui conseille de faire comme d’aller passer quelques minutes à la Bourse de Chicago. 1 ensuite une idée de ce que le genre humain est capable de fa fait de clameur effroyable ; il aura trouvé l'idéal du fracas ho: Quant à celui qui ne peut pas aller à Chicago, étant donné qu le monde, après tout, ne peut pas aller à Chicago, il pourrait, f appel aux ressources de son imagination, se figurer qu’il ente aboïements nocturnes de 500 chiens du Labrador, les hurle de 500 chats qui simultanément auraient la queue prise dans brasure d’une porte, le bruit de 500 marteaux d'ouvriers P des rivets à la bouilloire d’un transatlantique,- de 500 tran passant à la fois dans une rue de ville, ete., etc. ; moyennant il aurait quelque idée de ce que l’on entend à la Bourse de l’u grands centres financiers de l'univers. Celui qui là-dedans tendrait rien pourrait sans conteste être regardé comme a:
d’une surdité assez décourageante,
ble, et montons nt l’heure de la ns ce trajet de ! à deviné que ancière, et elle
anges, manges lleures qu'il y
difice immense , et pénétrons ous y arrivons la clôture — | pur le désir ) de savoir ce comme nous :
ago. Il aura le de faire, en acas horrible ! nné que tout arrait, faisant lil entend les 8 hurlements se dans l’emvriers posant 0 tramways yennant quoi e de l’un des dedans n’enmme atteint
Du haut d’un balcon, nous contemplions le tumulte et l’ucharnement qui régnaient dans la fournaise financière. Sur chacune des trois ou quatre estrades du parquet, il y avait bien une couple de cents personnes qui, à la fois et faisant des signes de leurs bras levés, s’agitaient, clamaient, criaient, vociféraient... J ‘ignore, même à un degré qui ne saurait être dépassé, à quelles opérations se livraient tous ces forcenés, et je ne tiens pas du tout à le savoir, si bien que je prie ceux de mes obligeants amis qui y comprendraient quelque chose de se garder bien de m'éclairer en cette matière. Qui dira qu’il n’y a pas une satisfaction très délicate à refuser d’apprendre l’art de gagner deux cent miile piastres “en un tour de gueule”, — à moins que ce ne soit celui de les perdre !
Toujours est-il que, juste à une heure et quart, une cloche donna le signal, et la tempête s’apaisa instantanément ; tous les spéculateurs redevinrent du coup des hommes comme les autres.
Au sortir de cette inoubliable visite, le bon abbé Bourget dirigea notre promenade vers quelques endroits plus spécialement intéressants pour nous, Ce fut, par exemple, la cathédrale catholique, riche édifice, aux colonnes de marbre, aux verreries splendides, et sombre comme les grandes églises d'Europe ; la bibliothèque publique, aux proportions immenses, d’une ornementation plus riche mais moins artistique, à ce qu’il me paraît, que celle de la bibliothèque publique de Boston ; les grands et célèbres magasins Marshall Fielj, dont l'organisation est merveilleuse, comme celle de tous ces vastes établissements des Etats-Unis ; le fameux hôtel de l’Auditorium, l’un des plus somptueux du monde entier. Nous y poussâmes même l'enthousiasme jusqu'au point de nous faire servir quelques rafraîchissements dans la salle dite Pompéienne et dont la décoration, très curieuse pour notre époque, reproduit autant que possible le genre de la Rome antique, ou plus exactement sans doute, de la fastueuse Pompéi. Je ne mentionnerai, comme l’un des traits caractéristiques de cette installation recherchée et pour en donner quelque idée, que la belle fontaine qui est établie au-dessus d’un grand bassin de marbre, et dont les eaux limpides
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paraissent successivement blanches, vertes, rouges et : Et c'est donc au murmure discret de cette onde jaillisse
vous prenes là votre glace à la vanille, suivie de la cigare cieuse.
Le parc Lincoln s'étend le long du lac Michigan, « prendrait bien pour l'océan, en voyant au loin le ciel se co avec les eaux ou quelque grand steamer se détacher sur 1 lointain. Nous ne tardons pas, d’ailleurs, à devenir d’w indifférence pour ces spectacles de la mer et de la terre, en t tout à coup au milieu des aigles, des condors, des lions, des des panthères, et autres hôtes plus ou moins aimables d’une gerie que l’on entretient là pour l'instruction des visiteur: visiteuses.
Cette promenade, si remplie et que nous aurions vol renouvelée avec tous les développements possibles, se term restaurant ‘“ Roma”, où l'abbé Bourget nous emmena «d l'italienne : un restaurant situé dans un septième étage fenêtres duquel nous pouvions prendre les passants de la ru des citoyens de la cité de Lilliput.
Nous quittions Chicago le mercredi 12 octobre, journée nous passâmes toute entière sur un train du “ Michigan Ce Railway.” Après avoir contourné l'extrémité sud du gran Michigan, nous pénétrons dans l'Etat du Michigan et le trave: de part en part en sa partie méridionale.
es et violettes, jaillissante que à cigarette déli-
igan, que l’on el se confondre r sur l'horizon air d’une belle re, en tombant ons, des tigres, 8 d’une ménarisiteurs et des
ons volontiers se termina au mena dîner à étage et des le la rue pour
Yolande Car ”’?
vit.—Cette idée ns le parc de ui se dégage de
journée que igan Central u grand lac e traversons
une somptueuse décoration, Dans les endroits cultivés, c'est le maïs qui tenait le haut du pavé (si l’on me permet cette façon de dire), et partout sur le sol se voyaient des monceaux d’épis mûrs, espoir des engraissements prochains de dindons et autres bipèdes Où quadrupèdes, ou encore des amas d’opulentes citrouilles dont
nseigne caractéristique, l'usine où se fabrique le ‘“ Malta Vita”, produit alimentaire qui, à ce que proclament les annonces, etc...
Après huit ou neuf heures de ces spectacles — dont la vue successive ne saurait faire courir à personne le risque de contracter la moindre affection neurasthénique,— nous entrons en gare de Détroit, sur les six heures du soir.
Cette intéressante cité de l'Etat du Michigan est située sur la rive sud-ouest du lac Saint-Clai » Qui n’est qu’un élargissement de la rivière Détroit, laquelle met en communication le lac Huron et le lac Erié. En moins d’un siècle, la population de Détroit est montée de 770 âmes à 318,000 : développement admirable et en tace duquel il serait de la plus grande imprudence de faire pou de cas de l'amitié du moindre petit village, qui peut très bien, en effet, dans soixante-quinze ans d’aujourd’bui, finir par être une grande
connu qu’à Montréal, de notre époque, on
naît, on vit et on meurt sans prendre seulement le temps de « Nous avions un jour à notre disposition pour faire conns avec Détroit, centre industriel et commercial très important étions, suivant notre habitude et comme je donne à tous les tc un peu pressés le conseil de procéder, nous étions sur le p noliser une voiture de place pour visiter rapidement les e les plus dignes d'intérêt, lorsque nous découvrimes, sur une quelconque, qu’à telle heure et à tel coin de rue passait un d'observation”, nommé Yolande Car. .. C'était tout à fait affaire. Aussi, nous volons au coin de rue indiqué, et nous tons à faire les cent pas, ne laissant passer aucune voit: tramway sans espérer que ce serait le Yolande Car. Mais} allait... moins il y avait de Yolande Car! Au bout de troi quarts d’heure passés à scruter l'horizon de tous les côtés apprenions que, la saison étant si avancée et les touristes ai semés, le Yolande Car avait justement la veille terminé sa d'activité, et qu’il était maintenant remisé pour l'hiver, } dire, évidemment, de ce retrait de la circulation ; seulemer aurait aimé à le savoir ! — Et alors nous nous mettons en d’une voiture de place ; nous allons de ci, de là ; plus nous p: rions telle rue et puis telle autre,... moins nous découvrio station de cochers. Et lorsqu'un coupé quelconque nous p en route, il ne manquait pas d’être occupé ; et lorsque no: trouvions un d’arrêté près du trottoir, il était, non moins natu ment, retenu. Cela finissait par être agaçant, et je surpris r ma folle d'imagination à se dire : “ C’est bien ! Caches vo: tures, pour empêcher les étrangers de voir votre ville, Ô D tiens !... Mais j'aurai mon tour... Je vous le dirai, votre fait, quand je serai à écrire la page 340 de mes chroniques de voyage Juste au moment où naissaient en mon esprit ces effroy projets de vengeance, un homme se rencontra, je veux dir gendarme municipal, dont l'air nous inspira tout de suite la fiance. Dans son gilet nous épandîmes nos doléances : une ! passée à attendre le “ Yolande Observation Car ” ; une d
nps de souffler.
e connaissance portant. Nous us les touristes ur le point de it les endroits sur une affiche ait un “ char t à fait notre t nous y metne voiture de Mais plus ça de trois bons s côtés, nous ristes si clairiné sa saison ver. . Rien à eulement, on ons en quête nous parcoucouvrions de nous passait que nous en ins naturelleurpris même hes vos voile, à Détroire fait, allez!
voyage! ”’...
s effroyables eux dire un uite la con-
: une heure une demi-
heure, à chercher un véhicule introuvable... Ce brave homme nous expliqua alors que pour trouver des voitures, à Détroit, il fallait aller aux endroits où il y en a, c’est-à-dire chez des entrepreneurs de locomotion qui en tiennent chez eux, à la disposition des clients. Et il voulut bien, prenant en main nos intérêts, courir lui-même ches l’un de ces industriels du voisinage, d’où nous venait, quelques minutes après, un équipage très convenable.
Longue et intéressante fut cette course à travers les plus beaux quartiers de Détroit. Les maisons particulières sont généralement d’apparence soignée, et comme la tranquillité paraît régner partout, on se dit : Mais il ferait bon résider ici. si, pour quelque raison, on ne pouvait plus passer sa vie à Québec.— Muis enfin, à Détroit comme dans les autres villes & ‘mérique, il n’y a toujours bien que des maisons alignées le long de rues tirées au cordeau ; et l’on n’y trouve pas de ces monuments qu'il vaut la peine de venir contempler de bien loin. Tout ce qu’il y a là de remarquable et par quoi l’on n’oublie plus Détroit, ce sont les poteaux qui supportent les lampes électriques dans les rues de la ville. Ce n’est sans doute là rien de propre à faire pâmer les gens ; mais c’est toujours cela, et cela suffit à donner une note d'originalité au milieu des choses banales qui encombrent notre séjour terrestre. Done, à Détroit, les poteaux de lampes électriques, ce sont des tourelles triangulaires en broches de fer, qui s'élèvent bien à une cinquantaine de pieds au-dessus du niveau, sinon de la mer, au moins de la terre. A la pointe de ces sortes de poteaux s’étalent quatre lampes, que l’on est porté parfois à prendre pour les étoiles de quelque petite constellation. Comme ces foyers lumineux ne répandent à peu près aucun éclat à la surface du sol, on se demande si les autorités municipales de Détroit se sont proposé autre chose, en éclairant de la sorte la partie supérieure de l’atmosphère habitée, que de rendre service aux oiseaux qui auraient affaire à sortir la nuit. D'autant mieux qu'il y a aussi dans les rues, à une élévation ordinaire, d’autres lampes électriques pour l'utilité des pauvres hommes.
L'après-midi, nous décidâmes d’aller faire une promenade à,
M ne
RS
Windsor. Cette petite ville, où habitent tant de nos compa!
triple sectionnement, qu'est-ce que cela vaut, pour des Cana, Français, au prix d’un quart d’heure passé dans la provin
de voiture de place qui attende les clients. L'ennui que éprouvâmes, ici encore, à nous procurer un Véhicule !
Nous finissons par découvrir dans certaine rue, au cours d allées et venues, l'enseigne d’un propriétaire de voitures, et faisons appareiller un vaste coupé, attelé de deux chevaux noire crinière.
Il ne faut que peu de temps pour faire le tour de la jolie de Windsor. Nous nous rendons ainsi jusqu’au grand hô}
tion, est très attrayant, avec ses grands arbres, ses pelouses hi entretenues et ses parterres fleuris — quand ils le sont. Car,
compatriotes, Par une ligne à la presqu'ile t ce fut ainsi »ys étranger, | de la patrie tion adminislà, avec son 8 Canadiens-
province de
ien un mois, } un soupçon li que nous
cours de nos res, et nous levaux à la
a jolie ville nd hôpital et bordées di par une ; Pour plus mmunique, [sle, lequel turer ie se et authen-
de Détroit tièrement elle situauses hien .. Car, à
cette date du 13 octobre, l'éclat des floraisons s’est déjà bien obscurei chez les plantes d'ornement. Par contre la Yégétation sauvage fait son dernier effort de décoration, en constellant les gazons encore verdoyants de ces brillantes fleurs d’or que sont les vulgaires dentdelions.
Par la température délicieuse qu'il faisait ce jour-là, cette promenade de voiture autour du parc de Belle-Isle, et dans ces belles routes ombragées qui suivent les contours des bords de la rivière et du lac, était d’un charme singulier, — qui, tout à coup, par exemple, et lorsque nous n’étions plus beaucoup loin du pont qui nous ramènerait à Détroit, fit place aux plus vives émotions de l’effroi et de l’épouvante.…
L'une des pièces de l’attelage s'étant soudainement détraquée, l’un de nos deux chevaux en perdit aussitôt la tête, et son compa- &non, voyant qu’il y avait quelque chose, fut prompt à en faire autant. Voilà donc les deux coursiers bel et bien emballés. .. Pour précipiter la solut:on de l'incident, le cocher les détourne dans le bois clairsemé qui borde la route ; et les voici qui s’élancent vers la rive du lac, toute proche à cet endroit... En ce moment, l’abbé Burque s’élance à tout hasard de la voiture et tombe sur le gazon... J'étais moi-même à délibérer sur le meilleur parti à prendre dans une situation aussi confuse et dont les péripéties se succédaient avec la vitesse de la pensée ; j'allais enfin adopter une ligne de conduitefqui était nécessairement une question de vie ou de mort, lorsque lefproblème se résolut tout seul par l’arrêt subit de la voiture, sur le siège de laquelle je retombai tranquillement assis... Ce qui était arrivé, c’est que le cocher, se souciant peu de voir son équipage s'engager dans les eaux du lac d’où il n’était plus qu’à quelques dizaines de pieds, avait encore réussi à le détourner sur la droite}; une banquette se trouvant là en travers, les chevaux avaient sauté par-dessus en la renversant sous les roues de la voiture qui s’y bloqua solidement. Toutes les attaches se rompent à ce coup brusque, et les chevaux partent au galop pour une destination inconnue. . . Le cocher, précipité de son siège, se relevait sans trop
æe corpore il devrait suivre de ]
non plus aucun ait aussitôt.
1 chemin de fer riodé de temps 8 voies ferrées eint ; ces longs d’être sous le lugubres, nous avec quelque voiture ordicorporels plus vre de là qu’il n'avoir pas à areille concluduire de cette Dujours, dans : car il n’est at de compte
évidemment e, de n'avoir ut. Il était nous fallait us trouvions en, dans ce ramway de nadiens, fils c., etc., ne asardeuses, rée avec le er le soleil, des larmes une allure nous parut
bien moins intéressante qu'auparavant ; le pont, dont l'architecture
A ne nous disait plus rien, nous sembla d’une longueur invraisem-
blable. En le traversant, nous rencontrâmes nos deux chevaux, qu’un passant charitable ramenait à leur maître ; eux non plus n'avaient guère subi de dommage dans l’accident. Seulement il était facile de voir, à l’air embarrassé qu’ils avaient en nous croisant sur la route, qu’ils étaient absolument confus de leur sotte équipée... Enfin, voici le tramway, tout encombré de travailleurs charbonnés, qui descendent à tous les coins de rue, et retardent d’autant notre retour. Nous descendons nous-mêmes à un croisement de voie, et ne savons plus vers quel des points cardinaux nous diriger. Heureusement un petit porteur de journaux se trouve là qui, avec une politesse charmante, vient à notre secours, nous renseigne sur la situation géographique du lieu où nous sommes, nous met enfin sur la voie à suivre. Et tout se passa si admirablement qu’à six heures nous faisions nos adieux aux gens du Wayne Hotel, et qu’à six heures et dix minutes nous étions installés sur le train du “* Michigan Central”, en partance pour Buffalo. Ce trajet de 251 milles qui conduit de Détroit à Buffalo, se fait en six heures : ce qui veut dire d’abord que la vitesse de la marche est considérable, et ensuite que nous débarquâmes à Buffalo à 1 heure et 20 minutes du matin, ou plutôt à minuit et vingt minutes : car c’est à Buffalo que commence l’“ Eastern Time”, autrement dit le fuseau horaire sous le système duquel toutes nos montres et horloges de l’est de l’Amérique sont censées marcher.
A tsiauE a A, nt
A NiaGaRA.—L'idéal hôtel où nous tombâmes.—Chez nos hérétiques ar —Raisons qu'il y a de se Presser d'aller voir Niagara: —Où l'
phie nous mit de belle humeur.—Excursion sous la
La question des “souvenirs ”,—ToRoNTo —Un dîner ‘“ nati
Laurent. — Mor “Tenez Rivers ”—Lorsque j'aurai fait un héritage de dix mi
Sous prétexte qu’en 1901, ayant à peine visité Buffalo, avais rien vu de remarquable, nous décidâmes qu'il n’y av:
Ce fut dans la ville américaine de Niagara que nous d dîmes pour y passer vingt-quatre heures. Cette petite ville, Propre, bien bâtie, et pleine d’arbres, est un séjour très agr Et pour ceux qui aiment ja grande nature, ils n’ont pas ici plaindre, en face de tous les grandioses Paysages qu'ils peu contempler à chaque pas.
Et le charmant hôtel où le dieu des touristes se plut à conduire ! Tout y est calme et paisible comme en une maiso
.et moi, presque les seuls hôtes de l’une de ces villas qui est
maison d'âge avancé, et garnie de meubles d’ancien style. D: le cadre de toutes ces vieilles choses, nous n
sorte de “ sweet home ” comme il y a longtemps, nous semble-t
pénible de nous éloigner d'ici, quand sonner l'heure du départ. Pour les repas, tout le monde des logis divers se rend à la salle
manger commune, dans l'édifice principal de l’hôtel. Quand on pense que, au dîner, comme on s’aperçut que, pour observer notre loi de l’abstinence en ce jour de vendredi, nous délaissions les appétissantes côtelettes et le plantureux bifteck et que par consée “national”. — Mquent nous faisions vraiment trop maigre chère, quand on pense, dward.—A bord dis-je, que l’on prit la peine, séance tenante, de faire cuire du poisson à notre intention ! Etait-ce assez familial, ce séjour en un pareil
ii its hôtel ? Je profiterai d’ailleurs du sujet qui est venu ici se mettre sous ma plume pour dire que, dans ces Pays protestants que nous Buffalo, je n’y aversons depuis six semaines, au Canada comme dans les Etatsn’y avait pas nis, nous n'avons nulle part aperçu le moindre indice d’intolérance Aussi, dès le religieuse. Et pourtant, dans les hôtels, les wagons-restaurants, partîmes, par Jes steamers, nous n'avons pas manqué une seule fois, soit en nous e un peu plus mettant à table, soit en nous en éloignant, de faire ostensiblement 108 prières accoutumées, sans omettre les signes de croix. Il est nous descen- utile d'ajouter qu’une conduite de ce genre, dans la sorte de pays te ville, bien atholique qu’est aujourd’hui la France, provoquerait fréquemment ès agréable diverses manifestations de blâme ou de moquerie. pas ici à se Nous avions donc résolu de passer tout un jour à Niagara, ’ils peuvent pour étudier et admirer à notre aise cette merveille de la nature vant qu’elle ne disparaisse à jamais. On sait, en effet, que des plut à nous géologues affirment que dans une trentaine de mille années il faudra > Maison de aire son deuil de la grande cataracte... Il y a des personnes itions, On sapables de conclure de 1à d’abord qu’après cette disparition les ssale de la nouveaux mariés de la province de Québec seront — hélas ! — pal, l’hôtel dans un bel embarras, de ne pouvoir plus faire à Niagara leur M. Burque voyage de noces ! — et ensuite, et surtout, qu’il n’y a vraiment
jui est une yle. Dans
ns en une
pas à se presser tant pour aller voir la chute. Pour ce qui est de re dernier point, ces personnes auraient toute raison de croire que ‘on peut en effet prendre son temps, s’il n’y avait à compter qu'avec
emble-t-il, à nature ; mais il y a aussi, à Niagara, l’industrie qui ne peut se qu’il sera soudre à laisser sans emploi la force gigantesque développée par départ... ‘énorme quantité d’eau qui tombe à chaque instant de la falaise. la salle à & voilà que chacun, aux Etats-Unis comme en Canada, veut capter
ë ; ; + È È El + L 1 É
26 Ps ER NAS ES LIT CRU sis ve "Ua
ne partie de cette force hydraulique pour en faire de la ou n'importe quoi. .. Ce n’est donc plus de l'humour que l’ quand on dit qu'il faut se hâter d'aller voir Niagaraavant qt M estaracte ne soit utilisée par je ne sais combien de dl américaines ou canadiennes, comme il arriverait dans un assez prochain, si les Souvernements des deux pays, prot des intérêts du pittoresque, ne réussissent pas à mettre un au zèle égoïste des industriels.
En attendant tout cela, les touristes qui font les frai voyage à Niagara seraient bien avisés, il me semble, s’ils pre le temps de contempler comme il faut l’incomparable merveille sont venus voir, pour s’en retourner l’esprit et les yeux ple souvenirs grandioses, Pour nous, dès notre installation à l'hôte retenions une voiture Pour toute la journée, et nous nous en
sur le côté canadien, nous permirent de voir tous les aspects cataracte, sous tous les angles et dans toutes les directions pos:
que moi, par suite de ses accointances lyriques, en proie à tou sentiments admiratifs les plus intenses.
Il ne fallut pas moins, pour nous ôter les ailes qui nous av transportés à je ne sais quelle hauteur du domaine de l’ent siasme et nous faire retoicser sur le prosaïque terrain des ch d’ici-bas, que la rencontre de gens à éducation pratique...
Et donc, à tel endroit, sur le côté américain, un escalier : invite à descendre. Vous descendez donc et vous arrivez À plate-forme très bien aménagée, d’où vous avez une très belle
» de la lumière r que l’on fait, vant que toute n de dynamos ans un avenir 8, protecteurs tre une digue
les frais d’un s’ils prenaient 1erveille qu’ils eux pleins de à l'hôtel, nous nous en trouge américain, > deux heures aspects de la ons possibles.
que j'ai déjà année-là à la | ; impressions ntemplation e la fameuse e bien connu ; encore plus ie à tous les
ous avaient le l’enthou- des choses
scalier vous ivez à une s belle vue
des chutes. Dès que vous détournes un moment les yeux du spectacle, vous aperceves, sur la plate-forme, un monsieur très sympathique qui vous demande si vous n’aimeries pas à vous faire photographier dans un décor aussi extraordinaire. Qui résisterait à l'idée de voir se profiler son humble individualité sur un fond de tableau qui serait, ni plus ni moins, la masse d’eau du Niagara ?... Vous acceptez la proposition ; on vous met en la position requise, et vous voilà fixé sur la plaque sensible, vous détachant nettement des eaux bondissantes de la cataracte... Naturellement, comme on vous l'explique au bureau où l’on vous a conduit, ce n’est que par certain artifice de métier que vous aurez, sur la photographie, cet aspect héroïque ; et même l’on vous fait choisir, entre plusieurs, la position que vous désirez occuper, soit au pied, soit en face ou sur un côté de la chute. “ Eh bien, monsieur, on développera cette épreuve, et dans quelques jours nous vous enverrons par la poste, à votre adresse, les photographies. .. Combien voulez-vous en avoir
d'exemplaires ?...
— Cela coûte... Combien ?
— Une piastre seulement par copie.
— Oh !... Alors... Envoyez-m’en deux...
— Deux ?... Mais y pensez-vous, monsieur ?... Deux seulement !... Savez-vous, monsieur, que c’est excessivement intéressant d’avoir sa photographie comme cela. . .”
Et voilà qu’on se met en frais de nous convaincre que, mon compagnon et moi, nous ne pouvons décemment commander moins, chacun, qu’une ou deux douzaines de photographies. Cela ne ferait que $24 chacun !. . .Je prie le lecteur de s’efforcer à trouver tout seul à quel coefficient de vitesse nous envoyâmes promener ces effrontés d’Américains.
Or, dans notre promenade de l'après-midi, sur le côté canadien, il se passa un incident absolument identique, lorsque nous fûmes affublés de vêtements en caoutchouc pour aller ‘“ sous la chute.”
, Seulement, cette fois, on nous représenta combien tous nos amis
seraient enchantés d’avoir notre image, et avec un costume aussi
Me ie Mason Mt Rue Qi A Set :
pistoresque, le fond du tableau étant toujours la chu: méfaits eye de #8 aspects.… Bref, cette éloquence Méfaits de l’art oratoire ! — nous amena encore une foi la lentille photographique. “ Ces photographies, mesai
pour des photographies, soit $48 pour 12 journée, cela nou l’occasion de remporter sur le démon de la colère la p victoire qui se soit jamais vue.
Au sujet de bette promenade ‘“ sous la chute”, qui s
du côté canadien, je dois rappeler qu’à mon précédent vo; 1901, il fallait descendre des escaliers établis contre la falai s'engager sur un étroit Pontage en bois qui s'étendait jus le rebord de 1a chute, dans un espace laissé libre entre le re
le nuage de Vapeur et de pluie qui s’élève constamment d des eaux bondissantes, si l’on n'avait eu la précaution d’er
pide à l'entrée d’un long tunnel, s dirigeant du côté et en dessous de la chute, dont on aperçoit la masse d’eau par des ouvertures placées de distance en distance. Le spectacle est très inpressionnant... Bien que les parois de ce tunnel soient humides, et que l'on soit exposé à être atteint de quelques gouttes d'eau lorsqu'on s'approche des ouvertures ménagées pour voir tomber la masse aqueuse de la cataracte, je n’attesterais pas par serment qu'il soit à ce point nécessaire de revêtir ce grotesque costume en caoutchouc pour faire cette excursion souterrain. Mais il faut admettre que l'industriel qui loue ces vêtements, et le photographe qui fournit au touriste l'avantage de se revoir, quand il veut, en la manière d’une sorte de pompier, ont tout à fait raison d'interpréter en leur faveur et dans leur intérêt le doute qu'il y a en cette affaire. Ces gens ont là chacun une excellente vache à lait, ou, si l’on préfère,
, Qui s'exécute une merveilleuse poule aux œufs d’or, et ils font bien d'en profiter t voyage, en aux dépens des voyageurs naïfs et timides que nous sommes tous
la falaise, puis BR à l’occasion. . .
ait jusque sous Dans la ville américaine de Niagara, il y a un musée au sujet
duquel des circulaires qu’on donne aux passants font un beau tapage.
ort émouvant Je n’ai même jamais vu d'exemple aussi complet du talent que l’on ce séjour dans a, aux Etats-Unis, pour la réclame. Malheureusement le temps nous ment du choc manqua pour aller voir les merveilles scientifiques que l’on affirme on d’endosser avoir réunies dans ce musée,
A Niagara, comme dans tous les endroits fréquentés par les touristes, il y a des magasins de “ souvenirs”, où il est bien difficile de ne pas entrer pour regarder tent de curiosités qui s’y trouvent : bijoux, objets d’histoire naturelle, produits de l’industrie domestique de la localité. Seulement, une fois que vous avez pénétré dans ces boutiques, vous êtes devenu la pauvre petite souris à qui e chat, aux manières élégantes et aux yeux demi-clos simulant le
des méfaits sommeil, ne permet de se mouvoir que dans un rayon assez restreint, lu gouverne- en attendant la catastrophe finale, Ah! le marchand, pour l’ordin puits très naire, du moins, ne vous croque pas tout vif, Mais il vous dévore uriste intré- tout de même, sans avoir l'air de s’en occuper ; il n’a qu'à diriger
352 IMPRESSIONS D'UN PASSANT Pablement vos regards sur tels articles ai jolis, à énone ‘ certaines réflexions qui procèdent d’un ar,
scale Preuadé qu'il serait criminel de ne pas prof Occasion aussi providentielle d'acheter un “ souvenir ”’
chemin de fer et contourné l'extrémité ouest du lac Ontario atteindre tout de même la ville de Toronto. Aujourd’hui « n’éprouve plus l'impatience du retour, je regrette que nous n’,
Nous avions toute l’après-midi à passer à Toronto, en atten
sur un steamer aversons le lac journée d’auidents, Seulefaisaient en ce ts de la rivière ous avons été s du Niagara, -mps suivant, tion de notre sant céder la ement pris le Ontario, pour rd’hui que je nous n'ayons né l’occasion
> la province
en attendant
le départ du bateau qui devait nous ramener à Montréal. Suivant
notre m habituelle, et pour permettre à M. Burque qui se trouvait iei pour la première fois de conuaître un peu l'aspect de la grande ville, nous fimes en voiture une course d’une couple d'heures. Nous faisions ensuite une promenade à pied sur 1 rt Yonge, lorsque tout à coup un jeune gentleman vint m'arrcter sur trottoir...“ Comment !... Vous voilà À Toronto, M. !{ard ! — Est-ce possible !... C’est vous, M. Gagné ! ”
M. Lad. Gagné, originaire de Saint-Joseph d'Alma (Lac Saint- Jean), avait été jadis l’un de mes élèves au Séininuie de Chico
timi ; après avoir fait là-bas quelques classes :.4 cour: . lassique, il s'en était venu, n'ayant qu’une connaissance légère «le |: nglais, étudier à l’école de génie civil de l’Université de Toronto. Ii
sortit, au bout de deux ou trois ans, avec la première 1!16:: ct tous
les honneurs académiques qu'il se peut. C'était déjà beau, ce triomphe d’un petit Canadien du Lace Saint-Jean sur !es fils de la race supérieure |... Je retrouvais notre héros fixé à Toronto, et remplissant les fonctions de second ingénieur de la “ Niagara & Ontario Power Co.”, ou quelque chose d’à peu près cette dénomination.
Une heure auparavant, j'avais été relancer jusque dans son atelier d'artiste en bijouterie M. Oscar Masson, fils de mon ami Masson, le journaliste connu, et qui depuis deux ans se perfectionnait dans son art, à Toronto.
Répondant à notre invitation, ces deux jeunes hommes, tout heureux de rencontrer des gens “ de ches eux”, vinrent diner avec nous à notre hôtel. Et, ce soir-là, la salle à manger de l’établissement retentit des accents les plus français du monde. Du reste, au témoignage de nos hôtes, il y a maintenant À Toronto toute une colonie canadienne-française, avec son curé et son église particulière. Il ne faut pas le dire trop haut, sans doute, mais il est au moins utile de noter que nous sommes actuellement à faire tout pacifiquement la conquête de la province d’Ontario. Dans un siècle d'ici, l’Assemblée législative de la province-sœur ne délibérera
6 En
cette époque-là. Savez-vous pourq accorder à la minrité de langue
le ministère Provincial, et bien des emplois dans le service
la minorité, le maintien de l'anglai que le français !
En attendant ces jours fortunés pour la Nouvelle-France, : la confusion de n’être Pas compris lorsque j'allai pour régler la au bureau de l’hôtel, et de voir le commis faire venir un interp Pour communiquer avec moi ! C'était un peu fort, lorsque j'a vais justement de faite le tour de l'Amérique anglaise, où l’on a
partout très bien Compris mon anglais. .. Au revoir, messieur: Toronto, dans un siècle d'ici! C’est nous qui appellerons a des interprètes,
Nos jeunes amis, pour prolonger le plaisir de la rencon voulurent nous accompagner jusqu'au bateau sur lequel n
t dont on no:
décrivait avec enthousiasme la somptueuse installation.
Citoyens de la vieille Europe qui lirez ces h
umbles page laissez-moi vous apprendre qu’en Amérique,
— Où l'on sait organise
e voir arriver ur nous voir x sièges dans service civil, garantir aux suivant leur en faveur de 1ssi officielle
‘rance, j'eus égler la note n interprète sque j’acheà l’on avait lessieurs de erons alors
rencontre, quel nous us savions le voyager nés à faire 1avigation charmes à r, en arriors tenait au moins uation et
mons, de
visiter le
| on nous
8 pages, rganiser
le côté matériel de la vie, et où l’on ne continue pas une manière de faire pour la seule raison qu'il y a quinse siècles qu'on la pratique, — sachez, dis-je, qu'en Amérique les hôtels ont toujours une salle d'entrée plus ou moins spacieuse, qui contient les bureaux, les débits de tabac, de journaux, et où n'importe qui a toute liberté de venir fumer son cigare et lire sa gazette au milieu des pensionuaires de l'établissement. C’est une sorte de club social ouvert à tout le monde, et où l'on va, quand on ne sait où aller, rencontrer des amis et philosopher avec eux sur les derniers événements. Ah ! c’est là une belle institution !
Eh bien, je suis en mesure de proclamer, moi ausa, que le King Edward est un hôtel d’allure princière : il est vraiment de la race des grands hôtels du continent. Sous l'éclat d’un splendide luminaire électrique, aux sons d’un excellent orchestre, dans la douce chaleur qui régnait céans, nous passâmes là deux belles heures à deviser des choses du passé et du présent, de Quélec et d'Ontario, des Etats-Unis et du Canada. .
Le Corsican, lui, n’arriva que vers les onze heures du soir.
J'ai connu des épisodes beaucoup plus gais que cet embarquement, dans la nuit obseure et par cette température froide,sur un sale vaisseau de cabotage qui existe sans doute depuis des siècles — bien qu’il soit à vapeur, et qu'il ait eu probablen:ent ses jours de gloire avant d’être écrasé par la venue des grands vapeurs modernes, que l’on r’a pas eu tort de désigner sous le nom de palais flottants,
Mais, par exemple, quelle surprise, que de trouver tout l’équipage de ce bateau composé de Canadiens-Français ! Et puis, le séjour à bord coûte bon marché, surtout aux yeux de gens qui, depuis six semaines, ont dû vivre dans les hauts prix. Ainsi, l’on nous donna les meilleures cabines du vaisseau, et pour tout le voyage qui dura deux jours et trois nuits nous n’eûmes à payer de ce chef que deux piastres. Quant à la pension, elle ne coûte à bord qu'une piastre et dexie par jour. Que personne n’aille croire, par exemple, qu'il y ait quelque comparaison à établir entre l'ameu-
{blement et les menus du Corsican et ceux du Kingston, du To ou du Montréal, qui appartiennent à la même compagnie de gation “ Richelieu & Ontario.” :
Si le trajet de Toronto à Montréal dura de la sorte une soi taine d’heures, cela tenait d’abord à ce que le bateau ne filait
tend-il à ce que je raconte par le menu toutes les circonstances cette longue navigation en eau douce. Et, pour ce qui est. de dernier point, j'approuve fort la modération de ses désirs : car to ce Voyage se passa sans incidents d’aucune sorte, et l'histoire n’y
-. Voyons un peu. A chacu
Et, malgré :: Manque de confort que nous trouvions à bord d ce bateau préhistorique — Qui fut peut-être, au tem
en plein air, pour le plus grand bonheur de dame Hygiène qui, & on l'en croyait, aurait tôt fait de nous faire vivre, dans l'intérêt de
, du Toronto nie de navi-
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gros ni en OU moins t ces deux ; aisément rois, s’atstances de est. de ce ‘ Car tout oire n’y ia | chacune rrer£ pour des gens portait à t à bord amarres,
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la bonne santé, à la façon des Arabes et autres peuples qui n’ont pas de goût pour passer leur vie enfermés dans ces grandes boîtes que nous appelons maisons...
Enfin, les Mille-Iles se trouvèrent sur notre route. Je constatai non seulement que toutes les îles et îlots étaient encore là avec leurs bouquets de verdure, mais que le calme et le silence régnaient en maîtres dans les châteaux et les villas si animés durant la saison d'été, et que l’automne avait mis ses couleurs effacées jusque dans ces corbeilles fleuries qui décorent si joliment cette partie du cours de notre Saint-Laurent.
Nous nous demandions si le Corsican allait avoir le front de sauter les rapides, dans les conditions de débilité sénile où nous estimions qu’il était. Par bonheur, la prudence étant généralement l’une des qualités du vieil âge, il évita de courir les risques de pareilles aventures. Aucun intérêt d’amour-propre ne l’y poussait d’ailleurs, puisque, avec la douzaine d’heures de retard que nous avions, c'était durant la nuit que nous devions passer par ces endroits tumultueux des rapides du Saint-Laurent, et que, en règle générale, on ne pratique guère l’héroïsme quand l’on n’est pas aperçu... Aussi, après avoir passé à travers les rapides ‘“ Galops ”? et du Plat, qui sont peu accentués et par suite à la portée du premier bateau venu, nous engageâmes-nous, la soirée venue, dans la voie prosaïque des canaux du gouvernement. Par exemple, il ne faut pas croire que cela manquât d'intérêt. La plupart des passagers restèrent sur le pont du vaisseau jusqu’à une heure assez tardive, grâce à la douceur de la température, pour jouir du spectacle de la manœuvre des écluses sous la brillante illumination
électrique qui rend le trajet, en pleine nuit, aussi facile qu’en plein jour
Enfin, à 8 heures du matin, le 18 octobre, nous débarquons à Montréal, — nous sautons à bord du tramway, puis sur le train de Québec du C.P.R. A midi, nous sommes à Three Rivers.— A “Three Rivers ” ?...— Oui, monsieur, “ Three Rivers ” ! c’est écrit comme cela, en grosses lettres, sur la planchette indicatrice
rANÇais. Et à voir la:-figure: que fer les Anglais d’Ontario en face d'un pareil état de choses, je m’an
mis à n’avcir plus pour fonctionnain
que des Asiatiques ignorant tout autre chose que le chinois o
lhindoustani, Pour tâcher de connaître enfin quelle peut bien êtr s ee s