‹ Impressions de guerre de prêtres soldats (volume 2)Chapitre 1 sur 36 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Rédigées par des hommes diversement bien placés pour les recueillir, ces Impressions de guerre n'ont entre elles qu'un trait commun, mais il est notable. Qu'ils soient aumôniers, officiers ou soldats, leurs auteurs sont tous religieux, tous prêtres, ou décidés et destinés à le devenir dans un prochain avenir. Ces particularités confèrent à leur témoignage un caractère doublement émouvant, de sérénité et de profondeur. Hommes de vie intérieure, familiers des confidences sacrées, appUqués par état et par vocation à combattre les combats de l'âme, ceux qui écrivirent ces pages ont eu souci du dedans plus que du dehors, du réel et du spirituel révélés par la guerre plus que de son décor et de ses fanfares. Si le côté pittoresque ou tra-

gique des luttes que nous soutenons, depuis seize mois, sans défaillance, envahit çà et là les marges de leurs souvenirs, ces vives descriptions sont assurément le moindre mérite des lettres de nos correspondants. Leur domaine propre (on le sentira suffisamment à les lire) est Tesprit, le moral et Tàme des combattants.

De ce point de vue, ces Impressions ne font' double emploi avec aucune de celles qu'on a déjà publiées. Les pères, les femmes, les mères, les enfants de nos héros trouveront ici ce je ne sais quoi de sacré devant lequel hésitent et s'arrêtent à bon droit les annalistes les plus sincères, les narrateurs les plus pathétiques.

Telles sont les raisons qui nous ont décidé à reprendre, parmi les lettres que les Études ont déjà publiées, depuis septembre 1914, non pas toutes lesplus intéressantes, mais quelques-unes de celles dont l'intérêt a paru plus durable. La discrétion, et les justes exigences de la censure militaire, nous interdisaient les précisions de lieux, de corps de troupes, de noms propres. Nous n'avons guère rétabli que ces dernières, et dans le seul cas oii la mort nous a rendu libre

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en faisant, de cette publication, un devoir de piété fraternelle.

Puissent ces pages, datées de la tranchée ou de l'ambulance, écrites sur des feuillets souvent maculés de boue, et }3arfois éclaboussés de sang, apporter à ceux qui pleurent un peu de réconfort, à ceux qui cherchent, un peu de lumière! Écrites par des rehgieux souvent proscrits, qu'elles soient dédiées avec respect à la mémoire généreuse des soixante-trois jésuites français déjà morts pour leur pays (1) .

Léonce de Grandmaison,

Directeur des Études.

15 décembre 1915.

(1) 11 faudrait dire maintenant (IS juin 1916) : quatre-vingt-sept.

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