II IMPRESSIONS DE GUERRE
niqueurs du front ; — ils ont sûrement vu mieux, plus juste et plus au fond que la plupart de leurs émules, ce qui touche au moral, aux croyances, aux sentiments, aux habitudes d'esprit des combattants. C'est, avec le bon accueil fait à la première série de ces Impressions de guerre des Études, ce qui nous encourage à publier celle-ci.
Quelques-uns des morceaux qui la composent : Deux marsouins de 1915, par exemple, ou Dans la fournaise de Verdun, ont retenu, au moment qu'ils furent publiés, l'attention d'une large partie du public français. On les retrouvera ici, joints à d'autres récits d'une tonalité plus grise, d'un intérêt peut-être moins poignant, mais donnant à merveille le sentiment de cette longue guerre d'endurance et d'usure, guerre de détail, d'attente et d'affût, de tenace et invincible patience, dans laquelle le génie vif et primesautier de la France n'a pas moins excellé — à l'admiration du monde — que dans l'offensive et la guerre de mouvements. De Tahure à Troyon, et de Bruxelles à Salonique, avec de longs arrêts dans ces « environs d'Arras » où nous promena si longtemps la prose réti-
AVANT-PROPOS m
cente des Communiqués, et dans les champs, désormais sacrés, des Hauts-de-Meuso et de Verdun, nos souvenirs se trouvent former une chaîne suivie. Mais, plus que dans cette continuité géographique, l'unité profonde réside ici dans l'esprit religieux qui anime celles même de ces pages où l'œil distrait ne verrait d'abord que paysages sobrement notés, qu'émotions puissamment rendues. Divers par la fonction ou l'attitude, penché sur le mourant pour l'absoudre et le consoler, entraînant au feu sa section, ou affermissant le moral de ceux qui ont à subir l'assaut rageur des obus, le prêtresoldat reste, dans ces récits sincères comme dans la réalité de l'action, l'homme de Dieu, le messager et le bon sergenl du Christ Jésus.
Léonce de Grandmaison,
Directeur des Études.
i" septembre 191G.