LA CHAMBRE AUX JOUJOUX
Pour babv.
Voici la première gelée, Nous ferons du feu le matin, Pour fondre à la vitre étoilée Ces ramages de blanc satin.
Le soleil, dans sa brume rose, N'a plus ni chaleur ni clarté; 11 faut, à la cliambre bien close, Ranger tous les joujoux d'été.
Quelques gouttes de la fontaine Se glacent dans l'arrosoir vert, Car la fin de l'autome est pleine De la menace de l'hiver.
Il reste une fine poussière Sur la brouette de bois peint.
Le ballon, dans sa rondeur fière Et grise, semble un astre éteint.
Laissons les volants, blanches ailes, Sur les raquettes, nids vibrants ; Ils attendront les hirondelles Et tous les oiseaux émigrants.
Mets auprès la petite pelle, Par qui ton jardin fut tracé; Le râteau menu me rappelle Les beaux jours de l'été passé.
Il frôlait doucement le sable, Qui fuyait en sillons légers.
Image du temps périssable, Fait d'instants courts et passagers.
Sur la tente de toile bise.
Le hamac lourd; entre leurs plis L'ondée a laissé sa surprise, L'air plus vif des sillons pâlis.
La saison chaude tout entière Tient aux tissus décolorés, Splendeur, rayonnement, lumière Et courts orages éplorés.
Plaçons sur les plus hautes planches Les flèches ; de ton arc doré Elles s'élançaient vers les branches Dans un vol court, désespéré.
Dans un élan d'ailes captives, Et bruissaient aux bois touffus, En agitant leurs plumes vives Avec un sifflement confus.
Nous plierons la gaze fragile, Où se prenaient les papillons.
Il faut nouer la corde agile Du cerf-volant plein de rayons.
Et tes nacelles, suspendues
Aux murs comme au flanc des vaisseaux,
Attendront que les eaux fendues
Se séparent en clairs faisceaux.
Des gens passent leur vie à fausser le poids de leurs sentiments ou de leurs épreuves, à exagérer les petites choses, à amoindrir les grandes;. selon leur nature, ils n'emploient, pour tout indifféremment, que les grands compensateurs des métallurgies ou les petites balances des poseurs d'or, chavirant tout le temps sous les charges qu'ils leur imposent.
D'autres, privés de jugement, comme les machines pneumatiques sont privées d'air, laissent tomber dans leur esprit ou leur cœur, avec la même pesanteur et la môme vitesse, dû la ouate, des grains de plomb, des plumes de fer ou du mercure.
M'"*' X., une vertu bourgeoise parfumée de coquetterie, comme ces armoires de linge frais où sèchent des paquets d'iris.
NOTES ET 13IPRESSI0ISS. 73