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UNE PAGE D'AMOUR

Odéon : Une Page d'amour, pièce en sept tableaux, tirée du roman 'lie M. Emile Zola, par M. Charles Samson.

Vaudeville : Drames sacrés, un prologue et dix tableaux, en vers, de MM. Armand Silvestre et Morand, musique de M. Charles Gounod.

19 mars.

Le drame méritoire de M. Charles Samson, Une page d'amour, nous a montré, une fois de plus, que la physiologie n'est pas « chose de théâtre ».

Qu'est-ce que Une Page d amour ? C'est un peu le roman, — assez banal, — d'une jeune veuve qui s'ennuie, mais c'est surtout l'histoire d'une petite fille de dix ans, qui tombe raide sur le carreau toutes les fois qu'un homme touche sa maman.

Mais pourquoi cette petite fille tombe-t-elle sur le carreau ? Parce que sa grand'mère était hystérique ; parce qu'elle-même est profondément détraquée, au point d'avoir à tout bout de champ, et même

quand aucune approche virile ne menace sa mère, des évanouissements qui durent plusieurs heures, et parce que, à ce délraquement congénital, s'ajoute la jalousie, une jalousie physique, mystérieuse dans ses causes, brutale dans ses effets.

Brutale, — et muette, et par là d'autant plus pénible à considérer. La jalousie est toujours un assez vilain sentiment. Il y a, dans cette mainmise d'une créature sur une autre, je ne sais quoi d'insultant et de provocant, d'hostile à toute la communauté humaine. Seulement, lorsque ce sentiment fâcheux se rencontre chez un être capable de l'exprimer et de le définir, chez Othello ou chez Hermione, nous voyons clairement que le jaloux, s'il torture, est lui-même torturé ; s'il nous répugne comme bourreau, il nous intéresse comme victime; et la jalousie devient alors matière de drame. Mais cette petite Jeanne Grandchamp ne parle point : elle n'a pour langage que les caresses frénétiques, la bouderie silencieuse, ou la pâmoison, surtout la pâmoison. Et, sans doute, ce silence vaut mieux, car, si elle savait parler, que dirait-elle, cette fillette malade et dont l'âme est pubère avant le corps chétif? Donc, elle se contente de tourner l'œil six fois (quelqu'un a compté), soit sur les planches, soit dans la coulisse. Mais tout de même, outre que c'est pénible à voir ou à concevoir, c'est peutêtre un peu monotone.

Il fallait laisser la petite Jeanne à M. Zola. Il

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