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LES PORCHERONS, LE TAVERNIER RAMPONEAU

Il y avait sous Louis XV et Louis XVI un lieu de plaisir à bon marché où le peuple trouvait facilement à s’amuser, où le beau monde ne rougissait pas de partager ses joies ; c’était le village des Porcherons.

La rue Saint-Lazare y conduisait. Le nom de Porcherons venait d’un vieux château qu’on appelait le château de Porcheron.

iV cette époque, entre le quartier de la Chausséed’Antin et le quartier de la Grange-Batelière, existait un abominable marécage formé de lambeaux de prairies où les roseaux poussaient à meme. On baptisa cette rue Chemin de la Chaussée-d’Antin, parce que le duc d’Antin avait jeté un pont sur les marais qui P avoisinaient ; des maisons d’apparence équivoque, des guinguettes, se groupèrent autour du château. Les Porcherons étaient un lieu de débauche, de plaisirs et de duels. Pendant le carnaval, des dames, la comtesse de Genlis, la princesse Potocka et de plus hautes encore se vantèrent d’avoir pris leur part de ces folies, déguisées en cuisinières.

En 1760, le célèbre tavernier Ramponeau vint s’établir aux Porcherons. Son enseigne le représentait assis sur son tonneau ; il triompha de tous ses rivaux par son humeur joviale et ses saillies ; on ne s’entretenait que de lui, on faisait queue pour le voir, on portait des chapeaux à la Ramponeau. Grimm et Voltaire en parlent.

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