LES CARRIÈRES D'AMÉRIQUE, ORIGINE DE LEUR DÉNOMINATION
Les fours à plâtre des carrières d’Amérique sont immenses. Quelques-uns ont mille mètres de profondeur; les voûtes sont hautes de dix-sept mètres. Ces carrières ont, depuis longtemps, le privilège d’être le refuge ordinaire des gens sans aveu, vagabonds, malfaiteurs, rôdeurs nocturnes ; des razzias y sont opérées fréquemment.
Michel Chevalier me racontait qu’un jour en 18o(>, lors de son voyage en Amérique, visitant à Buffalo, près le lac Erié une goélette prête à se rendre dans les grands lacs, s’étonna d’y trouver d’énormes quartiers de pierres meulières, en tout semblables à celles des environs de Paris. Ces pierres, on le sait, sont d’une qualité sans égale. Elles en viennent, lui dit l’armateur, ce sont les environs de Paris qui nous fournissent toutes ces pierres meulières. D’énormes quantités de plâtre prennent aussi la même route, c’est le plus fin qu’il y ait au monde; les carrières du bas de Belleville et des Buttes -Chaumont, doivent leur nom
au pays où s’exportent leurs produits; on les appelle carrières cl’ Amérique parce qu’une partie de ce qui en sort s’en va par là.
Tous les lieux que les mendiants ont occupés autrefois à Paris, se sont appelés la Cour des Miracles. Le miracle était, que, rentrés dans leurs bouges, ces estropiés, ces mourants, étaient subitement remis en santé. L’un de ces bouges était dans le voisinage du
était dans la rue de la Truanderie, la seule rue qui ait conservé son nom à travers six siècles et qui. va disparaitre par l’achèvement de la rue Etienne Marcel ; la rue de la Truanderie prit son nom du mot truand, qui signifie mendiant, gueux, voleur. On voyait aussi des Cours des Miracles, dans les rues de la Cité; leurs cabarets immondes étaient le refuge des voleurs de toutes les catégories, des bandits de toutes les espèces. Le plus célèbre était celui de Paul Niquet, immortalisé par Eugène Sue. Ces tapis francs n’existent plus, ils ont disparu dans les démolitions avec leurs maisons bossues et leurs rues, véritable égout coulant à ciel ouvert. Les Truands reconnaissaient une véritable hiérarchie, ils avaient leurs chefs, leur langage, le chef suprême s’appelait Coesre, mot rapporté des croisades. Dès le matin, cette cohue déguenillée se répandait dans Paris, rôdant, guettant la proie, simulant toutes sortes de maux pour s’attirer la pitié. Après une ample