L’HOTEL DE CLÜNY ET SON MUSÉE
C’est vers 1560, qu’un moine de l’ordre de Cluny, acquit l’élégant hôtel que nous admirons aujourd’hui; construit sur une partie des ruines des thermes de Julien, il ne fut terminé qu’à la lin du règne de Charles VU I, par Jacques d’Amboise, évêque de Clermont, frère du fameux ministre de Louis XII. L’hôtel a abrité tour à tour des fûtes différents; en 1789 il 11e put échapper à la confiscation qui était le sort commun de toutes les propriétés ecclésiastiques, et fut vendu comme bien national. Il eut la bonne fortune après avoir passé de main en main, d’être acquis par un amateur éclairé, admirateur de l’histoire du moyen-âge, M. Dusommerard. Il fit mieux que restaurer l’ancien hôtel, il employa sa fortune et ses soins à y réunir les plus beaux chefs-d’œuvre du génie français appliqué à l’industrie depuis le dixième jusqu’au seizième siècle. Si l’on veut se rendre compte de ce que pouvait être un logis noble au quinzième siècle, il faut étudier ce charmant hôtel et son musée. Le gouvernement de juillet fit l’acquisition de l’hôtel et des richesses qu’il ren-
erme. Quels services n’a pas rendus M. Dusommeard aux études historiques et à l’art, en plaçant sous los yeux tous ces objets en marbre, ces tentures, ces loteries, ces faïences, ces sculptures en bois et en ivoire, •es bahuts, ces tapisseries de haute lisse, ces bouliers si bien faits pour meubler les hautes cheminées, ces serrures, ces heurtoirs qui viennent du château d’Anet, sur lesquels Diane de Poitiers posa souvent sa main blanche ; le lit de François 1er, etc., etc. Tous ces objets donnent une idée de la vie journalière, des habitudes domestiques, des modes d’alors, etc., etc.
L’appartement contigu à la chapelle porte le nom de chambre de la reine Blanche, en mémoire du séjour qu’y fit Marie d’Angleterre, veuve du roi Louis XII, pendant lés premiers mois de deuil qu’elle portait en blanc suivait l’usage des reines de France.
Le musée s’est enrichi en J 880, d’une très curieuse collection, celle des chaussures des temps anciens, du Moyen-Age, de la Renaissance et des siècles suivants, comprenant toutes les contrées de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique de l’Extrême-Orient, et du Nouveau- Monde, réunies par M. Jules Jacquent et acquise par le musée.
Le musée de Cluny a sa leçon, il semble qu’il y a une âme dans ces divers objets qui racontent, avec plus d’éloquence que les livres, ce que fut la vie de nos pères ; c’est le passé sans doute, mais le* passé vivant, éternisé par l’art.
LE MUSÉE GUIIYIET
A l’angle de l’avenue cl’Iéna et de la rue Boissière vous trouvez installé le musée Guimét ; c’est une exposition unique en son genre, où sont réunis, dans un ordre admirable, tous les objets ayant rapport aux religions de l’Extrême-Orient; là se voient en bronze, en marbre, en porcelaine, en bois, les figures des monstrueuses divinités de l’Inde.