LA CHAPELLE EXPIATOIRE
Louis XVI et Marie-Antoinette furent enterrés dans le cimetière de la Madeleine; en 1815 ce cimetière fut fermé et désaffecté ; un Monsieur Desclozeaux en acheta la partie qui bordait la rue d’Anjou. Des fouilles furent entreprises; et l’on retrouva les restes de Louis XVI; ceux de Marie-Antoinette furent reconnus aune jarretière qu’elle portait le jour de son exécution. Leurs ossements furent recueillis et portés en grande pompe dans les caveaux de la basilique de Saint-Denis, où ils sont encore; cette translation eut lieu en 1816. L’année suivante Louis XVIII décida qu’un monument commémoratif serait élevé sur la partie du cimetière où le roi et la reine avaient été inhumés, il fut l’œuvre de l’architecte Fontaine. Au point de vue de l’art, ce monument n’a rien de remarquable, mais il est approprié à sa destination, il affecte la forme d’un grand catafalque.
La Commune, en 1871, ordonna sa démolition sous prétexte que le monument était une insulte à la Révolution, et une protestation perpétuelle contre la justice
du peuple. L’entrée des troupes dans Paris ne lui permit pas d’exécuter son projet. Le Conseil Municipal a suivi l’exemple de la Commune, il a voté une somme de vingt-cinq mille francs pour subvenir aux frais de démolition de la Chapelle Expiatoire. A la suite de ce vote, les héritier sjde M. Desclozeaux ont fait signifier à M. le Préfet de la Seine, par ministère d’huissier, un acte aux termes duquel ils demandent la restitution de trois mille mètres, donnés à la ville en 1816 par leur aïeul, sous la condition expresse que ces terrains seraient affectés à l’exécution du monument de Louis XVI. Le Préfet, paraît-il, n’a pas encore répondu. Ratifiera-t-il le vote du Conseil Municipal?