‹ Impressions de voyage dans ParisChapitre 71 sur 129 · LE CHATEAU DE BERCY · texte numérisé non relu

LE CHATEAU DE BERCY

Eli 1860, on commença à jeter par terre le magnifique château de Bercy. Le propriétaire était M. de Nicolaï, comte de Bercy. M. Péreire et le Crédit Mobilier en firent l’acquisition au prix de dix millions. Le pic et la pioche l’attaquèrent de tous côtés pour le démembrer. Le château n’avait toujours été d’ailleurs qu’un assez calme séjour. Les Bercy n’étaient pas des gens de grand tapage, ils n’ont fait de bruit ni par l’histoire, ni par le scandale. Ils se contentaient d’ètre tranquillement riches,' mais ils furent avares, ils thésaurisèrent. Le Président, qui fut le premier du nom de Bercy sous Louis XIII, commença la renommée de ladrerie de sa race, on en faisait cent contes dont le plus célèbre servit à Molière pour une scène de son Avare.

Le Président rencontra un jour son fils, chez un notaire qui prêtait de l’argent à gros intérêts : le père lui cria : « Ah! débauché, c’est toi. Ah! vieux usurier, c’est vous )>, dit le fils; Molière immortalisa l’anec-

dote dans l’admirable scène de sa pièce. La vilenie de père en fils ne se perdit pas dans cette maison.

Ce château est devenu l’Entrepôt des vins, construit lui-même sur remplacement de l’abbaye Saint-Victor en 1808.

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