‹ Impressions de voyage [microforme] (volume 2)Chapitre 30 sur 63 · BASILIQUE DE SAINT-SÉBASTIEN · texte numérisé non relu

BASILIQUE DE SAINT-SÉBASTIEN

* Saint Sébastien est l'un des saints les plus populaires de Rome.

I] était d’origine gauloise ; encoré jeune il embrassa la carrière des armes, afin de soutenir ses frères dans la foi au milieu des persécutions. Que de chrétiens, ébranlés par les larmes et les prières de parents encore infidèles, ou par les menaces des persécuteurs et les tortures des bourreaux, il arrêta sur la pente de l’apostasie! Que de conversions n’opéra-t:il

pas! Il présenta un jour plus de soixante néophytes au baptême.

Diociétien avait remarqué sa bravoure et la distinction de ses manières. Il le nomma capitaine de ses armées pour le rapprocher de sa personne. Cependant les persécutions redoublaient de violence.

Ce fut au tour de Sébastien d’être arrêté.

Traduit devant l’empereur il fut condamné, livré à des archers qui le percèrent de flèches, et laissé gisant à l’endroit

où s’élêve aujourd’hui sur le mont Pala-

tin l’église de Saint Sébastien alla Polveriena. Mais une pieuse dame, nommée.

Irénée, venue pour l’ensevelir, s’aperçut, après l’avoir transporté dans sa maison, qu’il respirait encore. Elle lui prodigua les soins les plus assidus et ramena à la vie Sébastien tout triste de n'avoir pu recueillir la palme du martyre. Dans l’ardeur de scan zèle, il va se placer un jour sur le passage de l’empereur qui se

Basilique de Saint-Sébastien 129 rendait an temple, et il Ini reproche en face ses crimes et ses persécutions. Dioclétien apercevant celui qu’il croyait parmi les morts, s’irrite contre le téméraire qui ose encore le braver, et ordonne à ses satellites de l’assommer à coups de bâton: ce qui fut fait le 20 janvier 288.

Pour dérober son cadavre à la vénération des fidèles, onle jeta dans le grand Cloaque. Mais une femme chrétienne, nommée Lucine, le fit enlever secrètement pour lui rendre les derniers devoirs. On conserve ses restes précieux dans la basilique de Saint-Sébastien, avec une flèche qui servit à le transpercer lors de son premier martyre, et la colonse à laquelle il était attaché pendant sa flagellation.

C’est aussi dans le cimetière de Saint- Sébastien que repose la généreuse Lucine, cette Romaine de noble famille qui soulageait les pauvres de ses deniers, et, au

risque de sa vie, ensevelissait de ses mains les confesseurs de la foi.

Ces catacombes sont encore célèbres pour avoir possédé quelque temps les corps de saint Pierre et de saint Paul.

Les Orientaux, prétextant que les deux

apôtres leur appartenaient à titre decompatriotes, avaient décidé de les enlever, et, pour les empêcher de mettre à exécution leur pieux projet de larcin, or dut cacher ce trésor dans le cimetière de Saint-Sébastien.

Le cimetière de Saint-Sébastien était probablement le seul fréquenté au Moyenâge. Parmi les pèlerins qui lui ont témoigné la plus grande vénération, on remarque surtout saint Philippe de Néri ; l'inscription suivante en conserve le pieux souvenir: ce lieu ténébreux, illustré par le sang des martyrs, qui en coule encore, esl devenu plus célèbre par le séjour de saint Philippe de Neri pen-

Basilique de Saint-Sébastien 131 dant dix années. Lorsqu'il s'y trouvail, il était si enivré de l'abondance des douceurs célestes que, transporté par la violence de cet amour et incapable de supporter la joie dont il était inondé, il demandait avec des cris que l’ardeur de semblables délices cessäl, parce qu'il élait impossible à un cœur kumain de les Supporter.

Si nous avions la foi : vive des saints, nous connaîtrions peut-être quelque chose de leurs transports enflammés !

Au retour, nous prenons la route des Sept- -Églises qui va de la voie Appienne à la voie d’Ostie, distance d’une lieue, et la rejoint rn peu au-dessus de la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs,

LA VOIE D'OSTIE La voie d’Ostie longe la rive gauche du

Tibre. Elle aboutissait autrefois à un

port célèbre qui a perdu son importance à cause des alluvions du fleuve ramassées à son embouchure. Aujourd’hui, à la place d’une ville d’une centaine de mille âmes, on ne voit plus qu'un misérable viilage d’une centaine d’habitants. (C’est là, en face de l’immensité de la mer qui se confond au loin avec le bleu du firmament, que s'est éteint le modèle des mères chrétienne, sainte Monique, entre les bras de son Augustin converti.

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