‹ Impressions de voyage [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 63 · BASILIQUE DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

BASILIQUE DE SAINT-PIERRE

Jeudi, 12 novembre.-—J’ai vu ou plutôt entrevu la basilique de Saint-Pierre, le chef-d'œuvre de tous les monuments anciens et nouveaux, sacrés ou profanes.

On nous dit souvent qu’on éprouve, lors-

ot,

qu’on y entre pour la première fois, un sentiment de désenchantement ; j’en ai fait l'expérience personnelle. On s’attend, en effet, à quelque chose d’extraordinaire ; l'imagination se surprend à se figurer des contrastes frappants, des effets étranges, inconnus. Il n’en est rien ; les proportions y sont si admirablement gardées qu’on ne se croit pas en présence d’une œuvre aussi merveilleuse.

C’est une toile représentant un monument, mais diminué et sans profondeur.

Pour faire ressortir la perspective et donner aux objets leurs véritables proportions, prenez une loupe et examinez de près. De même, il faut l’étude, l’application de l'esprit et des visites réitérées pour comprendre la basilique Vaticane, en saisir tout le relief, et lui trouver son cachet de grandeur unique au monde.

D'ailleurs, le génie d’un Bramante ou d’un Michel-Ange serait nécessaire pour

Basilique de Saint-Pierre 15 juger de l’œuvre qu’ils ont conçue et que les siècles ont accomplie.

l'édifice est immense. On a construit dans Rome, à l'intersection des rues du Quirinal et des Quatre-Fontaines, une église de la grandeur de l’un des quatre piliers qui soutiennent le dôme. Et cependant ces quatre supports, qui pour raient à peine tenir dans une cathédrale, nous apparaissent comme des piliers ordinaires.

Quant à la richesse des ornements, c’est quelque chose d’inouï. On rencontre des églises, relativement petites, comme celles de l Annonciation à Gênes, de Notre-Dame-Des-Victoires à Rome, qu’on s’est plu à embellir avec une magnificence qui éblouit les regards. Dans Saint-Pierre les ornements sont prodigués avec non moins de profusion, de sorte qu’il n’y à coin ou recoin qui n'ait été l’objet d’une attention toute par-

ticulière, et l’on ne sait qu’admirer le plus, de l’immensité de l'édifice, ou de la richesse des ornements, ou du fini aitistique des moindres détails.

Les abords de Saint-Pierre sont protégés par une magnifique place qu’entoure une quadruple rangée de colonnes espacées de manière à laisser entre chacune d'elles un large chemin carrossable. Elles sont disposées en forme d’ellipse,de sorte qu’en se plaçant dans la cour, au foyer, on ne voit plus qu'une seule rangée de colonnes.

Si la basilique Vaticane représente l Église de Jésus-Christ, ne pourrait-on pas comparer les colonnes de la cour d’enceinte aux cérémonies du culte extérieur ?

Elles apparaissent nombreuses et de différente nature, si on les examine séparémeñt ; mais elles présentent un ensemble merveilleux et se réduisent à l'unité, si on les considère au point de vue du culte

que nous devons rendre à Dieu et à ses saints.

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