SCENE XVIII
OLYMPE, GAMBILLARD; puis ch Paysan, olympe, le faisant pirouetter sur lui-même.
Anastase!
gambillard, d’un air indifférent.
Qu’est-ce î Ah î c’est vous?
olympe, d'un petit ton de reproche , et le forçant de redescendre la scène.
Savez-vous que c’est bien vilain ce que vous m'avez dit?
gambillard, l’imitant.
Savez-vous que ce n’est pas bien joli ce que j’ai vu? (Brusquement.) Laisscz-moi! vous voyez à mon costume que j’ai des intentions... un peu meurtrières. (Il fait quelques pas vers la droite et , s’embarrasse dans son sabre.) Ce sabre est d’une longueur pénible!
olympe, d‘un air suppliant .
Anastase !
gambillard.
Plus d’Anastase oour vous! adieu I
Il remonte vivement la scene.
olympe, l’arrêtant lorsqu’il est au fond.
Non, tous ne partirez pasl vous m’entendrez 1 je veux me justifier.
Elle l’arrête malgrélui, et, le poussant violemment, elle le fait courir jusqu’à l'avant-sccne ; il ne se retient qu’b l’aida de son bâton Terré, qu’il pique en terre. Olympe effrayée court après lui et le relient, émue de l'idée qu'il aurait pu tomber.
CAMB1LLABD.
Ah î grand Dieu ! (A pari.) Je ne suis pas fâché qu’elle me retienne un peu, olympe.
M. Paul ne m’aime pas, je ne l’aime pas, et je puis d’un mot vous faire revenir de vos préventions A mon égard.
Elle pleure.
gambillard, s'animant graduellement.
D’un mot! eh bien! dis-le,Ce mot! dût-il avoir quatorze syllabes et être plus duré prononcer que le nom de M. Schné-itz-ho-ef-fer de l’Opéra, disle, dis-le! je l’entendrai avec plaisir. (Tendrement.) Car si je suis ton petit Anastase, tu as toujours été ma petite Olympe. Mon Olympe I où je voudrais être Dieu! et m’enivrer... de malvoisie. (Dans ce moment un paysan , qui vient d’entrer par la gauche , remet furtivement à Olympe un billet; Gambillard, qui s’en aperçoit, sort tout-àcoup de son espèce d'extase, en criant d’une voix forte :) Qu’est-ce que c’est que ça?
Le paysan sc sauve.
olympe, toute troublée et tenant le billet.
Ça?
Ça!
OLYMPE
Pour mon oncle, sans doute!
GAMBILLARD.
Mensonge 1 (Lui saisissant la main et prenant le billet.) Voilà!
OLYMPE
Ce que vous faites là est abominable I gambillard , tranquillement.
Nous sommes manche à manche. (Il s'éloigne de quelques pas et se trouve à cheval sur son sabre.) Dieul que ce sabre est donc incommode! il me fera tomber 1 (Lisant à demi-voix tandis qu’O lympe lit par-dessus son épaule.) « A la chute du » jour, à la villa Torello, trois coups dans la main, u la fenêtre s’ouvrira. De la prudence! (Olympe exprime par vit geste qu'elle a lu.) (Haut.) Horreur ! je pouvais encore vous pardonner votre manière d’étre avec ce spadassin, parce que je médisais: (d’un ton léger) Bab! eb bien! quoi? pou! (Avec fureur.) Mais à présent...
olympe, avec vivacité.
Tenez, laisscz-moi tranquille, vous m’étes insupportable!
deschamps, appelant du dehors.
Olympe! Olympe!
olympe, s’emportant , à Gambillard .
Oui, je suis lasse de vous, à la fin 1 Vous m’avez pris cette lettre , gardez-là , ça m’est bien égal ; mais si vous avez le malheur d’en abuser, vous verrez! Autant je vou* aimais, autant à présent je vous z- hais . Adieu!
dsschamps, hors de vue
Olympe! allons doncl
Elle tort par U gauche.
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