SCENE VIL
GAMBILLARD, seul d’abord; puis PAUL, à la fenêtre du cabinet.
CAHBILLARD.
J’ai 3,400 livres de rente, et un grand avenir littéraire... ch bien 1 jo déclare quo, pour m’en aller, j’en donnerais une forte partie. {Il va à la porte, qu’il essaie vainement d’ouvrir.) Pas moyen, je suis clos...
Paul, dans le eabinet, ouvrant le rideau.
Je n’entends plus parler ! sont-ils partis ?
GAmiLLtiu), marchant avec agitation.
Quelle position ! et je passe pour autrui !... ah I je voudrais seulement faire un trou... un trou... énorme à la muraille... et m'en aller par 14 ... comme ce fameux prisonnier de la Iiasttllc... c'est Ça qui me ferait un fort chapitre!
mol, regardant avec précaution.
Mais c’est Gatnbiliard., . comment est-il ici!
•tnnuu.
Oh ! que je ferais dresser de cheveux . sur des
tdtes... en poétisant un peu cette démolition !...
(Avec désespoir.) Et pas une pioche sur moi!., j* ne possède qu'un canif... (Il tire u „ canif de ,a poche.) Tiens, j'ai perdu la lame... allons, bien, il ne me manquait plus que ça... ch bien I raidissons-nous contre le sort... et puisque je ne nui. pas sortir... '
Il s'agite violemment et s'iusiod ensuite 4 la table 4 gauche, uct, à pan.
Qu’a-t-il doue 4 gesticuler ainsi?
OAMBiLtsan, avec fierté et d une voix éclatante.
Ne volons pas mou siècle, ne le privons pas de mes faibles essais... (iltirc de sapoche ion portefeuille et le place su r la table) qu'il apprenne les choses noires qui me sont arrivées aujourd’hui. (Il écrit et lit en mime temps.) « Une jeune fille qui m'avatt vu danser la Tarentule s'éprit do moi et me lança un de ces longs regards qui veulent direle t'attends ce soir 4 la villa Torello, sur les huit heures , huit heures et demie. Jo me rendis de pied 4 cet établissement. A mon arrivée la jeune beauté m'accueillit avec un petit sourire qui me laissa voir... toutes ses dents... blanches et rangées comme les touches d'un piano de Plcyel... > (A lui-même.) C’est assez poétique ceci. ( U écrit .)
• Mais moins grandes. Un repas somptueux me fut servi , et je me livrais 4 toutes les joies que comportait la situation, lorsqu'au milieu d'une meringue... (il mange de la meringue) je me vois cerné par dix brigands, sortis des fentes de la muraille, commode hideux cloportes; c’était la troupe de Trombolioo, ce redoutable chef de bandits, que j’avais blessé la veille... (il boit) dans son amourpropre. Ces misérables font feu sur moi tous ensemble... par un bonheur inoui, pas une balle ne m'atteint; alors, ils veulent me poignarder. Exaspéré par ce... procédé, je tombe sur eux j'en tue., .*> (A lui -même.) Voyons, combien?... quatre! ob I quatre, c’est bien peu... ( Ecrivant. ) « Oh ! j’en lue sept de ma rnaiu , j’en blesse trois... les autres m’écrasent sous leur nombre, et je me vois désarmé au milieu de cotte scène de carnage. > pacl, a part .
Abominable menteur !
gahbillabd, écrivant toujours.
• Obi qu'alurs ma position devint pénible!...»
(zd lui~même.) Abï voila uo bon mouvement cl bourré, bourré d’inlérél... (Il reprend avec emphase.) . Ob ! qu’aiors ma position devint pénible!... " (A lui-méme.) Si je fourrais un petit peu de lune l4-dedans? oui. (Ecrivant.) » La lune...
(U l'arrête un moment et cherche ce gu' il ta écrire) la lune... diable! ah ! la lune projetait ses rayons blafards sur les faces livides de mes quatorze viciimes... » (A lui-même.) Un instant... (il compte sur scs doigts) nous disons: sept morts et trois blessés, ça ne fait qoe dix; il me manque quatre morts... ou quatre blessés... j’en ai déjà sept d’une part et trait do l’autre.. .ce c’est pas l'embarras.
je pourrais bien luer encore quelques blessés... mais , oh! oh! tant de tués que de blessés... non, c'est assez, il faut être exact... ( Il écrit.) « Les faces livides de mes dix victimes... Pendant ce terrible moment, les quinze autres brigands délibéraient sur l’usage qu’ils feraient de ma personne. »
( Il s’écrie tout coup d'un air effrayé. ) Grand Dieu ! mais c'est vrai tout ce que j'écris là... ( Frappant sur la table d’un air désespéré.) Ils sont là , ils prennent des mesures...
pacl, avec curiosité.
De qui donc a-t-il peur ?
cambillard, avec une inquiétude croissante .
Qu’est-ce que j'ai entendu? on marche ... [[Une musique très-harmonieuse et très-douce se fait entendre.) J'entends les bennissemens de je ne sais quel animal 1 Ils viennent... ( D’une voix éteinte )
Je suis perdu ! {Il crie avec désespoir.) On n’entre pas! il y a du monde!
Paul se retire,