‹ Impressions photographiques aux encres grassesChapitre 11 sur 38 · I - PRÉPARATION DES PLANCHES · texte numérisé non relu

I - PRÉPARATION DES PLANCHES

Les premiers essais de Poitevin ont été faits en étendant la couche sensible sur pierre lithographique ; mais le poids et le volume d’un pareil support était fort incommode, et depuis longtemps la pierre lithogra* phique a été mise de côté.

Plus tard, Tessier du Motay employa des plaques de cuivre, et c’est de cette façon qu’ont été obtenues les premières bonnes épreuves. Le zinc et l’étain ont été essayés ; mais le premier s’oxyde avec trop de facilité pendant les manipulations, et le second n’offre pas assez de résistance au foulage de la presse.

Les glaces épaisses furent essayées sans succès dès les premiers temps et abandonnées par suite du manque d’adhérence de la couche de gélatine. Mais elles ont été reprises lorsque Obernetter et Albert trouvèrent un moyen très simple d’attacher solidement la couche de

gélatine à la dalle de verre : c’est aujourd’hui la méthode la plus employée. Cependant, la plaque de cuivre donne peut-être plus de finesse, et c’est le procédé que nous recommanderons surtout à l’amateur, lorsqu’il voudra obtenir des épreuves irréprochables.

Procédé sur cuivré.

On se procurera chez un planeur sur métaux ( 1 ) des plaques de cuivre rouge pour Phototypie à surface finement grainée. Ces plaques doivent avoir de 2mm à 3mm d’épaisseur, suivant les dimensions de la planche, et la face grainée doit être absolument plane ; condition indispensable pour obtenir une couche de gélatine d’égale épaisseur.

Dans les premiers temps, il était difficile de trouver des plaques convenablement préparées, et il fallait de toute nécessité les dresser et les grainer. Les plaques polies pour la gravure au burin ou à l’eau-forte ne sont jamais absolument planes; et ceci ne fait absolument rien pour les tirages en taille-douce, le chiffon allant toujours garnir les noirs et le coussin de maculatures de la presse descendant toujours assez pour enlever l’encre. En Phototypie, au contraire, la moindre irrégularité dans le planage produit des inégalités d’épaisseur de la couche de gélatine bichromatée ; de là des irrégularités dans l’épreuve : les parties les

■(’) Cottens, rue de l’Estrapade.

plus épaisses absorbant l’humidité et prenant le noir autrement que les parties plus minces.

Il faut donc user de surfaces absolument planes, et il est bon de connaître les moyens de dresser uno plaque et de la grainer, dans le cas où l’on rencontrerait des planches à surfaces irrégulières.

Dressage. — Le dressage d’une plaque de cuivre est une opération longue et laborieuse, lorsqu'on s’attaquo à une surface brute ; elle est assez vite faite lorsque l’on n’a qu’à gagner des dépressions peu accentuées.

Sur une table solide on place une pierre lithographique, une plaoue de marbre ou une dalle de verre dressée, et sur elle on dépose la plaque de cuivre à dresser, face en dessus.

On se procure de gros morceaux dé pierre ponce que l’on divise en deux au moyen d’un trait de scie, afin d’obtenir une large surface plane; en général, les pierres ponces les plus grosses ne dépassent guère le volume du poing.

On prend dans la main droite cette pierre ponce préparée, avec la main gauche on maintient la plaque de cuivre ; on la couvre d’eau et l’on frotte dans le sens de la longueur de la plaque jusqu’au moment où par usure elle est devenue plane. Au commencement de cette opération, on s’aperçoit que les raies produites par le frottement de la pierre ne couvrent pas toute la surface de cuivre et qu’il reste des parties polies : ce sont là des creux qu’il faut gagner par l’usure des parties plus élevées. Sous aucun prétexte on ne doit

changer la direction du dressage et croiser les traits, comme la chose se fait dans les ateliers de mécanique. Pendant toute cette opération, on ajoute de l’eau au fur et à mesure, de façon à faciliter le passage de la pierre ponce; on évite ainsi les rayures profondes qui se produiraient si l’on opérait à sec, et l’on facilite l’action de la ponce.

Lorsque ce dressage est bien complet, on s’aperçoit quelquefois que la plaque de cuivre, surtout si elle n’est pas suffisamment épaisse, s’est cintrée dans le milieu et qu’elle ne porte plus que par ses deux extrémités. Il faut alors retourner la plaque et user la face postérieure avec la pierre ponce comme on l’a fait à l’endroit. Au bout d’un certain temps, on voit la plaque s’aplatir et porter partout. Mais, avec des plaques suffisamment épaisses, cet effet de cintrage est presque nul.

On lave alors la plaque et le support, pierre lithographique ou dalle; en s'aidant d’une éponge, on élimine toute trace de pierre ponce et l’on passe au grainage.

Grainage. — Celui-ci se fait au moyen d’une molette en verre et de sable de marbrier, passé au tamis. Il est bon de préparer à l’avance le sable tamisé, et voici comment il faut procéder.

Le sable est d’abord séché complètement au feu ou au soleil, car la moindre humidité empêcherait le tamisage. On passe tout d’abord la masse dans un tamis n° 100 et l’on rejette tout ce qui reste sur la toile.

Page 1