‹ Impressions photographiques aux encres grassesChapitre 12 sur 38 · C II A P. I · texte numérisé non relu

C II A P. I

On met le sable ainsi obtenu dans un flacon à large ouverture en inscrivant dessus le numéro du tamis. On reprend ensuite une partie de ce sable, on le traite au tamis 140 et l’on met également en flacon.

L’opération du grainage se fera en commençant avec le sable le plus gros et en terminant avec celui passé au tamis 140. Comme pour le dressage, on mouille abondamment la plaque de cuivre, on la couvre de sable en se servant du tamis n° 100 pour égaliser cette couche ; puis, avec la molette et sans appuyer trop fortement, on cherche à écraser ce sable, pour ainsi dire, en décrivant des cercles, car il ne faut plus frotter en ligne droite, c^mme dans le dressage, mais bien en lignes concentriques se recoupant sous tous les angles: Au bout d’un certain temps, la surface du cuivre devient grise et présente l’aspect d’un verre dépoli. Quand cet effet est produit bien uniformément, on lave avec l’éponge et l’on termine avec du sable n° 140. 11 ne reste plus qu’à laver et à faire sécher; la plaque est prête à recevoir la couche de gélatine bichromatée.

Il est bon, surtout en hiver, d’obtenir un séchage rapide, en faisant chauffer la plaque; on évite ainsi un commencement d’oxydation du cuivre qui pourrait nuire à la solidité de la couche.

Il ne faudrait pas exagérer l’importance de ce grainage, sa régularité n’est pas absolument nécessaire et il n’y a guère que les ouvriers de métier qui arrivent à griser régulièrement une planche de cuivre : quelques raies, à la condition qu’elles ne soient pas trop profondes, n’ont aucun inconvénient.

Nettoyage. — Mais ce qui est important, c’est d’éliminer totalement les parcelles de sable qui peuvent être restées emprisonnées dans les grains du cuivre. Sur les planches neuves cet effet ne se produit guère et les lavages enlèvent tout ; mais dans celles qui ont déjà servi, et dont le grain a été restauré, comme nous allons l’indiquer, il est rare que les lavages enlèvent tout, et ces traces de sable, quelque légères qu’elles puissent être, pourraient donner naissance dans la couche de gélatine à une infinité de petites bulles d’air qui restent attachées à la surface du cuivre et que rien ne peut enlever. Au tirage, chacune d’elles s’élargit et donne souvent des ampoules qui rendent le tirage impossible au bout de peu de temps.

On parvient à éliminer ces derniers grains de sable en passant sur le cuivre soigneusement lavé, un morceau de caoutchouc vulcanisé : gomme à effacer le crayon.

Ce nettoyage doit se faire en passant l’angle du morceau de caoutchouc sur la surface du cuivre, en appuyant fortement, et cela dans le sens de la longueur de la plaque. L’arête du bloc de caoutchouc pénètre par son élasticité dans les creux du cuivre et en chasse toutes les matières étrangères.

Telles sont les préparations à faire subir aux planches neuves, et voici comment il faut traiter celles qui portent une couche de gélatine ayant servi au tirage.

Restauration des plaques . — On mouille légèrement la gélatine avec une éponge, puis on verse à la surface une petite quantité d’essence de térébenthine ou d’es-

sence de pétrole; on frotte avec un chiffon, et toute l’encre s’enlève et reste adhérente au chiffon; on plonge ensuite la plaque dans une dissolution de potasse additionnée de chaux éteinte. Au bout d'un certain temps, la gélatine s’enlève avec la plus grande facilité. On s’aide, pour cela faire, d’un morceau de bois taillé en biseau et qui sert à racler la gélatine; sous aucun prétexte il ne faut employer un racloir en métal, on produirait infailliblement des raies. Enfin, au moyen d’une brosse en chiendent à filaments courts et par un frottage énergique sous l’eau, on arrache toute la gélatine.

La solution de potasse additionnée de chaux attaque fortement la peau, il faut donc éviter de tremper les doigts dans la cuvette ; on s’aidera pour retirer la plaque d’un crochet en fer.

On lave à grande eau et l’on donne un nouveau grain à la molette. Cette restauration du grain se produit rapidement sous l’action de la molette et du sable; elle élimine en même temps les particules de gélatine qui seraient restées attachées au cuivre. On lave, on passe au caoutchouc et la plaque est prête.

Lorsque, par une cause quelconque, on ne pourrait avoir à sa disposition des plaques de cuivre, on aurait comme ressource de se servir de feuilles de zinc épais, n° 18 ou 20, auxquelles on ferait subir les mêmes opérations. Mais il est difficile d’empêcher l’oxydation du zinc pendant toutes ces manipulations, il faut alors agir rapidement dans l’opération du séchage et passer au gélatinage le plus tôt possible.

Préparation de la couche sensible. — La gélatine, combinée à un sel de chrome, doit former la couche sensible, qui, sous l’influence de la lumière, aura la propriété de retenir l’encre d’imprimerie proportionnellement à cette action.

Dans les premiers temps de la Phototypie, il était difficile de trouver des gélatines de bonne qualité, et seules, les gélatines anglaises de Nelson donnaient des résultats réguliers. Aujourd’hui, il n’en est plus ainsi, et les gélatines de Coignet, Nelson, Drescher, Heinrich, Winterthur sont excellentes, mais il ne faut user que des sortes spécialement fabriquées pour les impressions; celles employées dans l’émaillage ou dans les préparations des plaques au gélatinobromure n’ont pas les qualités voulues.

Malgré tous les soins apportés à la fabrication des gélatines pour Photographie, elles ne sont pas toujours régulières, elles varient suivant la saison pendant laquelle elles ont été fabriquées. Les matières animales d’où elles sont extraites s’altèrent rapidement et, suivant la température et les conditions de conservation, elles arrivent à la chaudière plus ou moins altérées. Pour enrayer cette décomposition, les fabricants font usage de substances antiseptiques très diverses; et, malgré tous les lavages faits au moment de la mise en cuisson, il reste plus ou moins de ces substances : de là des variations dans la qualité des gélatines.

Avec un peu de pratique, on remédie facilement aux inconvénients qui peuvent se produire, et l’on corrige

Cn A P. I. — IMPRESSIONS SUR SUPPORTS RIGIDES. 45

par des mélanges les gélatines trop molles ou trop dures de tel ou tel numéro de fabrication.

D'une manière générale, on peut distinguer deux séries :

Les gélatines molles : Drescher, Winterthur, Coignet (super-extra).

Les gélatines dures : Nelson, Coignet (médaille d’or).

Les premières sont préférables en hiver, alors qu’en été elles ne donnent que des couches sans solidité : le plus souvent, on corrige ces défauts par des mélanges.

Il est bon de dire également que les gélatines se modifient en vieillissant, elles perdent peu à peu de leurs propriétés adhésives, surtout lorsqu’elles sont exposées à l’air humide. Il faut donc les conserver dans un endroit sec, et ne pas prolonger outre mesure {quelques mois) cette conservation.

La composition de la couche sensible n’est pas toujours la même, elle diffère surtout suivant la nature du support : nous ne nous occuperons ici que de celles destinées aux planches de cuivre.

On fait, dans trois vases différents (en porcelaine ou en tôle émaillée), les solutions suivantes :

( Eau

ï Gélatine Nelson

.... 120" 30sr

g $ ^au

( Colle de poisson . .

>-* |is«

G j Eau...

! Bichromate de potasse

(A) . Dans une éprouvette graduée cylindrique, on verse 120cc d’eau filtrée, puis on ajoute 30sr de gélatine Nelson, et l’on note jusqu’où s’élève l’eau dans l’éprouvette : pour éviter toute erreur dans la suite, on colle une petite bande de papier au niveau de l’eau. Après cinq minutes de contact, on jette cette eau et on la remplace par une quantité quelconque. On agite l’éprouvette de façon à bien laver la gélatine, et l’on renouvelle cette opération plusieurs fois; puis on laisse la gélatine se gonfler dans la quantité d’eau indiquée par la bande de papier, enfin on fait fondre au bain-marie.

(B) . La colle de poisson se lavera de même façon, mais on aura eu le soin de la couper en très petits morceaux ; sans cela, il faudrait un temps très long pour la faire fondre à l’eau chaude.

On ne doit employer que de la colle de poisson véritable, et non cette imitation qui sert à coller les vins. La colle de poisson que nous indiquons est celle qui sert aux brasseurs à clarifier la bière, et dont le prix est assez élevé.

On fait chauffer à feu nu le vase contenant la colle de poisson, en ayant soin de remplacer l’eau à mesure qu’elle s’évapore : la dissolution est longue à se produire et il faut faire bouillir assez longtemps.

(C) . Le bichromate de potasse est pulvérisé et dissous dans l’eau chaude.

Chose singulière, il paraît prouvé aujourd’hui que le bichromate pur des fabricants de produits chimiques

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