‹ Impressions photographiques aux encres grassesChapitre 18 sur 38 · X* IX · texte numérisé non relu

X* IX

serrage se fait directement sur la dalle, soit par des coins, soit par des vis dépréssion.

Lorsqu’on fait usage de coins, le châssis est disposé comme l’indique la fig. 11 ; a est une dalle servant de fond au châssis : elle doit être de dimensions plus grandes que la dalle à insoler, soit 21 x 27 pour un 15 x 21 ; b est le cliché : celui-ci doit reposer sur une cache en papier noir qui couvre la dalle de fond dans toute son étendue, afin d’éviter les coups de jour latéraux, que le cliché soit sur pellicule ou sur glace. Très

souvent on place directement sur cette dalle les pellicules et, dans ce cas, la cache sera fixée à la face extérieure de la dalle.

d, traverses contre lesquelles s’appuient les coins e,f, que l’on serre en s’aidant d’un marteau, et en frappant â très petits coups après avoir enfoncé les coins à la main le plus avant possible.

Avec le châssis à vis (fîg. 12), la manœuvre est plus facile, il faut seulement veiller à ne pas exagérer la pression donnée par les vis de serrage.

Les châssis sans planchette qu’il faut toujours employer avec les dalles doivent être placés pendant l'insolation dans une boîte sans couvercle, dont l'intérieur sera peint en noir, de façon à empêcher l’arrivée sur la dalle de toute lumière autre que celle qui a traversé le cliché.

Enfin il est bon de placer une feuille de papier végétal sur la dalle qui forme le devant du châssis; la venue de l’image est un peu retardée, mais elle semble plus régulière. Au soleil, cette interposition d’une feuille de papier est toujours nécessaire, sauf dans le cas d’un cliché de dessin au trait. La lumière, le soleil si on le peut, doit alors frapper directement sur la plaque sen- ' sible; il n’y a plus de demi-teintes à ménager, tout au contraire, il faut chercher à exagérer les oppositions.

Quoi qu’il en soit, le châssis ainsi chargé est placé au jour : lumière diffuse de préférence, sauf pour les gravures, et l’on pousse l’insolation jusqu’au moment où l’image est entièrement venue.

Lorsqu’on opère sur dalle de verre, on peut suivre la

CH AP. I

venue de l’épreuve à travers la dalle transparente. Pour vérifier Pétât d'avancement de cette insolation, on porte le châssis dans une pièce faiblement éclairée par

Fig. 12.

de la lumière blanche, et non par de la lumière jaune dans laquelle il serait fort difficile de distinguer l’image jaune elle-même de la gélatine bichromatée. On enlève le châssis de sa boîte et on le pose, face en dessous, sur une feuille de papier blanc. La pose sera suffisante lorsque toutes les demi-teintes seront bien visibles.

Avec les clichés sur collodion, il est assez facile de

se rendre compte de la venue de l’image; au contraire, avec les clichés au gélatinobromure, on a quelque peine à voir où en .est l’insolation; cependant, avec un peu de pratique, on arrive à apprécier exactement la venue de l’image.

Photomètre. — Lorsqu’on emploie les planches de cuivre, il n’est plus possible de suivre directement l’insolation, et il faut s’aider d'un photomètre.

On peut facilement construire soi-même cet instrument de la façon suivante : sur un verre 9 x 12 on colle une feuille de papier noir épais dans laquelle on aura découpé quatre ouvertures de lcm de côté, séparées les unes des autres par un espace plein de 5mm de large. On couvre trois de ces ouvertures d’une feuille de papier écolier mince, la première ouverture restant libre* La troisième recevra trois épaisseurs de papier et la quatrième cinq.

Lorsqu’on voudra faire usage de ce photomètre, on déposera le verre ainsi aménagé dans un châssispresse anglais et l’on placera contre les ouvertures une bande de papier enduit de la mixtion bichromatée dont les plaques sont couvertes. On aura donc le soin, a chaque fournée de planches, de préparer une feuille de papier avec la mixtion. Pour cela, on repliera en cuvette les bords d’une feuille de papier 13 x 18; on pose sur une glace, on couvre de gélatine bichromatée et l’on fait sécher à l’étuye*

Cette méthode est bien préférable à celle où Ton emploie des papiers au chlorure d’argent, car on com-

pare des couches identiques et qui se comportent de même façon à la lumière.

Le photomètre étant garni est exposé à la lumière en même temps que le châssis chargé ; au bout d’un temps qui varie avec l’intensité de la lumière, la case libre devient brune et indique l’effet produit dans les parties complètement transparentes du cliché; peu à peu les autres cases se teintent dans un temps proportionnel à l’opacité de l’écran qui les couvre.

En général, l’insolation est terminée quand la quatrième case est nettement marquée. Au tirage, on verra si l’insolation est juste, si elle est trop faible ou trop forte, et on modifiera le temps d’exposition d’une seconde plaque suivant les indications données par cet essai.

En général, les clichés moyens demandent une demiheure d’insolation à la lumière diffuse; mais c’est là une donnée très large et qui varie.

Une pose exagérée est préférable à une pose insuffisante et, par certains artifices de mouillage, on peut souvent tirer parti d’une planche un peu trop posée; tandis qu’il n’y a rien à faire avec une planche qui manque de pose.

Cependant, il faut savoir qu’on arrive assez vite à brûler la couche de gélatine en exagérant l’insolation outre mesure; dans ce cas, la gélatine ne peut résister à l’action du rouleau et elle se détache par écailles.

Cet accident se produit également lorsque la température de l’étuve a été portée à un degré trop élevé pendant le séchage : dans les deux cas, la couche de gélatine est brûlée.

Ciels. — Dans certains négatifs, le ciel trop opaque donne des blancs crus qui enlèvent complètement tous les effets de perspective aérienne ; il en est de même avec les ciels couverts de papier et rechampis. Il faut alors teinter le ciel sur la planche bichromatée, soit en lui donnant un dégradé régulier, soit en interposant un cliché de nuages. On opère dans ce cas comme avec les positifs ordinaires sur papier; il faut seulement teinter à peine la gélatine, car on aurait vite une surface absorbant trop d’encre et donnant un ciel trop chargé.

Insolation par le dos. — Les dalles doivent encore subir une nouvelle opération avant d’être mises au lavage, et il est indispensable de les insoler par le dos, afin de compléter la soudure de la couche sensible à la surface de la dalle, que celle-ci ait été recouverte d’albumine bichromatée ou de silicate de potasse.

Cette insolation a également pour but de diminuer la propriété de la gélatine d’absorber l’eau; sans cette précaution, la couche se gonflerait outre mesure, l’encrage serait difficile, enfin la gélatine pourrait s’arracher sous l’action du rouleau.

Les préparations sur cuivre ne peuvent subir cette insolation par le dos et cependant leur solidité est tout aussi grande que celle des couches qui ont été soumises à cette opération. Il semblerait que, dans ce cas, il y ait une sorte de combinaison chimique entre la couche et le support; le fait est que l’adhérence est telle qu’il est souvent difficile d’enlever la gélatine des surfaces de cuivre grainées.

Les dalles insolées seront disposées, face en dessous, sur une feuille de papier blanc et exposées àla lumière,

Fig. 13.

jusqu’à ce que l’image ait presque entièrement disparu sous une teinte générale brune. Il ne faut pas cependant pousser trop loin cette insolation par le dos, car la gélatine ne pourrait plus alors absorber une quantité d’eau suffisante lors^du tirage.

Une exposition de cinq à dix minutes, à la lumière diffuse, suffit en général.

Lavage. — L’exposition à la lumière étant terminée, on plonge les plaques dans l’eau, afin d’éliminer tout le bichromate soluble qu’elles peuvent contenir.

Le moyen le plus commode est de les placer dans une cuve en zinc, portant des rainures suffisamment larges (fig. 13). On renouvelle l’eau de quart d’heure en quart d’heure, .jusqu’au moment où elle coule claire, sans traces de coloration jaune. Dans tous les cas, il n’y a pas d’inconvénients à exagérer la durée de ce lavage, mais il est indispensable d’éliminer complètement les sels de chrome.

En été, cependant, quand la température est très élevée, la gélatine pourrait être altérée par un trop long séjour dans l’eau : elle n’aurait plus assez de corps pour résister à un tirage prolongé. Il faut alors laver rapidement et refroidir l’eau avec de la glace.

Séchage. — Les lavages étant terminés, la planche sera mise à sécher à l’air libre, en la plaçant sur un chevalet {fig. 14).

On évitera avec soin les poussières, et l’on mettra les planches à l’abri des rayons du soleil; on n’essayera pas également de hâter ce séchage par la chaleur.

Nettoyage. — Quand les planches ont perdu leur excès d’eau, on doit procéder au nettoyage du dos de la dalle. Quelque soin que l’on ait pris, il est difficile

CHAP. I

d’éviter que la gélatine ne passe au dos de la plaque;

Fig. 14.

elle forme là des épaisseurs qui pourraient amener le bris de la dalle lors de son passage sous la presse.

Fig. 15.

Pendant que ces îlots de gélatine sont encore ramollis, on les racle avec un couteau ou spatule ( fig . 15)

et l’on achève d’enlever les dernières traces de gélatine au moyen d’une pierre ponce. Avec une éponge mouillée, on nettoie minutieusement toute cette surface de la dalle et l’on met à sécher.

Ce nettoyage se fait très aisément quand la gélatine n’a pas séché une première fois sur la dalle ; il est, au contraire, long et laborieux si l’on attend pour faire cette petite opération.

Page 1