‹ Impressions photographiques aux encres grassesChapitre 24 sur 38 · FORMAT JÉSUS · texte numérisé non relu

FORMAT JÉSUS

55 x 76 de

20kg

le rame de 500 feuilles

FORMAT GOLQMBIER.

63 x 90 de

35ke

la rame de 500 feuilles

Le prix de ces papiers est de 90fr les 100ks.

Les papiers sans colle sont plus coûteux, mais ils donnent de plus beaux résultats, aussi sont-ils toujours employés dans les tirages soignés. Ils sont tantôt lisses, tantôt grenus; les premiers donnent' plus de finesse, les seconds plus d’effet ; on aura donc à choisir entre ces deux qualités, suivant le genre des images à imprimer.

Nous citerons comme excellent pour les épreuves de dimensions moyennes, le papier jésus sans colle de 40ks de la maison Aussedat, n° 6, et le raisin de 35ks n° 666; ces papiers coûtent 140fr les 100ks.

Les papiers rugueux, papiers torchon sans colle, donnent dans certains cas des épreuves superbes, mais ils fatiguent beaucoup les planches, la pression devant être augmentée très fortement.

Les papiers couchés, dits papiers porcelaine, donnent le maximum de finesse aux épreuves. En Amérique, ils sont presque exclusivement employés, mais il faut convenir que c’est là un abus et que, très sou-

vent, les papiers ordinaires sont préférables. Les papiers couchés sont, au contraire, indispensables lorsque l’on veut imiter les tirages photographiques aux sels d’argent; les épreuves doivent alors recevoir un vernis qui leur donne absolument l’aspect de la photographie ordinaire.

Ces papiers couchés sont enduits d’une couche contenant de la barytine ou de la céruse; ils ont parfois le défaut de coller à la planche; aussi ne faut-il employer que ceux spécialement fabriqués pour la Photocollographie.

Les papiers Japon sont de beaucoup supérieurs à tous les autres, ils donnent des épreuves superbes, mais ils sont d’un prix élevé, 600fr la rame. Heureusement, nos fabricants français sont arriyés à les imiter fort bien et à baisser les prix de moitié ; on en trouvera de spécialement faits .pour la Photocollographie chez M. Aussedat.

Quels que soient les papiers que l’on doive employer, on les coupera à l’avance au format voulu, avec ou sans onglet, suivant qu’ils doivent être insérés dans des volumes.

On aura grand soin de faire le tirage à l’endroit du papier et non à l’envers. L’endroit se reconnaît à son aspect uni, régulier; l’envers, au contraire, porte toujours la trace de la trame métallique de la machine. En regardant le papier à un jour frisant, on distingue facilement l’envers de l’endroit.

Les tirages se font sur papier sec, il est inutile de les mouiller, comme en typographie. Cependant, il est

quelquefois nécessaire de mouiller, mais très légèrement, les papiers torchon très épais.

Presse photocollograpbique.

Les premiers essais de tirages photocollographiques ont été faits sur la presse lithographique ordinaire; mais, sous l’action du râteau, les couches peu adhérentes des procédés primitifs s’arrachaient facilement. Pour éviter cet accident, on a eu recours à la presse manuelle des typographes; et trop souvent, la pression directe obtenue avec ce genre de presse était insuffisante, les petits formats pouvaient seuls se tirer ainsi.

Ce n’est que plus tard que l’on a eu l’idée, M. Quinsac, le premier, croyons-nous, d’utiliser les presses à cylindre, et, par ce système, tous les inconvénients des presses à râteau ou à foulage direct furent évités. La pression peut devenir aussi considérable que dans la presse à râteau, et l’action du rouleau sur la couche de gélatine est, en quelque sorte, une pression directe et successive, n’ayant nulle tendance à arracher la couche imprimante de son support.

C’est également par l’emploi du cylindre que les tirages mécaniques continus sont devenus pratiques; mais nous n’aurons pas à nous occuper de ces machines, notre Livre s’adressant exclusivement aux amateurs.

On trouve aujourd’hui, dans le commerce, plusieurs modèles de presses manuelles pour la Photocollographie : les unes à râteau, les autres à cylindre. Nous

laisserons de côté les premières, qui exposent trop souvent à des mécomptes, et, parmi les secondes, nous nous contenterons d’en décrire une seule, car elle nous paraît être par excellence l’instrument de l’amateur. Elle occupe peu de place, elle est d’un maniement facile, enfin son prix d’achat la rend accessible à toutes les bourses.

La presse Voirin [fig. 23) se compose d’un bâti en fonte, sur lequel sont établies deux glissières dans lesquelles viennent coulisser les nervures d’un plateau de fonte, sur lequel se place la planche à imprimer. Une crémaillère, commandée par une manivelle, permet de donner un mouvement de va-et-vient au plateau, et de faire passer la planche sous un rouleau mobile qui donne la pression.

Vers le milieu de la machine, deux coulisses verticales emprisonnent deux coussinets mobiles de bas en haut : ceux-ci sont percés de deux trous, dans lesquels viennent se placer deux portées cylindriques en bronze, commandées par un étrier qui peut leur faire exécuter un demi-tour. Chacune de ces portées est percée excentriquement d’un trou, qui donne passage aux tourillons d’un cylindre de foulage. En manœuvrant l’étrier au moyen d’une manette qu’il porte en son milieu, on abaisse le rouleau pour donner la pression, ou on le relève pour laisser passer librement la planche fixée sur le plateau de la presse. D’un autre côté, les deux coussinets mobiles sont attirés fortement en bas par deux ressorts à boudin, et donnent ainsi la pression au rouleau ; mais cette pression est, par ce fait, une près-

sion élastique, et c’est là la qualité maîtresse de cette

machine. Grâce à cela, on évite le] bris des dalles, et

l’on obtient une très grande régularité dans le foulage.

Le plateau de fonte, le marbre, comme on dit à l’atelier, est soigneusement dressé, et il porte des griffes mobiles pour caler les dalles gélatinées. Dans le petit modèle, 15 x 21, la hauteur du marbre est fixe, elle a été calculée pour l’emploi de dalles de lcm d’épaisseur; dans les presses de plus grand format, le marbre est mobile de bas en haut, et peut ainsi se régler suivant les différentes épaisseurs des dalles.

Un cadre mobile porte une feuille de caoutchouc, qui sert de coussin de foulage, et, en avant, un second cadre très léger (une frisquette) permet de fixer les caches qui doivent préserver les marges.

La presse se place sur une table un peu basse, et se fixe par quatre vis à bois; ou bien elle est montée sur un socle en fonte qui lui donne, par son poids, toute la solidité désirable ( fîg . 24).

On pourrait, à la rigueur, employer une presse lithographique ordinaire de petit format, en remplaçant le râteau par un rouleau. Dans ce cas, on disposerait les choses de la façon suivante : à chaque extrémité de la planche qui constitue la partie mobile du râteau, on fixera deux bandes de fer qui dépasseront la planche de 8cm à 10cm. Chacune de ces bandes de fer portera, à son extrémité libre, un trou de 2cm de diamètre, dans lequel passera l’axe du rouleau. Celui-ci pourra être en bois dur et lourd: ormeau, buis, cormier ou, mieux, en fer creux, soigneusement tourné au chariot et poli; son diamètre sera de I0cm à 20cm, suivant sa longueur.

De cette façon, la pression exercée par le rouleau sera équilibrée comme elle l’est avec le râteau ordinaire.

Tirage.

Nous supposerons que l’on fait usage de la presse Voirin; du reste, U sera facile de modifier les manipulations avec tout autre modèle, sans qu’il soit besoin d’entrer dans les détails de ces modifications : elles seront toujours peu importantes et faciles à combiner.

La presse, solidement fixée sur une table lourde, ou sur son socle de fonte, est placée près d’une fenêtre afin que le jour tombe librement sur le marbre, condition essentielle pour bien conduire l’encrage. On aura soin de rendre libres les abords de la presse, car il faut pouvoir passer le rouleau sur la planche dans deux directions perpendiculaires, il faut donc pouvoir s’approcher de la presse de deux côtés : en avant et sur un de ces deux côtés. Sur le marbre, on place une feuille de papier blanc, de la grandeur de la dalle à imprimer, afin de suivre plus aisément la marche de l’encrage; bien entendu, cette feuille de papier est inutile avec les plaques de cuivre. Sur la feuille de papier on dépose la dalle, et on la fixe au moyen des griffes; on serre fortement les vis de façon à éviter tout ballottage.

La planche à imprimer doit être placée bien exactement au milieu du marbre, afin de bien équilibrer le tout.

Si, au lieu de dalles de verre, on fait usage de

planches de cuivre, on aura eu le soin de préparer à l’avance une plaque de fonte dressée de même grandeur et d’une épaisseur telle que la plaque de cuivre et elle donnent exactement lcm d’épaisseur. A la rigueur, on peut remplacer cette plaque de fonte par une planchette en bois dur, exempte de nœuds et soigneusement tirée d’épaisseur : le chêne ou le noyer sont les meilleurs bois à employer dans ce cas. Le bloc ainsi formé se fixe sur le marbre au moyen des griffes, comme les dalles de verre.

Il est quelquefois nécessaire d’abaisser, à la lime, l’extrémité des griffes, de telle sorte qu’elles ne dépassent pas la surface de la planche de cuivre.

On peut encore fixer les plaques de cuivre par le moyen suivant : on prend un plateau de bois, préparé comme nous venons de le dire, mais plus grand que la plaque de cuivre, et l’on fixe celle-ci au moyen de bandelettes de bois ou mieux de zinc d’épaisseur un peu moindre que la plaque et d’une largeur égale au rebord qui dépasse la plaque de tous côtés; ces bandelettes sont fixées au panneau par des vis à bois à tête noyée*

La planche, convenablement mouillée, essuyée * étant solidement fixée sur le. marbre* on procède à l’encrage comme nous l’avons indiqué page 98. Lors-1 que l’image est venue à point, on pose les caches, c’est-à-dire des bandes de papier mince qui encadrent l’image.

Il est nécessaire, en effet, de préserver les marges* afin qu’elles sortent nettes et blanches au tirage; les caches permettent d’obtenir ce résultat ; celles-ci peu-

vent se poser à la main, ou bien être attachées à la frisquette.

Les caches posées à la main sont celles que l’on emploie dans les tirages d’essais ou à petit nombre d’exemplaires. A l’avance on aura préparé des bandes de papier mince, de texture très unie, d’une longueur supérieure de 4cm ou 5cm à celle de la planche, et un peu plus larges que les marges à préserver. Ces bandes de papier seront découpées au canif, sur une plaque de verre, afin d’obtenir des bords très nets sans la moindre bavure.

Grâce à l’emploi de la cache noire lors de l’insolation ( 1 ), l’image est déjà limitée sur la planche. Il suffira donc de poser les caches en suivant ces lignes, mais on veillera avec le plus grand soin à poser bien perpendiculairement ces bandes de papier. Elles peuvent ou bien limiter exactement l’image, et alors on les fera mordre un peu sur les parties encrées, ou bien laisser tout autour de l’image un encadrement qui se teintera légèrement au tirage et simulera une impression sur teinte chine.

Lorsque le tirage que l’on aura à faire sera un peu considérable, il vaudra mieux attacher la cache à la frisquette, de façon à ce qu’elle tombe toujours exactement à la même place.

La frisquette se compose d’un carton laminé blanc, fixé par des vis de serrage dans la pince mobile qui se trouve placée au-dessous du cadre de foulage. Ce car-

l1) Voir p. 28.

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