DEUXIEME PARTIE
C’est par le mouvement donné au rouleau que l’on obtient ce double effet : un mouvement lent, régulier et avec pression vigoureuse fait déposer le noir sur la planche. C’est par là qu’il faut commencer : le rouleau appliqué sur le haut de la couche est ramené lentement vers le bas, en appuyant fortement sur les poignées. Il n’y a pas à se préoccuper pour le moment des blancs et des demi-teintes, il faut d’abord garnir l’image. On encre ainsi trois ou quatre fois, en chargeant le rouleau sur la table garnie d’encre; lorsque le rouleau arrive au bas de la planche, on le relève pour le placer de nouveau sur le haut de la planche et non en le faisant agir en roulant en sens inverse de bas en haut.
L’encrage est fait ; il ne reste plus qu’à dévoiler les blancs et les demi-teintes, en dégageant l’épreuve par un mouvement rapide du rouleau.
En effet, le même rouleau, sans être nettoyé, peut reprendre tout le noir qu’il a déposé sur la planche, à la seule condition d’imprimer au rouleau un mouvement rapide sans exercer de pression.
On roule comme la première fois, c’est-à-dire en allant de haut en bas, mais en agissant vivement avec une grande légèreté de main et relevant toujours le rouleau lorsqu’il a atteint le bas de la planche.
C’est là tout le secret de l’encrage.
Un coup de rouleau rapide dégage le dessin s’il paraît trop couvert, un coup appuyé et lent renforce les demi-teintes qui ne seraient pas assez accusées.
Il ne faut pas oublier qu’il faut toujours commencer
l’encrage avec un rouleau très peu chargé d’encre; on n’arriverait à rien si, du premier coup, on voulait donner à la gélatine toute l’encre voulue pour avoir des épreuves d’intensité suffisante. Ce n’est que graduellement qu’il faut monter l’encrage; mais, lorsque cet effet est obtenu, on peut à chaque touche appliquer l’encre en quantité convenable.
Quelques précautions sont nécessaires pour lever la feuille de papier après le passage à la presse; celle-ci adhère plus ou moins à la gélatine et il faut agir lentement si l’on veut éviter les accidents : bris de la feuille, cassures de l’image ou arrachage de la gélatine.
Pour les petites épreuves, on lève la feuille en la saisissant par un angle; pour les grandes images, on relève en prenant les deux angles du petit côté.
Les papiers couchés adhèrent plus fortement que les autres et quelquefois ils collent tellement que la feuille se déchire; il faut alors enlever les débris adhérant à la planche en frottant avec une éponge mouillée.
Chaque fois qu’on aura à laisser une planche, que le tirage sera interrompu, on devra désencrer et terminer le nettoyage avec un mélange d’eau et d’éther que l’on aura le soin d’essuyer immédiatement. Pour recommencer le lendemain, on mouille comme nous l’avons indiqué.
Si l’on voulait conserver plus longtemps les planches, on désencre, on dégraisse avec le bain mouilleur à l’ammoniaque (voir p. 82), et l’on enduit à l’éponge avec le mélange suivant :