‹ Impressions photographiques aux encres grassesChapitre 32 sur 38 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

La juxtaposition bien complète de deux larges surfaces rigides est souvent difficile à obtenir, et, lorsque l’on doit faire usage des clichés sur verre ordinaire, il est peu aisé d’arriver à un bon résultat; bien heureux si le cliché ne se casse pas sous l’effort des vis de pression du châssis positif.

Plusieurs auteurs ont donc cherché à tourner cette difficulté en faisant usage d’une couche libre de gélatine bichromatée.

Edwards, le premier, puis Marion étendaient la couche sensible sur une glace cirée, séchaient à Pétuve et arrachaient la couche sèche de son support. Après l’insolation, ils collaient au caoutchouc cette lame de gélatine sur une planche de zinc, lavaient et tiraient comme à l’ordinaire.

Cette méthode, qui donnait cependant de bons résultats quand elle était pratiquée avec soin, a été abandonnée par suite de la difficulté d’obtenir une adhérence parfaite entre la couche de gélatine et le zinc.

Mais ce même principe a été repris, et deux méthodes, celle de l’Autocopiste et celle des pellicules de M. Balagny, sont aujourd’hui tout à fait pratiques.

Procédé de l’Autocopiste.

Dans ce système, la planche est formée d’une feuille de papier parcheminé recouverte de gélatine sensible; celle-ci, insolée et lavée, est tendue dans un stirator de construction particulière, encrée au rouleau et tirée à la presse verticale (presse à copier).

Préparation de la planche. — Le fabricant livre tout préparé et en rouleaux le papier parchemin recouvert d’une couche de gélatine, mais celle-ci n’est pas sensibilisée et il faut l’imbiber de bichromate.

On coupe une feuille de parchemin à la dimension de l’appareil, du stirator, par conséquent plus grande que l’épreuve à imprimer. On la plonge complètement, le côté gélatiné en dessus, dans le bain suivant :

Eau 1000"

Bichromate de potasse 20s1'

Pendant l’immersion, il est bon de passer sur la surface gélatinée du parchemin un blaireau très doux, pour enlever les bulles, qui, sans cette précaution, formeraient plus tard autant de taches.

Le parchemin doit séjourner dans cette solution environ deux minutes. On reconnaît que l’immersion est suffisante lorsque la feuille est assez ramollie,

assez souple pour pouvoir être appliquée parfaitement sur une glace.

Le parchemin, bien imprégné, est retiré lentement du bain sensibilisateur et étendu, face gélatinée en dessous, sur une glace préalablement talquée. A l’aide d’une raclette en caoutchouc, ou d’un rouleau de même nature, on chasse les bulles d’air en même temps que l’excès de liquide.

Le parchemin est alors mis à sécher à l’abri de la lumière et dans une pièce ou mieux une étuve assez chaude pour que la dessiccation puisse se faire rapidement.

Douze heures environ suffisent; on reconnaît que le parchemin est sec lorsqu’il se détache facilement de la glace en le soulevant par un angle.

Si la sensibilisation a été bien conduite, la feuille doit présenter une surface brillante, de coloration uniforme, sans traces de cristallisations : ce qui indiquerait que la dessiccation a été faite à une température trop basse.

Le bain de bichromate, soigneusement filtré et conservé à l’abri de la lumière, peut servir assez longtemps en hiver ; en été, il faut le renouveler souvent, sous peine de voir la gélatine se dissoudre pendant la sensibilisation et les couches manquer de sensibilité.

Pour obtenir une dessiccation plus rapide, on peut employer le bain suivant :

Eau... . 700 cd

Alcool* 300co

Bichromate de potasse 20^

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