‹ Impressions photographiques aux encres grassesChapitre 7 sur 38 · Formule à l’albumine · texte numérisé non relu

Formule à l’albumine

Eau albumineuse 50 cc

Miel blanc 4sr

Bichromate d’ammoniaque

PREMIÈRE r A R T I E. — CLICHÉS.

L’eau albumineuse s’obtient en mélangeant un blanc d’œuf avec un litre d’eau et 0sr, 50 de bichromate de potasse; on agite fortement le mélange et l’on filtre. Ainsi préparée, cette eau albumineuse se conserve quelques jours : moins longtemps en été qu’en hiver.

Les manipulations sont les mêmes avec ces deux formules : toutes les deux demandent que l’on élimine avec le plus grand soin toutes les poussières, tant que les plaques ne sont pas entièrement sèches.

On étend, comme on ferait du collodion, un de ces mélanges sur des verres ou glaces nettoyées et talquées avec soin; on laisse égoutter pendant une minute, en faisant porter l’angle ou l’arête inférieure de la glace sur un coussin de papier buvard blanc ou de papier Joseph, qui absorbe l’excédent du liquide.

Une fois cet excédent de liquide enlevé, on procède au séchage à chaud, soit au moyen d’une lampe à alcool, soit avec un fourneau à gaz brûlant au bleu. Aussitôt que la glace est sèche, et sans attendre, on procède à l’insolation, en l’appliquant sur le cliché à reproduire, placé dans un châssis positif; on serre avec précaution et l’on porte à la lumière.

L’insolation doit toujours se faire à l’ombre; elle varie de une à dix minutes, suivant l’épaisseur plus ou moins grande du cliché. Du reste, ces opérations sont si rapidement faites, qu’un ou deux essais auront vite donné le temps de pose exact.

On développe dans le cabinet noir, à la. lumière jaune; et celle-ci peut être assez forte, sans crainte de voiler le cliché.

RETOURNEMENT DES CLICHÉS

Ce développement se fait en frottant la surface bichromatée avec un pinceau pour aquarelle (à deux plumes), garni de plombagine porphyrisée et sèche. Il est donc utile de verser la quantité de plombagine nécessaire dans une capsule de porcelaine, et de chauffer sur une lampe à alcool, de façon à chasser toute humidité; on laisse refroidir et l’on plonge le pinceau dans cette poudre, en le tournant et le retournant de façon à l'imprégner de plombagine; on le secoue un peu pour faire tomber le trop grand excès de poudre.

La glace est retirée du châssis et, suivant l’état de l’atmosphère, on lui laisse prendre un peu de l’humidité ambiante, ou, au contraire, on la chauffe : ceci est affaire de pratique. La manière dont la couche se comporte au contact de la plombagine indique facilement s’il y a ou non excès d’humidité.

On passe, à la surface de la plaque, le pinceau imprégné de plombagine, en ayant soin de frotter légèrement et en décrivant des cercles. L’épreuve doit se montrer à peine à ce premier développement, si les noirs s’empâtent au premier passage du pinceau; la plaque est trop humide, il faut la sécher au feu. Après une minute d’intervalle, on recommence à passer le pinceau à la plombagine, en cherchant à rendre l’épreuve bien égale partout. Si l’effet désiré tarde à se produire, on place la plaque un instant au-dessus d’une cuvette remplie d’eau; mais il faut agir rapidement, carie mélange bichromaté est hygroscopique au plus haut degré. Peu à peu l’épreuve prend l’intensité voulue, et donne un cliché identique à l’original.

Un des grands avantages de ce procédé est de permettre de donner plus de valeur aux parties insuffisam ment venues dans le cliché primitif : effet qui se produit en passant un pinceau plus petit, chargé de plombagine, sur les parties à renforcer. Avec un peu de soin, on arrive ainsi à corriger des clichés durs, sans leur ôter cependant leur brillant.

Une épreuve uniforme, sans vigueur, indique une insuffisance de pose; au contraire, le manque de demiteintes, l’opacité des noirs sont produits par un excès en sens opposé.

Il peut se produire plusieurs accidents durant ces manipulations :

La liqueur sensible refuse de s’étendre régulièrement sur la glace.

Il suffit ordinairement de chauffer légèrement la plaque, et de diriger la liqueur avec le doigt; ce qui ne présente aucun inconvénient, à la condition toutefois que ce doigt ait été lavé avec soin et convenablement essuyé.

En hiver, quand la lumière est insuffisante et que la pose dépasse cinq minutes, et même moins, il faut toujours passer la plaque au-dessus de la flamme avant de développer. Il ne faut pas cependant chauffer trop, il suffit de chasser la buée qui se forme tout d’abord, de tiédir la plaque.

Par les temps froids, il faut insoler à l’intérieur de l’atelier, car les réactions seraient nulles si la couche bichromatée était exposée à une température trop basse.

RETOURNEMENT DES CLICHÉS

En été, au contraire, il faut placer la plaque bichromatée au-dessus d’une cuvette pleine d’eau, comme nous l’avons dit.

Le cliché ainsi produit est identique à l'original , mais les parties transparentes sont légèrement teintées en jaune par les sels de chrome qu’ils retiennent. Si le cliché primitif est heurté, cette teinte donnera plus de douceur et servira à le modifier avantageusement; mais, le plus ordinairement, il faut enlever ce bichromate, opération des plus simples et qui, cependant, n’est pas indiquée par les auteurs qui ont traité de ce procédé.

Sur le cliché, convenablement développé, on verse une couche de collodion à 1 pour 100; lorsque l’éther est convenablement évaporé, et avant que la couche ne soit absolument sèche, la plaque est plongée dans l’eau. Le bichromate se dissout et passe à travers le collodion ; on lave avec précaution et l’on fait sécher. Enfin, on vernit d’après la méthode ordinaire.

Procédé par renversement. — On peut encore obtenir des contretypes excellents pour la Phototypie en faisant usage de plaques au gélatinobromure traitées par le bichromate de potasse. Cette méthode, indiquée par le capitaine Biny, le commandant Fribourg, M. Léon Vidal, est devenue très pratique entre les mains de M. Balagny, et c’est à cet habile opérateur que nous empruntons le détail des manipulations.

Pour faire des contretypes, on peut employer toute espèce de préparations au gélatinobromure : plaques

CLICHÉS

sur verre, pellicules souples ou papiers; mais les pellicules sont plus commodes, car elles s’appliquent mieux contre les clichés; avec elles on n’a pas à craindre des pertes de finesse, accident qui se produit souvent en usant de plaques rigides, celles-ci n’étant presque jamais d’une planimétrie convenable. Enfin les vieilles plaques ou pellicules, celles qui ont vu le jour ou qui donnent des voiles peuvent être utilisées, le bain de bichromate dans lequel elles doivent passer fait disparaître tous ces défauts.

On prépare tout d’abord le bain suivant :

Eau filtrée 1000 cc

Bichromate de potasse 30 sr

L’opération du bichromatage est des plus importantes, puisque c’est d’elle que dépend le succès du contretype. Le bain de bichromate ne doit pas servir plus d’une fois, il doit donc être épuisé en une seule opération; celle-ci peut se faire à la lumière du jour, à la condition qu’elle ne soit pas trop forte; le séchage seul demande à être fait dans l’obscurité.

On trempe la pellicule ou la plaque en entier dans le liquide et on l’y maintient avec un pinceau jusqu’à ce qu’elle soit devenue bien plane, on l’abandonne alors dans le bain pendant cinq minutes. On peut mettre deux plaques à la fois dans la cuvette, mais il faut éviter de frotter les couches de gélatine l’une contre l’autre.

Au bout de cinq minutes, on retire les plaques et on les pose Tune à côté de l’autre sur une glace épaisse,

RETOURNEMENT DES CLICHÉS

préalablement mouillée avec une éponge, en les maintenant de telle sorte que la couche de gélatine bichromatée appuie directement sur la glace, afin d’avoir devant soi le verso des deux plaques.

Alors, avec une éponge, on enlève soigneusement tout le bichromate en excès. Cette opération ne se fera que sur l'envers des plaques. On rince son éponge, et l’on recommence l’opération, toujours sur le dos des plaques, avec de l’eau propre, et cela jusqu’au moment où tout le bichromate aura disparu.

Cela fait, on prend l’une des deux plaques, on la retourne et on l’applique sur sa voisine, dos à dos, de manière à ce que le contact soit complet, et que l’une ne dépasse pas l’autre. De plus, dans une cuvette d’eau froide mise à côté de soi, on aura eu le soin de faire tremper à l’avance une feuille de papier dioptrique. On l’en retire, puis, après l’avoir égouttée un instant, on la place sur la plaque de dessus, afin de la protéger, et, avec un rouleau de pâte (gélatine), on essore vigoureusement les deux plaques afin d’en expulser tout le bichromate en excès.

On enlève ensuite le papier dioptrique, on le remet dans la cuvette d’eau, et, saisissant les deux pellicules à la fois par un angle, on les pique ainsi toutes deux maintenues ensemble, dos à dos, contre une tablette du laboratoire.

Ce nettoyage doit être fait avec soin, afin d’empêcher le bichromate resté emprisonné entre les pellicules de continuer son action, ce qui amènerait des taches au développement.

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