‹ Impressions sur la peintureChapitre 27 sur 37 · CCXVII I · texte numérisé non relu

CCXVII I

La peinture à l’huile est bien au-dessus de l’aquarelle et du pastel ; le temps détruit les uns, et ennoblit l’autre.

Il faut se méfier du fusain, c’est un flatteur qui se contente à peu de frais ; le crayon est plus exigeant.

Le peintre de race ne se croit jamais arrivé ; il cherche constamment à élargir et à élever son art, même au-dessus de ses forces : c’est d’ailleurs, pour

un artiste, le seul moyen de ne pas défaillir, à un certain âge.

Les ateliers trop petits font faire trop petit.

CCXXI I

Le peintre en contemplation devant la nature doit la raconter en conservant la saveur de sa première impression.

CCXXI II

Un élève doit éviter d’embellir son modèle; il devrait plutôt le pousser à la charge, pour ne pas lui ôter de son caractère.

Il ne faut pas qu’un tableau de trop petite dimension nous fasse supposer que nous devenons presbytes.

CGXXV

Les réputations sont aisées à acquérir, ce qui est difficile, c’est de les rendre durables.

CGXXVI

Une trop bonne vue est souvent un don funeste chez un peintre, parce que la rétine s’affole en voyant trop de choses par le menu.

Les Américains ont des chefs-d’œuvre du XIXe siècle; ils ont, dit-on, l’amour de l’art japonais; s’ils arrivent à avoir un Louvre, avec leur caractère, leur esprit inventif en toutes choses, la vieille Europe est probablement destinée à accepter un jour une rénovation artistique de la jeune Amérique.

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