LUI
• Ce qui a été vite fait est vite vu, à moins que la dextérité rfe soit le résultat de longues et consciencieuses études.
Les peintres qui, malgré leur talent,
ne se servent plus de la nature m’inquiètent pour leur avenir.
On finira par lasser le public à force d’abuser des Expositions.
LVÏ
Les facultés ne sont pas des qualités artistiques.
■JLVII
Dans une peinture, c’est un art de savoir quelquefois s’arrêter à temps.
Quand on ne sait pas grand’chose, on désire toujours faire croire que l’on sait beaucoup.
Si l’on fait quelquefois très bien sans s’en douter, c’est qu’on a pu, par son travail, arriver à ce phénomène.
Dans un portrait, il vaut mieux laisser prendre une pose habituelle que d’en chercher une.
La critique d’art a un penchant à plus s’occuper du côté littéraire que de la partie technique.
Les tableaux péniblement exécutés, où l’on sent le labeur, régalent le public ; il en a pour -son argent.
LXÏ1I
Dans Part de la peinture, il faut être peintre avant tout : le penseur ne vient qu’après.
Un tableau, comme une jolie femme, a besoin de toilette.
Chaque peintre, si mauvais qu’il soit, a son petit public, et il s’en contente,
Avant de songer à plaire au public, il faut d’abord être content de soi.
Un peintre doit avant tout être un
peintre, et les plus grands et les plus beaux « sujets » du monde ne valent pas un bon morceau de peinture.
Géricault avec une seule figure raconte toute l’armée du premier Empire.
Le sourire est plus difficile à exprimer que les larmes.
Une vieille femme est plus aisée à peindre qu’une jeune fille.
Il n’est pas nécessaire d’aller en Orient chercher de la lumière et des motifs pittoresques. Tout est beau partout pour un peintre pénétrant.
L’artiste aime mieux peindre une blonde, parce que ses cheveux se marient plus harmonieusement avec la peau que les cheveux d’une brune.