‹ Imprimé par ordre du Comité de correspondance [microforme]Chapitre 2 sur 5 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

J'AI reçu hier des Copies attestécs des Résolutions de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, me nommant son Agent pour représenter ses intérêts dans ce Pays ; aussi, des Pétitions aux deux Chambres du Parlement, ainsi que des Extraits des Journaux de la Chambre, et le Bill nommant un Agent, passé par la Chambre d'Assemblée et rejeté par le Conseil Législatif,

Permettez-moi, Monsieur, d'offrir, par votre entremise mes remercîments à la Chambre d’Assemblée pour le haut hunneur dont elle m’investit en me confiant la garde de ses intérêts devant lé gouvernement Impérial, Je promets à la Chambre que le zèle et les plus grandes démarches ne seront pas épargnés de mon côté : cependant je ne puis défendre sa cause qu’avec toute ma capacité, et je dois espérer qu’elle sera prportionnée à cette tâche. Les dificultés qui s'offrent à moi, néanmoins, sont si grandes, les préjugés, les intérêts opposés à la cause du Canada sont si nombreux, si puissants, que je ne puis envisager sans inquiétude le dépôt qui m’est confié Mon principal soutien cependant, repose sur ma conviction de la bonté de cette cause, de la sagesse et de la formeté de la Chambre. Que l’Assemblée continue, ferme dans son but, qu’elle poursuive avec une énergie inébraalable la ligne de conduite qu’elle s’est tracée jusqu’à présent, et nous

À pourrons défier nos adversaires, nous pourrons délivrer le Canada de cette tyrannie harassante 2 quoique misérable, qui a si long-tems entravé sa marche, et qui est une honte pour la Mère-Patrie à quia permis, qui a protégé, dis-je, une si infâme domination,

Je ne puis m'empêcher de profiter de cette occasion pour rapporter solemnellement mon opinion

{ sur les demandes que vous êtes tenus de soutenir comme les défenseurs d’un peuple entier. Le

but que vous vous proposez est de construire un gouvernement convenable aux besoins et aux sentimens de ce peuple. En Amérique, aucun autre gouvernement que celui purement démocratique, ne peut réunir ces conditions. Toute prétention par laquelle on chercherait à vous imposer quelque espèce d’aristocratie que ce soit, doit être repoussé par vous. Le Conseil Législatif dès son origine a formé le moyen d’une telle prétention ; aussi vos efforts ne devraient jamais se rallentir que vous n'ayez déraciné cette misérable imitation d’une institution mortellement nuisible. Tous vos Si cette source n’est pas détruite, vos griefs ne cesse- Mettez fin au Conseil et ils expireront de suite,

Tous les autres objets devraient le céder à l’éminente entreprise de la suppression du Conseil. Rendez-le, si vous voulez, électif ; cela cependant me paraît une méthode maladroite de se délivrer d'un mal. Pourquoi, me demandé-je, la Chambre d'Assemblée et un Gouverneur ne suffiraient-ils pas au Gouvernement du pays ?

Pardonnez-moi d’exprimer ainsi mes opinions ; mon anxiété pour votre bonheur national me ser-

& vira, je l'espère, d’excuse suffisante. Croyez, Monsieur, à la parfaite considération que j'ai pour # le haut emploi que vous remplissez et pour vous-même personnellement, et que je suis, Votre % Obéissant Serviteur,

J. A. ROEBUCK

L'Honorable Orateur de la Chambre d'Assemblée. '

No. 2.

À Lettre de Mr. Rocbuck à Lord Glenelg, du 30 Mai 1835, mentionnée sous la lettre A dans la lettre

de Mr. Roebuck à Mr. Papineau en date du 6 Juin. LONDRES 30 Mar 1835.

Miconn, Ci-inclus vous trouverez copie des Résolutions qui m’ont été envoyées par l’Ora-

% tour de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, me nommant l’Âgent de ce corps dans ce pays.

Comme je suis chargé de faire quelques Communications au Gouvernement Impérial de la part de

4 la Chambre d'Assemblée, pourrais-je solliciter de Votre Seigneurie d’assigner quelque jour où je 2 puisse vous voir en la capacité d’Agent de la Chambre d’Assemblée.

Je reste Milord, &c.

J. A. ROEBUCK

Au Très-Hon. le Lord Glenelg.

No. 3.

Lettre de Mr. Rocbuck à Mr. Papineau, da 5 Juin 1835.

LONDRES 56 Juin 1835.

Los A la réception des Résolutions de la rene ne net son

er ses intérêts devant le Gouvernement Impérial, ainsi que des Pétitions con-

un do pl hr de sos griefs, et des extraits des journaux de la Chombre, Ne PARA minutieusement ses vues et désirs, je crus devoir solliciter une entrevue avec Lord GLENELG afin do faire certaines remarques autorisées par la Chambre ; dans ce but, j écrivis une lettre dont CS tu envoie la copie marquée A, demandant une entrevue en la capacité d'Agent de la Chambre . semblée. À cette demande, je reçus une réponse dont je vous envoie aussi copie marquée B, fixant hier pour l’entrevue, Lord GLENELG me recevant en qualité d Agent. Jofis alors un exposé des vues ct désirs de la Chambre, d’accord avec les instructions que j'avais reçues. Hicr au soir, je reçus une lettre de Sir Geonce GRey, me requérant de mettre sur papier l'exposé que j'avais fait

e vive voix.

ï une copie de la lettre de Sir Gronce Grey, marquée C, et de mon expos et ship Foninlenr D. J'espère que la Chambre trouvera que tandis que j'ai respectucusement expliqué 68 vues, j'ai aussi fermement insisté sur ce qu’elle croit et ce que je pense être ses droits et privilèges indubitables.

Jüsqu’à présent, aveun Gouvernour n’est annoncé officiellement, pas plus qu’une Commission ; nésnmoins, j'ai lieu de vroire que tous deux sont arrêtés.

Jeroste, Monsieur, avec respect et considération, &c.

J. A. ROEBUCK

No. 4,

Aperçu Tune Cotiférence entre Mr. Rocbuck et Lord Glenelz, le 5 Juin 1835, mentionné sous la léttre D, dans la lettre ci-dessus.

L î Pétition avait été transmise par la Chambre d'Assemblée, par le canal berne À vf omnhais pour être présentée à Sa Majesté, laquelle Pétition, je supposais, gvait été reçue. Lord GLENELG répondit qu’elle avait été reçue. Je dis alors que les représentations que j'avais à faire avaient rapport aux griefs dont on se plaignait dans cette Pétition ; quo je désirais soumettre en peu de mots à Sa Seigneurie le point de vue sous lequel l'Assemblée envisageait ‘ces griefs, et signaler certaines matières résultant de cette Pétition qui'avaient rapport à la Commission Royale qu’on était sur le point de fuire émaner.

J'observai que l'Assemblée désirait rencontrer cetto Commission dans un esprit de sage concilintion, mais qu’il fallait certains préliminaires pour créer un sentiment de confiance parfaite sur les objets réels qu’on se proposait par cette Commission.

La Chambre d'Assemblée considérait que le Parlement Britannique avait conféré au pays une Législatare pour régler'ses propres afüires intérieures, dans la croyance sagement entretenue que le peuple étuit le plus capuble de remplir cette tâche. Elle considérait aussi, et de hautes autorités aussi bien que la teneur‘entière du langage officiel venaient à son appui, que la Chambre d Assemblée était en réalité comme en apparence la Chambre des Communes du Bas-Canada : que le droit d’arrêter les subsides ‘était inhérent à la nature même d’un tel corps: qu’on lui avait toujours donné à croire, et qu’elle aimait à voir que Lord SranLey ci-devant Secrétaire des Colonies partageait son opinion, que ce refus des subsides était le mode régulier et constitutionnel au moyen duquel la Chambre d'Assemblée devait redresser les griefs dont elle pourrait avoir à se plaindre.

Je dis de plus que la Chambre d’Assemhlée avait en certaines occasions employé, suivant la dis. crétion qui lui était confiée, ce privilège “constitutionnel et indubitable qu elle avait, ct elle s0 plaignait et se plaignait amèrement que daus ce juste exercice d’un droit constitutionnel elle avait rencontré des obstacles, des entraves ét des vexations tant de la part du gouvernement impérial que de celle de l’exécutif de la Colonie.

Quelques uns des moyens employés pour l'entraver de la sorte dans l'exercice de ses droits ; moyens propres à affaiblir sinon à détruire l’influence morale de sa puissance comme représentant le -peuple, ‘allaient être par moi, dis-je.ulors, exposés et expliqués.

Dans une occasion où la‘ Chambre avait jugé à propos d'atlopter cette marche, le Gouvernement Impérial appuya-un projet par lequel.on tondait à renverser le pouvoir de la Chambre d Assemblée, en l’amalgamant-avec des-hommes dont on supposait les habitudes, les mœurs, le langage, la religion et les intérêts entièrement différens de ceux. du-peuple du Bas-Canada. Ce projet était celui par lequel on avait tenté l'union du Haut et du Bas-Canada. Ce projet manquant, on en suscita un autre dans le:même esprit, #t de la même tendance, c’eat-à-dire pour la destruction de la Chambre d'Assemblée. Cctte tentative, savoir, de changer la tenure des terres par l'autorité du Parlement

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