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Inauguration de la statue de Berlioz à Paris, le dimanche 17 octobre 1886

Au nom du Comité constitué, il y a quelques années, avec la mission d’élever un monument à la mémoire de Berlioz, j’ai l’honneur d’offrir aujourd’hui ce monument a la ville de Paris où Berlioz s’est illustre et ou 1 e* moi , aux admirateurs du maître, à ses amis, connus ou inconnus dont les libéralités ont rendu possible l’accomplissement du vœu que nous avions formé, de l’acte de justice

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dont nous avions cru devoir prendre l’initiative. Je n’ai en réalité et je ne saurais avoir d’autre tâche que celle-là Encore faut-il, pour qu’elle soit remplie, que je remercie hautement tous ceux qui, sans acception de parti, — car il y a des partis jusque dans les arts, — sans distinction de nationalité ni d’école, ont concouru au succès de l’œuvre que nous avions entreprise ; tous ceux, — et le nombre en est grand, qui, à l’étranger comme en France, ont si bien compris que le génie d’un artiste supérieur impose la reconnaissance à chacun, parce que chacun profite des bienfaits qu’il a répandus. Que cet artiste honore plus particulièrement le pays où il est né,cela est certain; mais les rayons de sa gloire se projettent au delà des frontières comme l’influence de ses exemples et l’autorité de ses ouvrages dépassent la mesure de son existence pour se perpétuer dans le temps.

En confondant dans notre gratitude les hommes qui, d’un bout à l’autre de la France ou de tous les points de l’Europe, ont répondu à notre appel et se sont généreusement associés à l’hommage que nous voulions rendre, n avons-nous pas toutefois le devoir de reconnaître et de signaler à part nos obligations envers le sculpteur bien inspire dont le talent nous a donné un portrait physique irréprochablement fidèle et une image aussi véridique de l’organisation morale du maître, de ses coutumes méditatîves, de la vie secrète de sa pensée?

Berlioz renaît et nous est rendu tout entier dans cette statue qui se dresse aujourd’hui devant nos yeux, dans ces chants composés autrefois par lui pour célébrer d’héroïques souvenirs et qui, à l’heure présente, deviennent des

hymnes à sa propre gloire. Si l’on a pu avec raison plaindre le puissant novateur d’avoir été d’abord méconnu ou insuffisamment apprécié, — à la condition pourtant de se rappeler que l’Académie des Beaux-Arts au moins n’avait point partagé l’erreur commune; si Berlioz lui-même s’est vu dans une certaine mesure en droit d’accuser l’injustice de ses contemporains, assurément le voilà bien vengé et recommandé par tous à l’avenir comme il méritait de l’être : je veux dire comme un de ces artistes de haute race dont le passage ici-bas a laissé des traces fortement empreintes et dont le nom ne saurait périr.

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