‹ Inauguration du buste de J.-B. BoussingaultChapitre 2 sur 7 · MONSIEUR LE PRÉSIDENT, « MESSIEURS · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE PRÉSIDENT, « MESSIEURS

« J'ai l'honneur de vous remettre, au nom de ma famille, le buste de J.-B. Boussingault, mon grand-père. L'œuvre est de Dalou, et je suis heureux de pouvoir vous offrir au nom des miens, cette effigie.

« Ce n’est pas à moi qu'il appartient, Messieurs, de retracer la vie et l’œuvre de l’homme dont nous honorons aujourd'hui le souvenir ; je me bornerai à rappeler succinctement le rôle important que joua dans sa vie l’Ecole des mines de Saint-Etienne.

« Entré dans votre école à une époque où beaucoup de jeunes gens de vingt ans étaient des vétérans des campagnes de 1814-1815, et semblaïent tous avoir pris pour devise : la valeur n'attend pas le nombre des années, J.-B. Boussingault fit à seize ans sa première découverte : le siliciure de platine, et faillit du même coup incendier l’Ecole.

« [1 me conta souvent cette anecdote, lorsque j'étais enfant, et semblait avoir conservé aussi bon souvenir de l’incendie que de la découverte.

« [1 acquit dans votre Jeune Ecole, outre des amitiés durables et précieuses, une véritable maîtrise dans l’art du chimiste et de l'ingénieur, et en sortit tout armé pour la conquête de la gloire.

« La gloire vint vite et lui fut fidèle jusqu’à la fin. Parmi les innombrables anecdotes qu'il aimait à conter avec un talent dont se souviennent tous ceux qui l'ont connu, il faisait une place privilégiée à ses souvenirs d’'Ecole, et n'oublia jamais qu'il avait été mineur.

« J'ai retrouvé dernièrement une lettre qu’il écrivait à mon père, en 1875, et où il disait, à propos d’un travail sur le tungstène qu’il venait d'achever : « Je suis retombé dans le siliciure « de platine. Je m'étais occupé de ce siliciure en 1818, c’est ma

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« première découverte, et ce n’est pas sans une grande satisfac- « tion que mes yeux, plus que septuagénaires, ont vu se repro- « duire exactement les phénomènes que mes yeux de seize ans « avaient observés. »

« Estimant, Messieurs, que la brièveté est la première parmi les qualités que doit posséder un mauvais orateur, je cède la parole à des voix plus autorisées et plus expertes que la mienne. » (Applaudissements.)

M. Murgue prononce ensuite le discours suivant :

Discours de M. Murgue.

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