‹ Inauguration du buste de J.-B. BoussingaultChapitre 3 sur 7 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

« Les anciens élèves de l'Ecole nationale des mines de Saint- Etienne, dont je suis ici l'interprète, acceptent avec reconnaissance le marbre splendide que vous leur offrez au nom des enfants et des petits-enfants de J.-B. Boussingault.

« C’est pour nous une singulière fortune de pouvoir considérer cet homme éminent pour lequel ses contemporains ont épuisé tous les hommages, tous les honneurs dont la France dispose, comme un simple camarade. Sans doute, son point de départ a été le même que le nôtre ; mais pendant que, pour la plupart, nous restons attachés au terre-à-terre de l’industrie, avec ses obsédantes préoccupations de prix de revient et de prix de vente, lui a pris aussitôt son vol vers les sphères sereines de la science et s’est élevé si haut qu'il semble vraiment qu'il ne soit plus des nôtres. Cependant cette ascension prestigieuse ne lui à Jamais fait oublier l’école où il avait trouvé son premier laboratoire et où son amour pour la science avait reçu ses premières satisfactions. Dans ses mémoires rédigés vers la fin de sa vie, à l’aide de ses notes et de ses souvenirs, de nombreuses pages, pleines de verve et d'humour, sont consacrées à son séjour à Saint-Etienne, à ses travaux, à ses camarades, à ses professeurs qu'il poursuit parfois de ses railleries malignes, suivant la tradition chère aux étudiants de toutes les époques. Comme vous nous le dites, Monsieur, il aimait à rappeler ces souvenirs et lorsque, quelques années après sa mort, M”° Jules- Gustave Holtzer sentit à son tour les approches d’une fin proehaine, fidèle interprète de la pensée de son père, elle institua

en sa mémoire le prix Boussingault d’une valeur de 600 francs qui est remis chaque année à l’élève entrant à l'Ecole avec le numéro 1.

« Le buste de Boussingault est donc bien à sa place dans cette grande salle, centre de réunion des anciens élèves de l'Ecole des mines de Saint-Etienne, parfois aussi de l'élite intellectuelle de la cité; il y est surtout lorsque cette salle est envahie par l’essaim des jeunes qui, dans les intervalles de leurs joyeux propos, interrogent anxieusement le mystère de leur destinée. Quel plus grand exemple pourrait leur être offert des hauteurs qu'il est possible d'atteindre par la science, la conscience et le travail !

Nous vous remercions chaleureusement, Monsieur, ainsi que les membres de votre famille présents à vos côtés, d’avoir bien voulu doter notre Hôtel de cette œuvre d'art magnifique, évocatrice de si hautes pensées ; nous vous prions de transmettre ces mêmes remerciements à Ceux qui n'ont pu se Joindre à nous pour cette solennité : à M. Joseph Boussingault, retenu par un deuil cruel, à M° Crozet-Boussingault, qui a bien voulu m'accueillir avec une bonne grâce dont je lui sais un gré infini et me faire part de ses souvenirs, à M®% Mourier, à M.ei Me Stein, à M Jean Boussingault.

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