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par l'étendue de ses connaissances en chimie et en minéralogie ; aussi fut-il aussitôt désigné comme préparateur du cours de chimie. À partir de ce moment, le laboratoire devint en quelque sorte son domaine ; il y passait toutes ses récréations, tous ses dimanches, toutes ses veillées, poussant ses fourneaux avec une telle ardeur qu'un beau jour il mit le feu à l'Ecole. En arrivant le lendemain de bonne heure, il trouva les salles pleines de fumée et vit des flammes apparaître. Heureusement l'alarme fut donnée à temps, les élèves et le concierge se précipitèrent et la jeune Ecole fut sauvée.
« [Il exécuta dans ce laboratoire d'importants travaux ; en particulier il reconnut que le platine chauffé à haute température dans un creuset brasqué s’alliait avec le silicium. Gette découverte que M. Edmond Boussingault nous rappelait tout à l'heure fit l’objet d’un mémoire que son auteur présenta à Gay-Lussac, à son retour à Paris, et qui fut inséré dans les Annales de chimie et de physique. Il aimait à dire, sur ses vieux jours, que ce travail était ce qu'il avait fait de mieux dans Sa VIe. ;
« Les camarades de Boussingault, dont nous aimons à retrouver les noms sur notre Annuaire, étaient pour la plupart d’anciens élèves du collège, instruits, laborieux, gais compagnons ; parmi eux, Fournevron brillait par sa haute intelligence. D’autres étaient encore passablement incultes, des gouverneurs de mines, des ouvriers qui ne pouvaient pas toujours suivre les cours. Ges deux groupes correspondaient bien aux deux tendances qui s'étaient fait jour lors de la création de l'Ecole, et que M. Friedel nous rappelait récemment ; le Conseil général des mines n'avait en vue qu'une école de praticiens, de contremaîtres ; M. Beaunier espérait bien en faire une école d’ingénieurs ; tout devait dépendre de son recrutement. Or, après Fourneyron, Boussingault et le groupe de leurs amis, l’hésitation n'était plus possible ; l’école de Saint-Etienne ne devait former que des ingénieurs.
« L'argent n'abondait pas dans la bourse de notre camarade ; son père lui envoyait 50 francs par mois, auxquels sa mère ajoutait 10 francs en cachette, et ce taux ne fut jamais dépassé. Après avoir payé 39 francs de pension chez le père Pagat, et 10 francs de chambre, il lui restait 15 francs pour le blanchissage et les menues dépenses. Nos jeunes camarades trouveront sans doute que le prix de la vie a singulièrement augmenté de nos jours.