CHAPITRE II
FÊTES EN l'honneur DE CHAMPLAIN, CÉLÉBRÉES A SAINTES ET A HONFLEUR, FRANCE
Le siècle qui vient àe finir restera dans l'histoire comme le siècle par excellence des réhabilitatons, des anniversaires et des célébrations d'événements religieux ou nationaux. Dans tous les pays civilisés, il s'est produit de grands mouvements populaires pour ressusciter des noms injustement oubliés, et Ton s'est plu à évoquer de la poussière du tombeau de grandes figures méconnues ou mal jugées par leurs contemporains. On leur a dressé des statues, des monuments, et les arts et les lettres se sont partout donné la main pour accomplir cette œuvre de reconnaissance et de réparation.
Notre Canada-français a ressenti, lui aussi, les effets de cette tendance universelle. Québec surtout e'est lacquis la réputation d'avoir, plus que tout autre centre, pratiqué royalement ce cuite du passé, cette religion du souvenir. Nos fêtes centenaires, nos célébrations de glorieux anniversaires ont eu un grand retentissement, parce que notre peuple tout entier s'est associé à ces grandes manifestations et qu'elles ont revêtu un oachet de distinction, une splendeur et un éclat qui n'ont été surpassée nuUe part ailleurs. De toutes les gloires nationales dont nous avons fait pour ainsi dire l'apothéose, îl en est deux surtout qui ont reçu une consécration solennelle plus marquée : Laval, Champlain. Dans le cas du premier évêque de la Nouvelle-France, l'hommage a été plus discret, moins retentissant. Ne faut-il pas attendre, en effet, le jour où l'Eglise le fera monter triomphant sur ses autels ?
Mais pour Champlain, rien ne nous a empêchés de lui ériger sans plus de retards, un monument digne de sa mémoire, digne
du lespect et de l'affection que notre peuple entretient pour lui.
Au. moment même où nous délibérions à Québec, sur les proportions et la splendeur qu'il convenait de donner à ce tribut de reconnaissance nationale, notre enthousiasme éveillait eai Fmnce même de généreux éclios : à Saintes, d^abord, en 1893, et plus tard, en 1898, à Honfleur.
Par un heureux concours de circonstances, le représentant accrédité du Canada en France, l'honorable M. Fabre, a non seulement assisté à ces deux fêtes, mais il en a recueilli tous les détails et les a publiés sous sa signature, dans le Paris- Canada.
On aimera à lire dans ce chapitre et dans celui qui va suivre ces comptes-rendus où l'on retreuve le causeur charmant, le chroniqueur spirituel tant aimé de tout le Canadafrançais, et en particulier du public de Québec.