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notre belle fête nationale du mois dei juin. E conveinait en effet que cette Société, si soucieuse de nos gloires, si zélée pour tout ce qui touche aux intérêts de notre nationalité, prêtât son précieux concours aux organisateurs des fêtes du monument Champlain, et contribuât ainsi, avec tout Péclat qu'elle sait mettre dans ses démonstrations, à honooier dignement la mémoire du fondateur de cette cité, je dirai même plus, du père de la Nouvelle-Friance.
" Champlain, messieurs, vers qui se tournent en ce moment tous les regards, Fimmortel Champlain mérite toute notre estime et toute notre admiration. Je vois en lui la personnification vivante des plus nobles sentiments qui puissent agiter le cœur de Thomme : FamouT de Dieu et Tamour d^e la patrie. Oui, le fondateur de Québec a su unir en son cœur ses deux amours si bien faits pour s'allier l'un à iFautre. Il a aimé la France, l'ancienne et la nouvelle ; il a mis au service de son pays, avec tout l'empressement d'un fils dévoué, toutes les ressources de son génie militaire -et dia son immense talent d'organisation et de gouvernement. Il a porté au d-elà des mers la gloire du nom français, et assuré sur cette terre d'Amérique le règne impérissable d'une race qui compte parmi ses rois Charlemagne et St-Louis. En vrai chrétien, en patriote éclairé, Champlain ne séparait pas de son culte pour la France, de son amour pour le Canada, le culte et l'amour que tout enfant bien né de l'Eglise catholique doit à sa mère. Il plaçait même cet «autre culte, il élevait ce second amour au-dessus du premier ; car il comprenait que nous appartenoms à Dieu avant d'appartenir aux royautés, aux pouvoirs périssables de ce monde.
^' C'est l'honneur de la Saint-Jean-Baptîste d'avoir pris naissance sous le souffle de la même sublime pensée et des mêmes sentiments religieux. Connue représentant de l'autorité religieuse de cet archidiocèse, je vous félicite, messieurs,
de tout mon cœur, et je ne puis que vous exhorter à marcher toujours dans le sillon glorieux tracé par nos ancêtres, et que vous avez suivi jusqu'ici.
" Notre foi, notre dangue, notre religion et nos droits, voilà des choses sacrées que nous avons reçu des ancêtres, et qui forment l'héritage, le patrimoine national que nousr défendrons au prix des plus grands sacrifices. Que serions-nous, messieurs, sans l'Eglise ? On peut et on doit se le demander en un jour où l'on repasse en sa mémoire les événements du passé ; où en serionsrnous sans cette Eglise catholique qui a veillé sur notre berceau, qui nous a portés dans ses bras^ tenus i&ur ses genoux, instruits dans ses écoles, formés dans son sanctuaire à la pratique de toutes les vertus qui font le citoyen et 1© chrétien î
" Ce que l'Eglise a été pour nous dans le passé, elle le sera dans l'avenir pourvu que nous demeurions fidèles à ses enseignements et à ses directions. Cette fidélité aux traditions du passé, elle est inscrite comme devise gur le drapeau de la Société St-Jean-Baptiste, et c'est là pour nous, messieurs, un grand m'ôtif de foi et d'espérance. Tenons l'œil fixé sur cette devise, soyons fiers du sang qui coule dans nos veines, de la foi que nous professons. Travaillons d'un commun accord à maintenir intact l'héritage sacré dea ancêtres ; conservons pour nous-mêmes et cherchons à répandre, partout où is' exerce notre influence, le vrai patriotisme, ce ])atiiotisme élevé, généreux, éclairé, qui, loin d'exclure Dieu et l'Eglise, y puise au contraire ses plus nobles sentiments et ses plus puissantes énergies. En étant de bons chrétiens nous serons, par une conséquence nécessaire, d'excellents patriotes, des patriotes ardents, loyaux, convaincus, à l'exempHe des François de Laval et des Samuel de Champlain. "
Plusieairs parties de la procession ont particulièrement attiré l'attention de la fouJe. Le char portant le petit personnagie représentant saint Jean-Baptiste enfant, qui était esr
corté par la Garde Champlain, la vénérable relique du drapeau de Cajrillou, porté par ks zouaves pontificaux, avec escorte d'honneur par la Garde Chiamplain, la nouvelle Garde Montcalm, toute pimpante sous ses liabits de St-Cyrien. Parmi les excellentes musiques qui éparpillaient alternativement dans l'aur leur plu» joyeux aicctords, notons le corps d© musique de Lévis, qui accompagnait l'Union Typographique No 302 ; les corps de musique dies Queen's Own, de limoilou, de la Gard© Indépejidaute, de St-Thomas de Montmagny, de l'Union Musicale.
rermaiemt la marche triomphale d© cette imposante procession :
Un© nombreuse délégation de lai Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, avec bannière, drapeau et insigne^.
Le commiseaire-ordonnateur général de la Société Saiînt- Jean-Baptiste de Québec.
La musique die la G^ard© Champlain, l'Union Allet, les zouiavea pontificaux, avec te drapeau de Carillon, escorté d© îa Gard© Champlain.
Enfin, un personnage représentant Champlain, le héros du jour.
La Société Saint-Jean-Baptiste de Québec doit se féliciter d'avoir retardé au 21 septembre la célébration de la fête nationale.
En effet, tout le monde s'accorde à dire que jamais procession à Québec n'a été aussi imposante, sans même en excepter cell© du 24 juin 1880.
Il n'y avait pas, il est vrai, de chars allégoriques, mais une foui© énorme ; un© procession n'est imposante qu'en autaoït qu'iel]© est nombreuse, et cell© d'hier comptait dans sos rangs des milliers de personnes. [:
Et sur le parcours, une foule considérable.
On ne remarquait pas moins de sept fanfares dams le cortège.
Toutes nos sociétés nationales, religieuses et ouvrières étaient largement représentées. Chacun avait tenu à honneur de figurer, afin de rehausser l'éclat de la fête.
Parmi les nombreuses sociétés, nous devons mentionner tout particulièrement rUnion Typographique No 302. Elle était au giand complet, et précédée d'une fanfare. Les typographes ont, comme toujours, bien fait les choses.
Nous avons été heureux de constater que notre appel a été entendu : la ville de Québec n'a jamais été si bien pavoisée qu'hier.
Non seulement dans les rues du parcours de la procession, mais &ur presque toutes les résidences flottaient des drapeaux.
La température se prêtait admirablement à la circonstance : temps clair, soleil radieux, brise rafraîchissante.
L'église du faubourg St-Jean, où a été célébré le service religieux, était remplie de monde.