‹ Inauguration du monument Champlain à Québec le 21 septembre 1898Chapitre 3 sur 51 · TRÉSORIERS · texte numérisé non relu

TRÉSORIERS

p. -G. Lafrance, Caissier, Banque Nationale.

J.-C. More, Caissier, Banque des Marchands.

A partir de ce m'oment, la Société Saînt-Jeani-Baptiste cessa, comme corps, de s'occuper de ce projet, pour ne repar^tre en scène qu'au temps des fêtes de l'inauguration du monument, en 1898. Des considérations d'un ordre supérieur exigeaient cet effacement volontaire de sa part, qui n'était dicté que par le désir d'obtenir le ooncoura de tous les éléments de notre population.

Mais tous les officiers et la plupart des membres de la Société allèrent se confondre, avec une modestie qui les honore, dans les rangs de la nouvelle et plus générale organieation qui sera connue dans l'histoire sous de nom de " Comité du monument Champlain ".

Là, ils continuèrent de payer de leur personne, ils donnèrent leuaj temps, souscrivirent généreusement, firent souscrine le public, et travaillèrent de toutes leurs ft>rces à promouvaiT cette œuvre vraiment nationale.

Du reste, avec l'honoiiable juge Chauveau (1) comme président du comité du monument Champlaîn, n'était-ce pas encore, au fond, la Société St-Jean-Baptiste de Québec qui devenait, ou plutôt, qui continuait d'être Vàme dirigeante, le cœur de ce superbe mouvement, inspiré par la reconnaissance nationale.

Son nom seul ne résonnait-il pas dans nos assemblées publiques comme un claironi sonore, ralliant toutes les sympathies et tous les efforts pour en faire les instruments de cette glorification d'un héros non seulement canadien, mais aussi français ? Oui, ce fut une heureuse inspirationi que celle qui fit choisir comme président de Fœuvre du monument Champlain, le digne fils de celui qui avait fait si grande figure dans nos grandes démonstrations nationales, de l'illustre orateur, dont la superbe éloquence, servie par un goût délicat et les ressources d'un esprit richement cultivé, avait tant contribué à populariser chez nous le culte du passé et la religion du souvenir.

Monsieur le juge Chauveau, en s'identifiant avec l'apothéose du fondateur de Québec, nous apportait, avec l'édat d'un grand nom, un prestige personnel et une influence considérables, des relations de famille et d'amitié puissantes, avec, en outre, une activité indomptable et pleine de ressources', et un talent hors ligne pour l'organisation. Le jour où il accepta cette tâche difficile, le succès, de l'aveu de tous, flut assuré. Il s'y donna avec l'ardeur que nous lui connaissons, et le coup d'œil sûr qu'il fallait avoir pour mener à bonne fin ce travail qui n'exigea pas moins de huit années de labeur.

H a eu le rare bonheur et la satisfaction intense d'assister au couronnement de cette œuvre, qu'il avait faite sienne, et dans laquelle on est tenté de voir tout à la fois le tribut royal de gratitude d'un patriote au fondateur de la cité natale, au père de la pataie canadienne, et la continuation de l'œuvre paternelle, honoimage délicat d'une piété filiale qui voulait, pour

(1) Ancien président général de la Société Saint-Jean- Baptiste de Québec,

ainsi dire, nous remettre en mémoire le nom de celui qui, de nos jours, a tant fait pour exaller nos gloires nationales.

A la première assemblée du comité spécial, tenue quelques jours plus tard, le 19 décembre, sur la proposition du président, on nomma deux comités : l'un, le comité de direction, pour choisir le plan et le site du monument, Pautre, le comité exécutif, pour s'occuper des souscriptions, (b)

Dès le 15 novembre 1892, te président pouvait annoncer, à une séance du comité général, que le montant souscrit jusqu'à ce jour s'élevait à Ta somme de $16,174.50.

Deux ans plus tard, le 19 mai 1894, le» président fit connaître, à une assemblée publique des citoyens, les diverses circonstances défavorables, qui étaient cause que le montant des souscriptions était resté à peu près le même. D'-ailleurs Penthousiasme s'était un peu refroidi dans le public. Mais à cette séance, l'œuvre éprouva un regain de vie, dont les effets se firent sentir jusqu'à son parfait accomplissement.

Le 20 février 1895, il y eut séance du comité général. On adopta à runanimité le rapport du sous-comité (1), recommandant comme site du futur monument "le sommet du petit promontoire 6ur lequd se trouvait située l'extrémité nord de l'ancien fort Saint-Louis, ou en contrebas dans le talus de la colline. "

Voici au complet le rapport recommandant le choix de la Terrasse comme site du monument Champlain :

(1) Membres du sous-comité du monument Champlain chargé de choisir le site du monument : — Mgr. Laflamme, président, Mgr. Gagnon, Sir H.-Li. Langevin, l'honorable P. Gameau, Thonorable T. Chapais, S. H. le maire Parent, M. H. -M. Price, M. E.-E. Taché, M. Ernest Gagnon, Dr N.-E. Dionne, M. A. Campbell, M. J.-B. Laliberté, M. A. Evanturel, M. L. Brunet, secrétaire.

"Considérant que ce comité a été chargé par le comité général des souscripteurs au monument Champlaiin, d^étudier la question du site où doit s'élever ce monument et d'en faire rapport, et qu'il devient nécessaiie de faire connaître les démiairclies faites, les renseignements pris, et d'émettre une opinion sur le choix du site «le plus avantageux au point de vue historique et artistique» ;

" Considérant que depuis nombre d'années le site de la Terrasse a toujours été désigné par le public québécois pour Térection d'un monument à son fondateur, Champlain ;

"Attendu que les membres de la Société Saint-Jean- Baptiste, qui se sont occupés depuis déjà longtemps de cette question et qui ont pris l'initiative d'un monument en le confiant à l'honorable Alexandre Chauveau, l'un de ses anciens présidents, ont toujours eu l'ioitention de conserver œ site de la Terrasse pour ce monument ;

"Attendu qu'à plusieurs reprises, lorsqu'il s'est agi d'élever d'autres monuments, les citoyens de Québec et la Société Saint-Jean-Baptîste, paa? ses membres, se Bont toujours efforcés de conserver cet endroit pour l'érection de ce monument ;

" Qu'au point de vue historique, Tendroit de la Terrasse est bien o?lui qui convient le mieux à Champlain, vu que c'est là qu'il a passé les dernières années de sa vie et qu'il est mort ;

" Que la Terrasse €st le site et la promenade par excellence de notre ville, et que tous les étrangers qui visitent Québec sont attirés par le point de vue incomparable que Ton obtient chi haut de cette terrasse, €t que depuis la construction du Château Frontenac, cette partie de notre ville est devenue et sera toujours le point d'attraction, non seulement pour tous les habitants de Québec et de ses environs, mais encore des étrangers venant d'Europe et des parties les plusi éloignées de l'univers ;

^^ Que ks alentours du Château, complétéa de quelques petits terrassements, prêteraient beaucoup à Fapparence et à la beauté du monument qui commanderait en même temps une excellente vue du fleuve ;

*^ Que si <îe site n'*est pasi choisi de suite, on y érigera plus tard quelque monument qui rappellera un souvenir moins cher au cœur des habitants du Canada, ce qui serait certainenuent contraire au désir die la grande majorité de ceux qui ont pris l'initiative de la construction de ce monument.

" Que ce comité, après avoir visité et fait voir les différents sites, par des hommes compétents en cette matière, est d'opinion que l'endroit de la Terrasse est suffisamment spacieux pour faire paraître avec avantage ce monument et le seul approprié à la circonstance.

'^Pour toutes ces raisons, le comité recommande que le monument du fondateur, non seulement de Québec, mais de toute la colonie, soit érigé sur l'emplacement de l'ancien fort St-Louis, dans le voisinage immédiat de l'extrémité nord de la Terrasse : qu'un rapport soit basé sur ces résolutions et que le comité prenne immédiatement le moyen de s'assurer ce terrain de la coirporation de Québec, et que aussitôt ce rapport «adopté par le comité général, des soumissions pour ce monument soient demandées par la voie des journaux anglais et français de Québec et ailleurs. "

Il fut aussi décidé de demander immédiatement des plans et devis, par la voie des journaux, et nous publions au long cet avis dans l'appendice (note c), ainsi que les instructions préparées pour les concurrents.

Le Conseil-de-ville de Québec avait déjà donné son assentiment à l'érection du monument à cet endroit de la Terrasse. (1)

C'est alors qu'il fut fait des démaiches auprès du gouvernement provincial, pour obtenir la permiesion d'ériger le monumeint sur le site déjà choisi : ce qui fut accordé sans délai^ en vertu d'un arrêté-en-conseil, en date du 25 mai 1895. (d)

A la séance du comité général, du 2 juillet 1895, le chiffre maximum du coût du monument fut fixé à trente mille piastres ($30,000.00), puis on adopta les plans et devisi qui avaient été soumis, et dl fut résolu de demander sans retard par la voie des joiirnaux, des soumiésions pour le monument.

Dans les premières semaines de 1896, le sous-comité soumit au jury d'examen, nommé par lui, quatorze maquette» et onze dessins.

C'était, en somme, un fort beau concours. Le jury recommanda, dans son rapport, la maquette exécutée par Messieurs Chevré et Le Cardonnel, le premier, statuairesculpteur, et le second, architecte, de la viUe de Paris. Le sous-comité accepta le rapport de la commission du

(1) A la séance du Conseil -de- viUe tenue le 21 octobre 1890, il a été :

Lu une lettre du président et du secrétaire-archiviste de la Société Saint- Jean-Baptiste de Québec demandant la permission d'ériger un monument à Samuel de Champlain, fondateur de Québec, sur le terrain situé entre le Bureaude- Poste et TEcole normale, et résolu, sur proposition de M. le conseiller Tessier et de Téchevin Rhéaume:

" Que ce conseil serait heureux de voir la Société Saint- Jean -Baptiste de Québec ériger un monument à la mémoire de Samuel de Champlain, tel que demandé par la Société St-Jean-Baptiste, et accorde le terrain demandé si la cité en est propriétaire,

Voici les noms des artistes sculpteurs et architectes qui ont adressé des modèles, dessins et maquettes, lors du concours, pour le monument Champlain :

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