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Il nous semble pourtant qu'à part le sentiment du devoir accompi, le seul fait que l’on marche sur les traces de l’évê que du diocèse, ou plutôt que l'on se groupe autour de lui,
| le seul fait qu'il s’agit d’une grande institution nationale, — na - | tionale dans son origine, nationale dans ses membres, nationale li dans ses intérêts, dans ses allures, dans ses aspirations, dars ses
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espérances, — d’une institution catholique, fondée sous les auspices de l'Eglise, canoniquement érigée, visiblement aimée et protégée par l'Eglise, ce seul fait, disons-nous. devrait amplement suffire à fixer nos volontés.
Qu'attendons-n,us pour nous réunir et travailler de concert ? Que des étrangers s'emparent du terrain, et nous imposent par nécessité ce que nous n'aurons pas voulu accepter de bonne grâce ? Oh! on l’a dit déjà et avec raison, si l’université Laval, au lieu d'être une institution vraiment nationale et canadienne, eût contenu dans son sein un élément étranger, il y a longtemps qu'on se fût soumis et qu'on eût ouvert généreusement la voie large devant elle.
Qu'avons-nous besoin, nous, Canadiens - Français, de remettre à des mains étrangères le privilége et l’honneur de couronner l'enseignement secondaire de notre propre pays ? Ce] D
Par quel vertige, habitants infortunés d’un royaume divisé contre lui-même, irions-nous demander à l'étranger, aux pro testants, disons le mot, le pain qui nourrit l'intelligence et le cœur ?
Par quel lâche respect humain aurions-nous honte de dire aux ‘nstitutions protestantes qui nous entourent: Souffrez que, nous nous instruisions chez nous. Une mère doit être capable de nourrir ses enfants !
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Et de quel droit nos concitoyens protestants nous reproche raient-ils d'avoir ici aujourd'hui ce qu'ils avaient déjà euxmêmes hier? Comment trouveraient-ils mauvais que nous vou lussions retirer de chez eux nos élèves, les frères de nos enfants ou les enfants de nos frères? Ont-ils plus le droit de les retenir ou de les convoiter que nous n'avons celui de les garder ou de les reprendre ?
Et quel est le jeune canadien, le jeune catholique digne de ce nom, qui voudra, tournant le dos à sa religion et aux siens, dé serter les tentes d'Israël, pour aller chercher à l'étranger ou au désert le pain qu'on lui offre abondamment au foyer paternel ?
Par quel comble de fatalité, enfin, irions- nous élever la folie de nos divisions intestines et fratricides ; jusque dans les hautes et sereines régions de l'éducation supérieure ?
Montréal n’a -t-il pas déjà assez souffert sous le rapport des études, des sciences, des lettres, par le manque de bibliothèques, de musées, de conférences publiques destinées à relever le niveau intellectuel d’une grande ville ? Aujourd’hui qu'on nous appor te au moins l’espérance, comment pourrions: nous la refuser ou repousser une union qui nous promet ce que l'isolement et la division n’ont pas réussi et ne réussiront jamais à nous donner ?
Non, il n’en sera pas, il ne peut pas en être ainsi. Les nuages qui s’agitent encore autour de l’université Laval à Montréal se dissiperont au souffle de la raison, de la foi et du pur patriotisme ; les obstacles qui bordent encore la voie s’aplaniront, les collines s’'abaisseront, les vallées seront comblées, et l’université Laval à Montréal, protégée d'en haut, bénie par l'Eglise et à couvert sous ses ailes, environnée de la vérité comme d’un bouclier, — qu'on nous laisse emprunter ici les expressions du prophète, — défiant la flèche qui vole au grand jour et les machinations qu’on prépare dans les ténèbres, ira ferme dans ses voies, et, comme portée dans la main des anges, elle ne heurtera pas son pied contre la pierre; elle marchera sur laspic et le basilic, et broiera sous son pied le lion et le dragon. Dieu sera avec elle dans la tribulation ; il l'en tirera à son heure : eripiam ewm ; la glorifiera : glorificabo eum; et la comblera de jours: longitudine dierum replebo eum.
Voilà ce que nous espérons. Non, c'est plus qu'un espoir “
æ'est ne attente, une ferme assurance *,
L'ABBé T.- À. CHaANDoONNET:.
* Déjà les cours de droit, — celui de droit romain, par l'hon. M. Chauveau, et celui de droit civil, par l'hon. juge Jetté, — se font régulièrement et sont suivis par quarante élèves, tous désireux de profiter des avantages qui leur sont offerts et de répondre aux intentions généreuses de l'Eglise et de lu patrie. Nous sommes heureux d'enregistrer ici les noms de ces jeunes gens, qui, par un heureux privilége, entrent les premiers dans la voie, et seront les prémices de l'université Laval à Montréal : Alfred Archambault, Joseph - Daniel Bergevin, Emery Bertrand, Joseph Bessette, Achille Bissonnette, Onésime Boisvert, Toussaint-Théophile Brosseau, Joseph Charbonneau, Joseph - A, Chauret, Arthur David, Joseph -Adélard Descarries, Achille Dorion, Joseph - Octave Drouin, Joseph - Ulric Eward, George Fortin, Thomas Fortin, Pierre - Eugène Lafontaine, David - Arthur Lafortune, Alexandre Lamirande, Joseph - Dominiqne Leduc, Zotique Legris, Stanislas Leroux, Théophile - Amable- Joseph Levasseur, Charles - Alphonse Léveillé, Au guste - Stephen MacKay, Louis - Godefroy Marsan, Richmont -L, de Martigny, Paul-G. Martineau, Pierre - Raymond Maïtineau, Cornelius McCully, Bruno Nantel; Joseph-Edouard Paradis, William Polette, Joseph - Alfred Rinfret, Edouard Robert, Ciétus -Joseph Robillard, Louis - Jean - Baptiste Saché, Jules- André Saint-Julien, Eugène Simard, Louis - Edouard Turgeon.