FRA
RARE hd is F4 à
ét En taste quamntegiéss nu ‘
Adolphe Dagenais, Ecuyer, Professeur titulaire ( Montréal), Docteur en Médecine, Professeur de Physiologie ;
Emmanuel- P, Lachapelle, Ecuyer, Professeur titulaire ( Mont réal), Docteur en Médecine, Membre associé - étranger de la Société Française d'Hygiène, Professeur de Pathologie générale ;
Arthur-G.-A. Ricard, Ecuyer, Professeur titulaire (Montréal), Docteur en Médecine, Professeur d'Hygiène et de la Clinique des Maladies des enfants à l'Hôpital - Général de Montréal, et chargé du cours de Botanique ;
J.- Alfred Laramée, Ecuyer, Professeur titulaire ( Montréar), Docteur en Médecine, Professeur de Clinique interne à l'Hôtel - Dieu et de ja Clinique des Maladies des vieillards à l'Hôpital - Général de Montréal.
Nous sommes heureux de publier aujourd'hui les discours qui ont été prononcés dans cette circonstance. Ils en diront plus que tout ce que nous pourrions écrire nous-même sur le caractère et la portée de cette solennelle démonstration."
On le sait, une université n’est pas une institution quelconque, mais un centre ou plutôt un principe de mouvement intellectuel et moral, dont il importe de suivre l’action et de répandre, aussi loin que possible, l'heureuse intiuence.
C'est pour cela qu’en France, dès que la justice eût eu gain de cause devant l'Assemblée Nationale en 1875, et que commencè rent à surgir, au souffle de l'Eglise, en face de l'Etat ensei gnant, les grandes universités libres, il y eut-un élan dans la presse, et qu’il se fonda un Courrier des Universités catholiques, bulletin universel de l’enseignement supérieur.
Ajoutons que la séance du 1er octobre avait une portée plus qu'ordinaire. Après l'inauguration religieuse de l’université Laval à Montréal, en janvier dernier, — à laquelle on n’a pas donné, selon nous, assez de publicité, — l'ouverture solennelle des cours de la Faculté de droit venait sanctionner pratique ment l’œuvre accomplie, et en indiquer clairement le véritable caractère. C’est ce que l’on ne manquera pas de voir dans les discours prononcés par M. le Recteur, M. le Vice- Recteur à Montréal, M. l'abbé Colin, M. C.-S. Cherrier, et surtout dans les belles paroles de Mgr l'évêque de Montréal.
ee éme à
Mgr de Montréal, en effet, qui avait présidé la cérémonie, à voulu la clore par une allocution, et apposer ainsi de nouveau, publiquement, le sceau de l'autorité à l'institution que sa ville épiscopale salue avec bonheur.
Voici ces discours.
Discours PRONONCÉ PAR M. L'ABBÉ THoMAS- ETIENNE HAMEL, RECTEUR DE L'UNIVERSITÉ LAVAL.
Monseigneur,
Messieurs.
En me voyant arriver ici et prendre la parole pour la première fois au nom, d'une institution qui, aux yeux d'un grand nombre peut-être, semble une institution étrangère, il est naturel qu'on ne demande quel est le caractère de mon entrée.
Est- cu la guerre que j'apporte à Montréal au nom d’une insti tution de Québec ? Est-ce la domination d’une ville rivale sur la grande métropole commerciale du Canada? Et — pourquoi n’aurais-je pas le courage de le dire ?— est-ce l’oblitération du sens catholique qui va s'étendre à un centre orthodoxe, juste ment jaloux de conserver intactes toutes les délicatesses de sa foi ?
Eh bien ! messieurs, hâtons-nous de répondre sur tous ces points, qu'un certain nombre pourraient peut-être encore croire faire partie du programme de Puniversité Laval à Montréal, comme on l’a dit de l’université Laval à Québec.
Non, messieurs, l’université Laval ne vient pas apporter la guerre. Issue d’une pensée généreuse, sortie d’une inspiration désintéressée du *vénérable vieillard qui se repose maintenant des longs et importants services qu'il a rendus à sa chère ville de Montréal, il est impossible que l’université Laval, à qui on a tant reproché son trop grand esprit de conciliation avec l'en nemi, puisse, en entrant ici, se proposer la guerre.
Le Canada catholique a trop besoin de toutes ses ressources pour chercher à diviser ses forces. L'union fait la force, dit la sagesse des siècles. Aa lieu donc de désunir les rangs, serrons- les
ere bre
autour d’une même cause sacrée, autour d'un même étendard, Si les intérêts matériels peuvent séparer les localités, faisons du moins taire toutes les rivalités de villes et de districts lorsqu'il s'agit d’une cause qui ne connaît ni les bornes du temps ni les frontières des Etats, la grande cause catholique.
Mais— je comprends qu'on a raison de me le demander, ne serait - ce que pour faire cesser tous les malentendus — quel est cet étendard autour duquel nous voulons rallier la jeunesse studieuse de Montreal ?
Pour répondre à cette question il suffit de dire au nom de qui nous venons ici ce soir. Nous venons au nom du premier pasteur de ce diocèse, désireux de suivre les instructions du Saint-Siége; nous venons au nom de celui que la mort à enlevé au respect et à l'admiration du pays, Son Excellence le Délégué apostolique ; nous venons au nom de la plus haute autorité religieuse du monde catholique, au nom dù Saint - Siége, au nom du Souverain Pontife, qui, dans :a bulle Znter varias sollicitudines, encourage tous les fidèles du Canada à se ranger autour de l'université Laval, dont il a daigné louer les jeunes services et le dévouernent à la cause catholique.
Est-ce assez, messieurs, pour faire connaitre l’'étendard sous lequel nous convions la jeunesse studieuse de Montréal? Peutêtre que non, car cet acte du Saint-Siége est un acte qui, de sa nature, n’assure pas l'avenir. C’est afin de prévenir toute crainte que le Saint-Siége, dans la bulle d’érection canonique, place l’université Laval sous la haute surveillance, spéciale et perpé tuelle, de NN. SS. les évêques de la province de Québec, pour tont ce qui concerne la doctrine et les mœurs.
Notre étendard est done l'étendard catholique, dans toute la force et dans toute‘ l'étendue qu'il est possible de donner
à ce mot.
A ce titre donc, messieurs, nous ne”sommes pas des étrangers, nous sommes des frères. Le nom de Laval que nous portons, et qui rappelle cet homme de Dieu dont la sollicitude pastorale s’'étendait sur presque toute l'Amérique du Nord, est, Dieu
. merci, un nom cher à tous les Canadiens et qui peut couvrir,
sans porter ombrage à personne, toute la province de Québec.
Enfin, messieurs, nous ne sommes pas des étrangers dans notre personnel enseignant à Montréal. Nos professeurs, en eftet, sont les enfants mêmes de la ville de Montréal, l'élite de vos concitoyens : ce sont les dévoués messieurs de Saint-Sulpice, chez qui plus de trente diocèses de l'Amérique du Nord vien nent puiser la science ecclésiastique ; ce sont, pour la Faculté de droit, les premiers citoyens, les premiers dignitaires de la ville de Montréal; ce sont, pour la Faculté de médecine, les membres de la profession médicale que la confiance publique de cette ville a depuis longtemps honorés de son suffrage.
Quant aux institutions universitaires déjà existantes à côté desque'‘les nous venons nous placer, nous ne voulons pas, non plus, leur déclarer la guerre. Répondant à un besoin que nos convictions religieuses ne trouvaient pas satisfait chez elles, nous ne leur ferons pas une concurrence déloyale, mais nous lutterons courtoisement avec elles en donnant plus de lecons, pendant un plus grand nombre de mois d'étude, et en cherchant à rendre de plus en plus sévères les qualifications nécessaires aux degrés.
Puissante organisation qui permettra de réunir toutes les forces autour d'un centre, non pas québecquois, mais canadien ; garantie perpétuelle sous une hienviellante tutelle qui, sans assurer l'infaillibilité, ne peut pas permettre de chutes mortelles ; appui et bénédictions du Souverain Pontife : voilà, messieurs, les titres avec lesquels l'université Laval se présente à vous, ce soir, et qui lui vaudront, nous l'espérons, votre chaude sympathie et l’affluence de la jeunesse canadienne ei catholique.
Je laisse maintenant la parole à M. le Vice- Recteur.
Discours DE M. L'apsé Micnez-Epouarb Mérxor,