VICE - RECTEUR DE L'UNIVERSITÉ LAVAL À MONTRÉAL
Monseigneur, Messieurs les Professeums Messieurs,
C'est avec les sentiments d'une joie bien vive, c'est avec les sentiments d’une profonde reconnaissance envers Dieu, que nous célébrons aujourd'hui cette première séance solennelle de l'université Laval à Montréal.
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C'est avec une joie bien vive, parce que nous savons que cet acte répond aux désirs du vénérable prélat de ce diocèse, et aux vœux des citoyens de cette grande et noble cité.
C'est aussi avec un profond sentiment de reconnaissance envers la divine Providence, qui a bien voulu faire disparaître les obstacles et les difficultés.
Oui, messieurs, grâce à Dieu, trois Facultés sont maintenant régulièrement organisées. La Faculté de théologie, dont l'en seignement à été confié aux vénérables prêtres de Saint-Sulpice, voit déjà assister à ses leçons un grand nombre de jeunes théolo giens, et la Faculté de droit, dont nous célébrons spécialement ce soir l'inauguration, va incessamment commencer ses cours. Quant à la Faculté de médecine, espérons qu'elle sera bientôt en état de donner aussi ses lecons.
C'est encore, messieurs, avec une ferme confiance dans l’avenir, que nous ouvrons cette première séance publique. En effet, l'université Laval, bénie par le Saint-Père, agissant sous les auspices du premier pasteur de ce diocèse et sous la haute sur veillance de NN. SS. les évèques de la province de Québec, appuyée sur la science et le dévouement de ses zélés professeurs, l’université Laval deviendra, sans doute, à Montréal, un nouveau centre d'activité intellectuelle. Sens doute, on verra bientôt se presser auprès de ses chaires cette brillante phalange d'étudiants catholiques, avides de s’instruire, si nombreux et si recomman dables, que compte déjà dans son sein cette grande et noble cité, et auxquels beaucoup d’autres ne manqueront pas de se réunir. Soumise aux règlements et aux constitutions de l'Université, — règlements et constitutions formellement approuvés par le Saint- Siège et par l’épiscopat, — attentive aux savantes leçons de ses
professeurs, cette studieuse jeunesse viendra ici s'initier aux principes de la vraie science ; elle s’y affermira dans le goût et l'habitude salutaire du travail, dans la pratique d'une vie chrétienne, et ainsi elle se préparera à elle-même un sérieux et solide avenir, tout en se rendant capable de bien servir la patrie.
Nous Je savons tous, messieurs, «les espérances de l'avenir reposent sur les générations nouvelles. »
Soit qu'il s'agisse de purifier, de renouveler une société dont la foi s'est malheureusement affaiblie, et dont les mœurs mêmes
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se sont altérées au soufïle délétère de l'impiété et des mauvaises doctrines ; soit qu'il faille aider au developpement régulier et au légitime et vrai progrès d'une nation encore ieune ; soit enfin qu'il r’agisse de lutter contre les attaques et les enva hissements du mal, de préserver le précieux trésor de la foi, la pureté des mœurs et des principes constitutifs de la société au sein d’une nation encore religieuse et morale, mais travaillée par de dangereux ennemis intérieurs : c'est toujours à la jeunesse qu'il faut s'adresser.
C’est là ce que l’on avait compris dans la catholique Belgique. lorsque, pour opposer une digue puissante aux dangereuses aita ques d’une minoriié aussi impie qu'antisociale, on a releré de ses ruines, et rétabli sur des bases nouvelles et mieux adaptées aux besoins de notre sivcle, cette antique université de Louvain. Et aujourd'hui, après un espace de temps relativement court, cette grande institution, soutenue par la générosité du pays tout entier, et marchant sous la direction de l’épiscopat belge. cette grande institution, dis-je, compte dans son sein plus de soixante professeurs et plus de mille élèves. Et ces élèves. après avoir puisé ia science à des sources très- pures, emhrassent les diverses professions Jibéraies, se dispersent dans toutes les parties du pays, et emportent partout avec eux la bienfaisante contagion de leur foi, de leurs mœurs intègres, de leur ardeur juvénile, &e leur zèle pour le beau, le vrai et le bien.
«Les espérances de l'avenir reposent sur la jeunesse!» C'est encore ce que l’on a compris dans notre chère vieille France, du moins aux jours du malheur. Il fallait sauver ne illustre nation qui périssait, moins abattue encore par les sanglantes défaites qui lui avaient été iniligées que mine sourdement par une fausse science et ébranlée par les attaques journahères d’une presse éhontée qui ne respecte ni la religion ni la morale, qui n2 recule jamais devant le mensonge ni la ‘alomnie ; il fallait raviver la foi qui allait s'éteignant : alors un cri s’est élevé: « Sauvons la jeunesse! Préparons. pour l'avenir, des générations “royantes et saines, ét nous sauve rons la patrie!»
Et alors, messieurs, qu'avons-nous vu ? De toutes parts, à la voix du Souverain Pontife, à la voix des évêques, gardiens naturels de la foi et de la doctrine, à la voix de cette partie de la presse dévouée à l'Eglise et au bien, on a vu surgir, dans diverses