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Une de mes consolations est de consiater, non-seulement que s de quatre cents prêtres dans le diocèse, mais encore soixante -huit autres qui m'appartiennent au même titre, et qui sont à faire le bien dans les diocèses environnan:s.
Considérant les efforts qui se font de tous côtés pour fonder dans les grandes villes des centres d'enseignement supérieur où la vraie doctrine soit exposée, considérant ce qui se passe en Europe et en partiticulier dans notre mère- patrie, où les blir des universités pour donner plus holique, j'ai naturellement songé à Jai désiré avec ardeur
évêques s'efforcent d'éta de vie à l'enseignement cat ce qui nous manquait à nous-mêmes.
de voir Montréal doté d’une semblable institution.
Je vois que les évêques français ne se contentent point de fonder de bonnes écoles, des universités, mais encore qu'ils appellent autour d'eux des hommes distingués, auxquels ils confient le soin de former la génération qui viendra après eux.
De plus, messieurs, Je comprends que si lon veut commander
avec avar.tage il faut d’abord que l’on sache obéir.
3 0béis.
En repassant ce qui a été fait jusqu’à présent pour l’éduca tion à Montréal, on voit que mon prédécesseur avait sur cette matière les mêmes vues que moi, et qu'il était convaincu que l'établissement d’une université était le moyen unique d’affermir la foi parmi nous: C’est pourquoi il a fait tous ses efforts puur obtenir une université à Montréal.
Après de longues discussions, après deux voyages à Rome, deux requêtes présentées au Saint - Siége, le Souverain Pontife, ayant examiné le question mûürement, connaissant notre pays, regardant notre province, le Souverain Pontife, notre chef, le chef de votre évêque comme le vôtre, a décidé que ce qu'il fallait à Montréal, c'était une succursale de l’université Laval.
Eh bien ! messieurs, nous avons une succursale de l’université Laval. Déjà une faculté, la faculté de théologie, a commencé son œuvre, grâce au dévouement des Messieurs du Séminaire, qui se sont chargés de fournir le local et les professeurs; aujourd'hui,
nous inaugurons les travaux de la Faculté de droit, et j'espère que la Faculté “e médecine ne tardera pas longtemps à ouvrir ses portes.
En effet, messieurs, l'évêque doit donner l'exemple à son peuple ; les discussions sont finies, la question est réglée, il n'y a plus de cause dès que Rome à parlé. J’ai donc dû immédiatemert me mettre à l'œuvre, et j'ai trouvé de toutes parts une bonne volonié qui m'a aidé dans mes eflorts. Voilà pourquoi, dès la première année, malgré les difficultés qui pouvaient se présenter, j'ai réussi à organiser deux Facultés.
Jetant d’abord les yeux du côté du séminaire, je vis que ces Messieurs de Saint-Sulpice étaient tout disposés à entreprendre, dans un avenir assez prochain, l'établissement de la Faculté de théologie ; et dès que je leur en fis la proposition, j'arrivai à un résultat favorable.
Ensuite, au milieu de difficultés apparentes, je me disais: Il fav‘ marcher, il faut avancer. Sans doute, je pensais bien que je ne pourrais pas tout faire cette année, mais que je ferais ce qui était possible.
Je viens de constater avec plaisir que la Faculté de théologie est déjà en onération. IL y à là un nouveau gage de prospérité pour l'Eglise et pour ses ministres, qui ne seront plus obligés d'aller chercher au loin les degrés universitaires : ils pourront les trouver chez eux.
La Faculté de droit ouvre ses portes à ceux qui se destinent à l'étude des lois. Je connais l'importance du rôle que les hommes de loi remplissent dans la société: ce sont eux qui sont appelés à légiférer ; ce sont eux qui ont à défendre la fortune, la vie, l'honneur de leurs concitoyens.
C'est une consolation pour moi de penser que, grâce aux moyens qui vous seront fournis de connaître la vraie science des lois, et de la connaître comme un moyen de faire triompher la volonté de Dieu, nous pourrons former des hommes comme ceux qui font la gloire de la France, comme M. de Mun, par exemple, et comme tant d’autres, qui sont catholiques avant tout.
Oui, messieurs, j'ai admiré O'Connell comme vous, mais je l'ai admiré surtout quand, — la seule fois que je l'ai vu, — il s’'approchait de la sainte table, et que j'appris qu’on le trouvait là tous les dimanches.
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Voilà donc, messieurs, deux F vont dès à présent fonctionner.
un grand nombre d'étudiants,
élèves.
C'est donc avec bonheur que j'ai assisté ce soir à cette inau guration; c'est avec plaisir que j'ai constaté publiquement que, pour obéir au Souverain Pontife, je n’ai pas d'efforts à faire ; que ce m'est pas un antagonisme qui surgit entre la ville de Montréal et 1 ville de Québec, mais 4 ‘est un nouveau lien qui unit ces deux villes, et, espérons -!e, un lien qui ne se bri-
sera jamais. »
Après cette allocution, plusieurs fois applaudie, M. le Recteur remercia Mgr de Montréal en quelques mots, le corps universitaire sortit solennellement, et l'assemblée se dispersa.
Ici finit notre tâche et nous nous garderons bien d'aller au delà. En effet, autant le lecteur nous sait gré maintenant de lui avoir mis ces discours sous les yeux, autant il nous en vou drait à la tin si, l'arrachant à ses propres réflexions, nous-allions, par un zèle indiscret, commenter des paroles si nettes ei si franches, ou seulement tirer la conclusion qui jaillit de cette cérémonie, justement appelée la consécration publique de l'uni versité Laval à Montréal.
Cependant, on nous permelira de répéter un mot qui résume tous les discours, qui contient, à lui seul, toute la signification, toute la portée de cette grande fête, et toutes les espérances de l'avenir, le mot de la circonstance enfin, et ce mot, c’est Mer de Montréal qui l'a prononcé : J'obéis.
Oui, l'inauguration de l'université Laval à Montréal, et par conséquent de chacune des Facultés qui la composent, est un acte d’obéissance. Mais ce n'est pas un acte d’obéissance ordinaire ; c'est un acte d’obéissance de la part de l’évèque et des fidèles, du pasteur et du troupeau, de tous les catholiques de ce
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vaste diocèse, à la plus haute autorité qu'ils puissent jamais entendre en pareille matière: l'autorité d’une congrégation romaine dont le Souverain Pontife a ratifié le jugement.
On n'est pas sans savoir, en effet, qu'après vingt-cinq ans de tentatives et d’instances faites à Rome pour l'érection, à Montréal, d’une université distincte et indépendante, on n'est pas sans savoir qu'enfin, après bien des réponses données et reçues, un jour qui n’est pas loin de nous, le 1er février 1876, la Sacrée Con grégation de la Propagande, ayant mis de nouveau à l'examen l'instance de l’évèque de Montréal pour l'érection d’une univer sité dans son diocèse, rendit une décision solennelle et finale.
Dans cette mémorable décision, il est dit * :
19 « Qu'ayant mis de nouveau à l'examen le projet de fonder une université à Montréa!, on en a reconnu l'impossibilité, spé cialement pour la raison qu'une telle fondation compromettrait l'existence de l’université Laval, laquelle, à cause des services rendus à l'Eglise et à la société et des sacrifices pécuniaires qu'elle a faits, doit être soutenue et conservée.»
C'est assez clair, il nous semble.
Cependant la congrégation continue :
20 « Que l’on reconnait la nécessité de pourvoir en quelque manière à l'instruction supérieure de ces jeunes gens de Montréal qui ne peuvent fréquenter l’université Laval, comme aussi d’em pêcher que les écoles de droit ou de médecine existant dans la dite ville ne continuent d’être affiliées à des universités protes tantes, et beaucoup plus encore que les étudiants catholiques ne fréquentent de telles universités, »
C'est encore très - formel.
Enfin, elle déclare :
30 « Que, du reste, comme il est évidemment impossible de la part de Laval d'accorder laffiliation aux dites écoles, laquelle équivaudrait à l'érection d'une université, pour ainsi dire, distincte et indépendante à Montréal, afin de pourvoir cependant à la nécessité énonce plus haut, il ne se présente pas d'autre expé dient que celui d'établir à Montréal une succursale de l’université Laval, projet à l'exécution duquel les évêques, en union avec Laval, devront procéder sur les bases suivantes, »
* Voir la lettre de S. E. le cardinal rranchi, du 9 mars 1876, transmet tant à Mgr l’archevèque de Québec la décision de la S. C. de la Propagande du {er février 1876.
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