‹ Inauguration solennelle de la Faculté de droit de l'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 8 sur 13 · F3 QE · texte numérisé non relu

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La science du droit embrasse, selon les institutes de Justinien, la connaissance! des choses divines et humaines, On voit dès lors quel vaste champ s'ouvre à celui qui se livre à cette étude, quelle variété de connaissances elle exige, ce qui fait dire à l'un des rédacteurs de La Revue du Monde catholique, qu'elle tend à «élever le niveau des idées et à étendre l'horizon intellectuel.»

Aussi l'étude du droit se divise en plusieurs branches, qui seront enseignées dans les divers cours de cette Faculté.

Tous les hommes d'Etat, les hommes politiques éminents, chez les anciens comme chez les modernes, ont , >ssédé des connaissances légales étendues.

En Angleterre, les citoyens qui ont le plus honoré la tribune politique, ou présidé avec succès au gouvernement de l'Etat ont généralement suivi des cours universitaires et ont été initiés à la science du droit.

ILest des pays, la France, par exemple, où cette étude est obli gatoire pour ceux qui se destinent à la carrière diplomatique ou à des emplois élevés.

Mais si la connaissance des lois est extrêmement avantageuse à tous les peuples, c’est à ceux qui jouissent des bienfaits du régime constitutionnel et qui sont appelés à le faire fonctionner quelle devient véritablement indispensable. Chez eux, plus que chez tout autre, il importe de développer la notion du droit, et d'inculquer à chaque citoyen le respect pour les droits des autres et l'obligation de n’y porter aucune atteinte.

Ilest un phénomène historique que je me plais à signaler. Quand les trônes s’écroulent, que les nations sont agitées par des convulsions périodiques, que des doctrines dangereuses viennent saper les bases de la société et que l'anarchie menace de tout envahir, on est frappé de la stabilité des institutions anglaises et du spectacle admirable qu'offre cette stabilité au milieu du chaos qui règne chez les autres peuples. Les tempêtes et Les orages politiques ont grondé autour de cet île fortunée ; elle les a défiées, comme elle défie les flots de la mer qui battent ses rivages. Il peut y avoir plusieurs causes de ce phénomène ; mais le respect de la loi, que les masses conservent, l'amour de la légalité, qui est passéa dans les mœurs, en est assurément une et peut-être la plus efficace.

Au nom de la légalité et du respect pour les lois, le grand libérateur de l'Irlande est parvenu à émanciper ses compatriotes du joug qui pesait sur leurs convictions religieuses et à je briser.

L'une des meilleures paroles tombé.s de ses lèvres éloquentes est ceile-ci: « La plus belle réforme ne vaut pas la goutte de sang versée pour l'obtenir.» C'est le plus bel éloge qu'on puisse faire de la légalité et la censure la plus juste de la violence.

Que l’on me permette un mot sur le personnel de la Faculté. Relativement au doyen, je dois suivre la règle qui prescrit de ne pas parler de soi, ni en bien ni en mal, règle très -sage ; car, si j'en disais du bien, on ne me croirait pas, et si j'en disais du mal, on me croirait peut-être trop. Je n'ai pas la même réserve à obser ver à l'égard de mes collègues. Il m'est agréable de leur rendre justice. La Faculté de droit se compose d'écrivains distingués, dont la réputation a traversé l'Océan et dont les productions ont été admirées des littérateurs européens ; d’orateurs éminents, dont les accents ont retenti dans les enceintes législatives ou au forum ; de jurisconsultes érudits, qui ont écrit sur le droit avec élégance ; de juges, qui, par leurs décisions, ont honoré le trône de la justice et en ont prononcé les oracles avec lucidité et précision, ce qui n’est pas un faible mérite quand il s’agit d’oracles, même de ceux de Thémis. Nul doute que, par leurs savantes leçons, ils ne forment des élèves dignes d'une profession destinée à protéger la fortune, lhonneur et la vie de leurs concitoyens.

En finissant, je demande la permission d'exprimer le sentiment que j'éprouve aujourd'hui, et que mes collègues partageront sans doute avec moi: membres de J2 “aculté de droit de l’université Laval à Montréal, nous sommes, par là même, membres de l’université Laval à Québec. Nous devons nous féliciter, nous trouver heureux, éprouver un sentiment d’orgueil bien légitime, en songeant que nous appartenons à une institution qui renferme dans son sein des hommes aussi remarquables que notre vénérable Recteur, des prêtres distingués comme celui que

l'université vient de placer à notre tôte. et tant d'autres person -

le grand nages illustres par leurs verlus et leur science.

patriotes ie briser. a ; E. M. le Vice- Recteur, soyez le bienvenu.

Jquentes ; k . , av a 4 Le poste que vous occupez demandait, nous le sentions, nous, de ; à ui s « n puisse % professeurs et élèves de la Faculté de droit, plus que tout don & à autre, le talent et l'expérience. L'université Laval est venue L au-devant de nos désirs; elle les à même dépassés. Nous Faculté. sommes heureux de lui en exprimer ici publiquement notre VIVe jt de ne ; reconnaissance.

LA # L ts hi M as 5 Enfin, je fais pour notre Alma Mater les vœux que les pana Æ . ua À qu “ triotes sincères font pour la patrie : Perpetua e510 ! | obser rendre ingués, ons ont LS di ; de à » dont à DISCOURS PRONONGÉ par M. L'ABBÉ COLIN, Pb: ou au 4 it avec # DOYEN DE LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE.

> trÔ LA :

: trône à Monseigneur, dité et s'agit Monsieur le Recteur, ‘ leurs i id > pro - essieurs, vie é A ss oi ; e de L'inauguration de l'université Laval, c’est-à-dire d’une untacte ordinaire, mais

versité catholique à Montréal, n'est pas un un fait qui aura au loin son retentissement, dans les souvenirs du pays et de la religion.

C'est un grand mouvement catholique qui commence dans le monde supérieur de la pensée, et une forte impulsion donnée, sous la direction du Saint-Siége, à toutes les études sérieuses, à toutes les investigations de l'esprit, à toutes les connaissances intellectuelles : théologie, lois, sciences, lettres et arts.

et qui marquera

C'est une affirmation puissante de la vie catholique d’un peuple entré dans sa maturité, affirmation qui, en face des défail lances et des désertions dont nous sommmes témoins, honore ce rmeté de ses convictions, la vigueur de sa ouement au Vicaire de Jésus-

peuple et révèle la fe foi, et la plénitude de son dév

. Christ.

C'est une glorieuse manifestation de l'éminent attribut qui constitue l'Eglise, l'immortelle inspiratrice et la maîtresse bien faisante des arts et des sciences ; C’est une prise de possession qu'elle fait, sur ces terres nouvelles, d'une partie sacrée de son héritage, et l’un des plus nobles exercices de ses droits divins sur le domsine de Ia pensée et sur l'éducation &e la jeunesse.

Issues du génie civilisateur de l'Eglise, les universités portent, dans leur nom même, l'empreinte des deux beaux traits de celle qui leur à donné le jour, l'unité dans l’universalité : l'unité, apanage essentiel de l’éternelle Vérité,et l’'universalité de toutes les connaissances qui peupient les régions immenses qu'habi tent, associées ensemble, la foi et la raison. Et plus ces admirables institutions s'étendent, sans se diviser, sur les larges proportions qui leur conviennent, plus elles acquièrent de force et de splendeur, mieux elles répondent à leur haute destinée et font briller, par leur harmonieux accord, ja plus grande beauté et la plus grande puissance qui soient dans les sociétés de ce moude: l'unité catholique.

n ce siècle d'expériences, on voit jusqu'où peuvent tomber les :Cicnces, ces filles de la Sagesse éternelle, quand, ayant une fois répudié leurs principes et leur gloire, elles s’écartent de leur voie, désertent leur patrie et fuient imprudemment la vigilance maternelle de l'Eglise. Rien n’est plus triste que le spectacle de leurs égarements. Errant parmi les incertitudes de mille routes incounues, et semant partout, sur leur passage, le doute, la défiance et l'erreur, on dirait qu’elles ne sont plus nées que pour aboutir à des abimes ou à des ruines. Tout s’ébranle dans l’ordre social, sous l’action de leur pouvoir dissolvant. Les trônes s’écroulent ou chancellent; et le plus puissant d’entre eux est, en ce moment, Comme à s'émouvoir de frayeur, au sein même de ses victoires.

C'est donc, pour toutes les intelligences demeurées fermes et fidèles, un pressant devoir de ramener plus que jamais toutes les sciences et toutes les connaissances humaines au centre commun de l'unité catholique, et de les grouper, comme en faisceaux, autour de ce foyer de toute vraie lumière.

L'Europe l’a compris ; et rien n'égale l’ardeur généreuse avec laquelle se fondent ces somptueuses universités cathoïiques, qu'on peut appeler la vaillante conquête de l'esprit du bien sur: l'esprit du mal.

Le Canada aussi l'a compris; et à l'avenir, &e Montréal à

but qui armi nous, l’une de ces vastes écoles catholi -

se bien - Québec, s'élèvera, p ssession ques, où la jeunesse, protégée contre les périls de l'âme par le de son vénérable épiscopat de la Province uni au successeur infaillible vins sur de Pierre, et recevant de maîtres non moins distingués par le zèle que par le savoir un enseignement intègre el pur de tout : portent, faux alliage, pourra, sans crainte ni pour sa foi ni pour son le celle cœur, donner un libre essor aux aspirations et à l'activité de sa l'unité, pensée, #t montrer que, peur devenir un citoyen utile à sa patrie, e toutes. la meilleure condition sera toujours d'être un chrétien fidèle à u’habi - sa religion et docile à l'Eglise. é admi es proforce et .

inée et É beauté Ë Discours Mer EpouarD-CHaRLES FABRE, s de ce F Î ÉVÈQUE DE MONTRÉAL.

tomber | M, le Recteur, nt une " de leur 4 Messieurs, rilance :

acle de ILest juste que dans cette circonstance solennelle je dise un routes mot pour terminer la séance.

, * Quand un homme reçoit une position officielle, il est néces ordre saire qu'il examine d'abord toutes choses, qu'il se rende bien L js compte à lui-même des obligations qui lui sont imposées el trônes des moyens qu'il à à sa dispasition pour les remplir. est, en me de Désigné par le Souverain Pontife Pie 1X pour être le coæd - Sa Grandeur Mgr Bourget,

juteur et plus tard le successeur de bai dû tout d'abord examiner quels étaient les devoirs qui m in -

mes et pese si de | Lx los combaient et quelles étaient les ressources que J'avais en main jour m'en bien acquitter.

mnun PRE RAI Caux, Je me voyais à la tête d’un des plus heaux diocèses du monde, et un des plus importants, non - seulement par le nombre des Mie fidèles, mais encore par l'esprit de la population, esprit essen iques tiellement catholique et attaché aux vrais FrInCIpEs, 4 À n sur: Lorsque, parcourant la France, il y a quelques anrées, il aux populations

m'était quelquefois demandé de faire connaitre

françaises l'état de la religion au Canada, j'étais heureux de pouvoir dire, du haut de la chaire, que, dans mon pays, c’est la presque totalité des catholiques qui remplissent leurs Gevoirs religieux.

J'étais heureux de pouvoir leur apprendre comment leurs frères entendent les choses de la religion ; c'était avec bonheur que je leur disais qu'après deux siècles de séparation, d'isolement et de domination étrangère, nous avions encore la foi de nos pères.

En arrivant à la tête de ce diocèse j'avais à conserver cet excellent esprit, à empêcher l'ennemi de faire des ravages dans le champ du Père de famille, ou de décimer le troupeau.

De plus, je voyais un grand nombre d'institutions fondées. L'épiscopat de mon vénéré prédécesseur, surtout, est remarquable par la puissance avec laquelle il a fait surgir ces institutions. Dans toutes les villes principales, dans tous les coins du diocèse, il y a une foule d'établissements religieux qui se sont élevés sous son inspiration.

La position de Montréal vis-à-vis le reste du pays méritait aussi considération. J'y voyais la plus grande ville du Canada, la métropole du commerce et le centre de l’industrie; elle est si bien placé, que toutes les villes d'Ontario et des Etats-Unis du nord, y ont un accès facile, et qu’on y est amené non -seulement par les intérêts du commerce, mais encore par le désir d’y puiser l'éducation classique. Ce ne sont donc pas seulement les besoins matériels, mais aussi les besoins intellectuels qui attirent et retiennent au milieu de nous les jeunes citoyens des Etats - Unis.

Voilà la ville que j'étais appelé à gouverner. Et comment pouvais - je accomplir une telle mission ?

Il fallait d’abord affermir ce qui était debout, puis créer, s’il était possible, afin de répondre aux besoins qui pouvaient se manifester dans l'avenir.

Je trouvais dans ies colléges des professeurs instruits et zélés ; je voyais un grand nombre d'institutions élevées sur différents points pour former des prètres, et j'ai la conviction que la plupart de ces prètres ont rendu de grands services au pays, surtout par le zèle qu'ils ont apporté à l'éducation de la jeunesse.

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