‹ Incontinence D'Urine Et Constante D'AmbardChapitre 21 sur 32 · VIII. — Simulation · texte numérisé non relu

VIII. — Simulation

On devra y penser chez lés soldats qui veulent se faire réformer (voir plus loin), chez les enfants en pension, chez certains hystériques. On se basera sur le mode de production; on recherchera les troubles diurnes, la polyurie, la pollakiurie. La chlorurie exagérée aurait, enfin, pour CAREL, une grosse importance.

B. — CAUSES DITES PRÉDISPOSANTES.

1° Age. — C'est un facteur étiologique extrêmement important que l’on considère. le début ou la fin de cette affection. On peut être incontinent à tout âge; les causes énumérées plus haut le montrent surabondamment, mais c'est surtout une maladie des enfants et des jeunes gens.

Tous les enfants sont incontinents depuis la naissance. Leur vessie est très irritable et la miction se produit, chez eux, 10 à 15 fois en 24 heures, tant le jour que la nuit. Vers 18 mois ou ? ans, l’envie d’uriner apparait.

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Elle se manifeste d’abord le jour pendant lequel l'enfant est capable de retenir des urines, mais l’incontinence persiste. encore la nuit, de moins en moins accusée jusque vers l’âge de ? ans 1/2, âge auquel, en général, l'enfant a appris à retenir complètement ses urines.

L'incontinence n’est, le plus souvent que la persistance de cet état de chose physiologique de la première enfance. Souvent, cependant, il existe une période intermédiaire de propreté. Les parents rattachent volontiers le début de l'affection à un traumatisme, à une frayeur, à la dentition à une bronchite, à une rougeole, mais si on les pousse, ils se souviennent que vers ? ans ou 2 ans 1/2, si l'enfant n'a plus uriné régulièrement au lit, il lui est arrivé de se mouiller la nuit, plus souvent qu'aux autres enfants de son âge. Ce sont souvent des enfants qui, le jour, ont toujours un besoin pressant d'uriner; ils ont de la pollakiurie diurne; leur jet est raide et puissant; ils perdent de temps en temps quelques gouttes d'urine sans s’en apercevoir, tous troubles qui marquent un défaut dans la régularisation de la fonction urinaire.

Aussi, lorsqu'on voit une incontinence se développer alors que la miction est devenue normale depuis 1 an, 2 ans ou davantage, faut-il penser de suite soit à une épilepsie, soit à une tuberculose rénale au début (Vignard et Thévenot), à une pyélite banale dont la pyurie aurait passé inaperçue.

L'incoutinence est, avant tout, une maladie des jeunes. Elle guérit, généralement, avait l'adolescence ; peu à peu l'enfant se réveille la nuit et urine avant

l'heure de la miction involontaire: d'incontinent il devient pollakiurique simple. L'infirmité cesse par périodès de plus en plus longues, sauf lorsque l'enfant

s’endort profondément à la suite d'une fatigue physique, d'un travail mental exagéré.

Exceptionnellement, on note une eco àcla puberté, peut-être liée à la résorption d'une quantité trop grande de spermine qui a une action convulsivante et agirait, d'après Brown-Séquar», en augmentant l'irritabilité vésicale. D'après la statistique médicale de l’armée, la proportion des jeunes gens encore atteints de cette infirmité à 21 ans serait de 0,25 p. 100.

Chez la femme, la puberté amènerait plus souvent la la guérison que chez le jeune garçon (Bazy). Les modifications importantes de la vascularisation de tout le petit bassin sont, sans doute, liées à cet effet.

On note, souvent aussi, la disparition de cette infirmité chez la femme à l'occasion du mariage, de la défloraison, de la grossesse. J. L. Pgerir raconte l’histoire d’une jeune fille d'excellente famille contrainte en raison de son infirmité à épouser un homme de condition inférieure et guérie radicalement à la première grossesse. - 2 Sexe. — De la statistique de la-plupart des auteurs, il résulte que l’incontinence est plus fréquente chez les garcons que chez les filles. On peut donner de ce fail plusieurs explications.

La vessie de la femme se laisse plus facilement distendre. Elle serait plus tolérante que celle de l'homme. Au moment où nait le besoin d'uriner, elle contient,

en effet, plus de liquide que chez l’homme.

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GENOUVILLE considère une capacité moyenne de la vessie féminine double environ de la capacité moyenne d'une vessie masculine. Est-ce bien suffisant pour expliquer la fréquence plus grande de l'incontinence chez les garçons?

3 Antécédents héréditaires et collaléraux. — L'hérédité nerveuse est très souvent notée dans les observations. GuINoN; dans sa thèse, en a montré la fréquence. Toutes les tares peuvent être rencontrées chez les ascendants, entre autres : l'hystérie, la chorée, l'épilepsie, l'alcoolisme, l’aliénation mentale (RocHET et Jourpaner), la débilité mentale, les convulsions, fa neurasthénie, le somnambulisme, la consanguinité, la syphilis (Giorpano). Il n'est pas rare de trouver chez les parents des malformations congénitales, du strabisme.

Ces mêmes tares se rencontrent avec les mêmes caractères chez les collatéraux, les oncles et les tantes.

Dans des cas fort nombreux, les parents ont présenté eux-mêmes, de l'incontinence, Guyon a justement insisté sur celte hérédité semblable.

JANET, dans sa thèse, rapporte 6 cas de parents incontinents dans l'enfance, ayant engendré des enfants incontinents. VANDENBOSCHE cite le cas d’un père incontinent dont les 6 enfants (4 garçons et 2 filles) sont également incontinents.

L’incontinence semble se transmettre comme le dernier signe d’une hérédité nerveuse dont les traits se sont effacés. Il est fréquent que plusieurs enfants de la même famille soient atteints; il est rare qu'un seul

enfant de la famille soit atteint, sans que les autres ne présentent une tare quelconque : névropathie, hystérie, convulsions, impulsions, manies, chorée, teneurs nocturnes, débilité intellectuelle.

Les malformations congénitales sont autant de stigmates de dégénérescence, nombreux et variés qui voisinent souvent dans la même famille.

Résumé. — I.es variétés d’incontinences sont innombrables En présence d'un incontinent, un examen complet de tous les appareils et organes s'impose. Il permettra de rapporter à leur cause véritable bon nombre d'incontinences qualifiées d’essentielles à un premier examen. Dans certains cas, néanmoins, cette cause initiale n'a pu être déterminée. On pourra alors parler d'incontinence essentielle. Mais ce n'est là qu'un diagnostic d'attente.

L'incontinence n'ayant d'essentielle que l'ignorance des causes où nous sommes de toutes les conditions (Bazv). Depuis J.-L. Perir, le cadre des incontinences essentielles s’est déjà bien restreint et il semble qu'il doive se restreindre de plus en plus au fur et à mesure des progrès de l'investigation clinique.

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