‹ Incontinence D'Urine Et Constante D'AmbardChapitre 22 sur 32 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DE LA CONSTANTE URÉO-SECRÉTOIRE D’'AMBARD

Définition. — On appelle constante uréique d'AMBaRD, le rapport existant entre la quantité durée secrétée par les reins et celle retenue dans le sang. Elle a pour but de donner la mesure de l'activité des reins au point de vue de l'élimination de l’urée ainsi que la quantité totale d'urée que le parenchyme rénal est capable d'éliminer pendant une période donnée.

Quelques mots d'histoire. — La détermination de cette formule et son application ne furent pas admises aussitôt. Dès 1911, notre maître, M. le Professeur

agrégé CHEvassu, déclarait, au cours de ? leçons cliniques faites à Necker que l'on pouvait fonder les plus larges espoirs sur ses applications cliniques. Pour lui, « elle constituait réellement un progrès considérable dans l'exploration des fonctions rénales et elle était, déjà, en chirurgie urinaire, un élément d'information indispensable ».

Au Congrès d'Urologie de 1912, M. Cevassu présentait le bilan de 48? observations montrant les résultats

CL mue

pratiques qu'il devait à l'application de la constante. La communication donna lieu à une discussion passionnée, mais l'élan était donné et actuellement la méthode est devenue classique. Elle est utilisée par la plupart des urologues de France et des autres pays.

Principe de la méthode. — 1° Il existe un rapport mathématique entre le taux de l'urée dans le sang (UR) et le débit de l’urée dans l'urine (D), rapporté aux vingt-quatre heures, le taux de l’urée en concentration demeurant constant (C).

Le débit de l’urée dans l’urine varie comme le carré du taux de l’urée dans le sang, ou inversement le taux de l’urée dans le sang, varie comme la racine carrée du taux de l’urée dans l'urine. Ceci nous permet de donner la formule

FU

K représentant la constante uréique d'AmBaRp.

2° Le débit de l’urée est inversement proportionnel à la racine carrée de la concentration de l'urée dans l'urine, lorsque avec une concentration d’urée constante dans le sang, le sujet émet une urine à des concentrations variables.

Pour donner à la constante une valeur pratique et simple, il est nécessaire de rapporter le débit d’urée relevé chez ce sujet observé à celui qu'il aurait s’il éliminait à une concentration type el, en outre, de tenir compte du poids du sujet. Amsarp fixe conventionneliement le taux de la concentration à 25 pour mille et le poids du sujet à 70 kilogrammes.

—nAdtE=

Nous avons donc l’ensemble de la formule définitive :

jo — to TE IC dE Méthode opératoire. — On pèse le sujet à l'heure con-

venue pour le commencement de l'épreuve; on vide entièrement la vessie au moyen d'un cathétérisme aseptique, on retire la sonde.

L'essentiel est, à partir de l'heure fixée de ne perdre aucune goutte de liquide. Au bout de 36 minutes (si l'on veut), on pratique à nouveau le cathétérisme total de la vessie.

(Nous donnons le chiffre de 36 minutes, mais il n’est que facultatif. Il représente la quarantième partie de 24 heures et facilite les calculs mais il est bien évident qu'au moment du cathétérisme, il faut qu'il ne survienne aucun incident {spasme de l'urètre, par exemple) retardant l'évacuation. L'essentiel en réalité est de rapporter le temps de l'épreuve, exactement à 24 heures). Vers le milieu du temps d'épreuve, ou pratique un prélèvement de 50 grammes de sang environ, soit par une saignée au pli du coude, soit par une série de ventouses scarifiées. Le taux de l’urée dans l'urine est dosé et rapporté à 24 heures. Il donne la quantité d'urée émise pendant ce laps de temps. On obtient ainsi le débit uréique (D). On mesure également le taux de l'urée dans le sang (UR) sur l'échantillon prélevé). On n’a plus ensuite qu’à exécuter les calculs selon la formule indiquée plus haut. |

Résultats de la méthode. — Le chiffre de la constante

BRENT NL

uréique est d'autant plus élevé que les reins sont plus insuffisants. Chez un sujet normal, la constante varie, approximativement entre 0,050 et 0,075 (en fonction du poids du sujet, probablement). (Cnevassu).

Le chiffre moyen est de 0,065. D'après AMBpARD, une constante de 0,080 représente déjà un déficit fonctionnel de 33 p. 100, soit un tiers, une constante de 0,120, un déficit des deux tiers, une constante de 0,300, un déficil de 95 p. 100. Notre maître, M. Cunevassu, estime qu'avec une constante supérieure à 0,120, représentant par conséquent une fonction rénale uréique réduite des deux tiers, la néphrectomie devient une opération risquée. AmBarD augmente légèrement le taux d’opérabilité mais considère que chez les malades où la constante dépasse 0,200, il ne faut plus pratiquer d’intervention nécessitant une anesthésie générale; celle-ci par l'oligurie qu'elle détermine augmentantencore, dans le sang, la quantité d’urée.

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