‹ Inde histoire et description de tous les peuples, de leurs religions, moeurs, coutumes, industries, etc par m. Dubois de Jancigny et par m. Xavier RaymondChapitre 7 sur 38 · SUCRE · texte numérisé non relu

SUCRE

TARIF DLS DROITS.

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| 1 4 0 par cwt.

Le comité s’abstient d’offrir à la chambre aucune opinion sur la question qui a été soulevée, de savoir si le Mysore et autres pays dépendants du gouvernement anglais dans l’Inde doivent être considérés comme possessions anglaises aux termes de l’acte du parlement, parce que cette question sera probablement bientôt soumise à Sa Majesté en conseil, à l’occasion de la demande qui sera alors faite pour l'admission du sucre de Madras et de ses dépendances , en ne payant que le droit le moins élevé, en conséquence d’une loi promulguée par le gouvernement de Plnde et dont les dispositions seront exécutoires au mois de juin prochain, loi qui prohibe l’importation des sucres étrangers dans ces territoires.

(*) Cwt: désignation abrégée du quintal anglais ou hundred nvcight lia {b augl. ou 5o kil. 78 poids français.

Il paraît par les tarifs des droits de douane prélevables dans les ports de l’Inde, que le gouvernement de l’Inde a donné l’exemple de la libéralité , en admettant tous les produits manufacturés et autres du Royaume-Uni à un droit très-bas, et, ainsi que le disent les pétitionnaires, les cotonnades d’Angleterre et d’Ecosse ont presque entièrement remplacé celles de l’Inde dans l’Inde même. En tant que cela peut être le résultat du cours naturel du commerce, les pétitionnaires n’en font pas un sujet de plaintes ; mais il est naturel qu’eux et le peuple qu’ils représentent voient avec peine maintenir un droit élevé sur un article d’importation, que le manufacturier anglais peut livrer à plus bas prix dans le pays même où il est produit ; et il serait certainement convenable de faire disparaître des tarifs anglais une inégalité qui n’a d’autre résultat que celui de marquer la dépendance politique du peuple contre lequel elle est dirigée.

Il paraîtrait, d’après les dépositions prises, qu’une réduction du droit perçu à l’importation sur les soieries indiennes aurait un effet plus pratique , et permettrait à l’Inde de donner plus d’extension à la vente de cet article de ses manufactures dans les marchés d’Angleterre.

A cet égard, le gouvernement anglais a eu depuis si longtemps pour principe de protéger les fabriques anglaises, et les intérêts engagés dans la question ont une telle importance, qu’il peut y avoir des raisons de se refuser à toute modification du droit d’importation qui pourrait amener un déplacement considérable de l’industrie anglaise dans cette branche; mais on a suggéré un amendement à la loi en ce qui concerne l’importation d’un article spécial , les corahs (*), amendement qui aurait des résultats avantageux , non-seulement pour le manufacturier de l’Inde, mais encore pour le manufacturier et le consommateur anglais; et, généralement, le comité observe que ce ne serait nullement se mettre en con-

(*) Foulards blancs en pièces.

INDE

tradiction avec le principe qui protège les fabriques du Rovaume-Uni, que d’accorder aux fabriques d’étoffes de soie des colonies anglaises quelque avantage plus considérable sur les fabricants étrangers, que celui qui résulte d’une réduction du droit prélevé actuellement sur les soieries de l’Inde. Le comité regrette que l’état actuel des revenus paraisse s'opposer à ce que l’on modifie le tarif des droits sur les soieries et les tabacs; cependant, en principe général, le comité jugerait convenable de recommander la réduction de ces droits.

Les droits sur les drogues et les épices ont été, dans ces dernières années, considérablement réduits; le revenu qu’on en retire n’est pas très-important, tout hors de proportion qu’il puisse être encore avec la valeur de quelques-uns des articles imposés (*).

Le comité recommande de soumettrede nouveau ces droits à un examen attentif, dans le but d’y introduire des réductions telles qu’elles induisent les producteurs à donner plus d'attention et de soins à la production.

La culture du thé dans la province d’Assam ne fait que de naître , pour ainsi dire, et le comité pense qu’il serait prématuré d’offrir à la chambre aucune opinion sur l’opportunité d’accorder un tarif plus avantageux au thé qui pourra être importé de ce pays ; mais le gouvernement de l’Inde paraît au comité s’étre décidé sagement en encourageant un essai qui, s’il réussit, créera une addition importante aux ressources commerciales de l’Inde, et sera d’un très-grand avantage aux consommateurs de thé dans le Royaume-Uni.

Arrivant au dernier grief indiqué dans la pétition et qui résulte d’une disposition des lois en vigueur, disposition qui s’oppose formellement à ce que les natifs de l’Inde anglaise, employés comme matelots , soient considérés et traités comme matelots anglais et jouissent des mêmes avantages; le comité déclare ne pouvoir recommander d’introduire aucun

(*) Les droits sur quelques articles de cette classe s’élèvent encore à ioo, aoo et même 3oo pour cent de la valeur réelle.

10' Livraison. (Inde.)

changement dans la législation à cet égard. Il pense que la loi , telle qu’elle existe en ce moment, accorde au négociant exporteur de l’Inde toutes les facilités compatibles avec les intérêts généraux de l’empire, et le comité ne doute pas que les pétitionnaires euxmêmes, après mûre réflexion, ne reconnaissent l’utilité de restrictions

ui , quelque gênantes qu’elles puissent

tre pour les individus, ont pour but et pour résultat de perpétuer et d’accroître cette race vigoureuse de marins anglais , qui peuvent seuls protéger les possessions anglaises d’outre-mer et assurer l’indépendance du Royaume- Uni lui-même.

Les vœux exprimés dans ce rapport ne sauraient manquer d’être accueillis par le parlement dans la session qui va commencer. La Compagnie , en même temps qu’elle place les grands intérêts commerciaux de l’empire indien sous la protection du pouvoir législatif, ne néglige aucun des moyens d’action directe dont elle peut disposer pour l’encouragement de l’agriculture et du commerce dans ses vastes possessions.

Elle s’est occupée surtout dans ces derniers temps des perfectionnements à apporter à la culture du coton, et dans les détails de la récolte, et du nettoyage. Le coton , en effet, comme article d’exportation , est un des plus importants des produits de l’Inde. Aujourd’hui, les importations de cotons des Indes s’élèvent, année commune , à quarante-huit millions delivres pesant ( représentant un capital d’au moins 20,000,000 de fr.) : c’est environ le huitième de la quantité nécessaire à la consommât ion des manufactures anglaises.

L’indigo, la soie, le- sucre, le salpêtre, le riz, la lacque forment, avec le coton et l’opium, les branches d’exportation les plus importantes. Le commerce de la Chine est lié depuis quelques années d’une manière si intime avec celui de l’Inde, qu’on ne peut guère les séparer dans l’évaluation des ressources de l’empire hindo-britannique. C’est même cette combinaison intime des intérêts mercantiles des Indes et de la Chine qui a donné, à la rupture momentanée entre l’Angleterr

L’UNIVERS

et le Céleste empire, une importance beaucoup plus grande qu’on n’aurait dû s’y attendre si l’on n’eût envisagé que l’état plus ou moins prospère du trafic de l'opium. La Chine était, par le fait, le milieu principal par lequel s’opéraient les grands échanges commerciaux entre l’Inde, l’Amérique et l’Europe : ce qui faisait dire à l’un des membres de la commission , nommé par la chambre des lords pour s’enquérir de l’état commercial de l’Inde, qu'interrompre le commerce de Canton c’était interrompre le commerce du monde entier. En 1837-38. on pouvait estimer la masse des exportations de l’Inde et de la Chine pour la Grande- Bretagne à 9,600,000 livres sterlings (environ 245,000,000 de francs). L’indigo figure dans ce compte pour environ 2,000,000 livres sterlings (environ

50.000. 000 de francs ) ; le thé pour près de 60,000,000 de francs ; le coton pour plus de 20,000,000, etc. Ces exportations se balançaient, du côté de l’Angleterre, 1“ par les remises annuelles faites par l’Inde anglaise, soit pour compte du gouvernement, soit pour compte des particuliers, se montant à plus de 90,000,000 de francs ; 2” par les importations de produits des manufactures anglaises (dans l’Inde et en Chine), s’élevant à 79,000,000; du côté de l’Inde anglaise, par la vente de l’opium et du coton, qui réalisait, au profit de cette balance, de 76 à

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