Voy. Corresp. de Griniin, édit. Tourneux, I, p. III
INTRODUCTION
Louis de Boissy (Janvier iloo-Avril 1758)
L'auteur comique Louis de Boissy, né à Vic-sur-Cère, en 169i, essaya de relever le Mercure. Dans la préface du volume de janvier 1755, il expose les difficultés de la situation faite au journal. Esprit méthodique, Louis de Boissy divisa la rédaction en six parties bien distinctes parmi lesquelles figuraient les Beaux-Arts.
La direction du Mercure devint alors un gros privilège dont s'empara le gouvernement afin de le grever de pensions en faveur de certains écrivains. Pour se faire une idée de ce que rapportait le Mercure à cette époque, il sutFit de lire le texte du brevet accordé à Louis de Boissy, le 12 octobre 1754'. Les pensions que le titulaire devait servir se montaient à plus de 20.000 livres, néanmoins, toutes charges déduites, le Mercure produisait encore un revenu de 18.000 livres-.
Louis de Boissy mourut le 20 août 1758 et fut inhumé, le 22 du même mois, à Saint- Benoît'.
Son fils, d'autres disent son neveu, publia les volumes de mai et juin et les deux volumes de juillet 1738.
Le Mercure se trouvait alors chez Chaubert, rue du Hurepolv; — Pissot^ quaide Conty ; — Duchesne, rue Saint-Jacques; — Cailleau, quai des Augustins; — Cellot, grande salle du Palais.
Marmontel (AoûI tJoS-Janvier 1760)
Jean-François Marmontel, né le 11 juillet 1723, à Bort en Limousin, reçut le privilège du Mercure grâce à l'intervention de la marquise de Pompadour et en commença la rédaction au mois d'août 1758. La préface de son premier volume ne contient rien de caractéristique et l'esprit de la publication fut surtout littéraire.
En dehors du Mercure proprement dit, une autre publication avait surgi, sous le titre de Choix des anciens Mercui'es, qui fut une source de discussions entre le directeur du Mercure et les éditeurs^. Sans faire partie de la collection qui nous occupe, elle était toutefois pour elle une source de revenus aidant à payer les pensions qui grevaient alors le Mercure. Le titulaire fut donc bien inspiré en se plaignant du préjudice que lui causaient des compétiteurs peu scrupuleux, car une lettre datée de Versailles, le 15 mai 1758, fut adressée à la Cour des Aides, faisant connaître les intentions du roi en faveur du Mercure'.
Marmontel jouit deux ans à peine de son privilège : ayant récité en public une parodie de Cinna contre le duc d'Aumont, lieutenant-général, et refusé d'en faire connaître l'auteur,