Mercure, octobre 1744, p
INTRODUCTION
Louis Fuzelier et Charles de la Bruère {Novembre tm-Juin i7iS)
A la mort d'Antoine de La Roque, le Mercure passa entre les mains des deux faiseurs d'opéras Louis Fuzelier et Charles de La Bruère, par brevet donné au camp devant Fribourg le 31 octobre 1744.
La partie artistique intéressait les nouveaux rédacteurs, ils s'en exprimèrent ainsi dans la préface de leur premier volume : «... Ce n'est pas seulement aux Belles-Lettres que le Mer- « cure de France doit se consacrer. Tous les Beaux-Arts ont un droit légitime sur sa plume. « Elle manqueroit à ce qu'on attend d'elle si elle n'annonçoit pas aux connoisseurs les progrès « brillans de la peinture, de la gravure et de la sculpture aussi fidèlement que ceux de l'élo- « quence et de la poésie. Les tableaux, les estampes et les statues piquent le goût de la « curiosité; et les Le Brun, les Watteau, les Coustou et les Drevet ont de judicieux admi- « rateurs comme les Fénelon, les Corneille, les LuUi' — »
La prospérité croissante du Mercure excita la jalousie des directeurs des autres publications. Une plainte fut portée contre lui, et, le 13 juillet 1745, le chancelier dAguesseau adressa à l'abbé Vatry, censeur chargé de la revison du Mercure, une lettre dans laquelle il se plaignait de prétendus empiétements pris sur le Journal des savants à propos d'extraits ou comptes-rendus que les directeurs inséraient dans leur publication-.
Fuzelier et La Bruère conservèrent le privilège jusqu à leur mort. Après avoir publié 33 volumes, les deux co-directeurs cessèrent de rédiger le Mercure : La Bruère au deuxième volume de 1748 et Fuzelier à la fin de juin 1750.
La collaboration de La Bruère fut assurée par M. de Glèves Darnicourt pour les mois de juillet et août 1748.
M. Raymond de Sainte-Albine travailla pendant près de deux ans à la rédaction du Mercure jusqu'au 1" volume de juin 1730^; le second volume fut publié par M. de Clèves Darnicourt.
Depuis le 1"^' juillet 1730 jusqu'au 31 décembre 1754, le Mercure eut pour auteur l'abbé Raynal, né à Sainte-Geniès (Aveyron), le 11 mars 1700, et mort à Chaillot le 6 mai 1796', qui publia 64 volumes où il eut le tort d'ouvrir la porte à la littérature légère. Elle priva le Mercure de la collaboration des successeurs de l'abbé Lebeuf et les obligea à se réfugier au Journal de Verdun qui adopta dès lors les méthodes de rédaction abandonnées par le Mercure.
On le trouvait alors chez Chaubert, rue du Hurepoix ; — Jean de Xulhj, au Palais; — Pissot, quay de Conty, à la descente du Pont-Neuf ; — Jacques Barrais, quai des Augustins^ à la Ville de I\evers; — Duchesne, rue Saint- Jacques, au Temple du goût.