‹ Index du Mercure de France, 1672-1832Chapitre 6 sur 264 · Voy. Mercure de juillet 1768, 1" volume · texte numérisé non relu

Voy. Mercure de juillet 1768, 1" volume

INTRODUCTION „ji

L'opinion des chroniqueurs ne fut guère favorable au nouveau Mercure qui demeura pour eux « une rapsodie tronquée, monotone et fastidieuse. » Toutefois, au milieu de cette décadence, quelques dissertations intéressantes se glissèrent çà et là, si bien qu'il v a toujours du bon, même dans les plus mauvais numéros du Mercure de cette époque.

En l'espace de dix ans, Lacombe, à bout d'expédients, tomba en déconfiture, et le Mercure subit une crise violente qui faillit se terminer par la suppression de la publication, alors à la merci dune société de gens de lettres chez le libraire Lacombe, d'abord r/uai de Conti, puis successivement, rue Christine, près la rue Dauphine et rue de Tournon^ près le Luxembourg .

Charles-Joseph Panckoucke [Juin n78-i79S)

Le Mercure fut sauvé par un autre spéculateur qui se montra plus habile que Jacques Lacombe et fut plus heureux : le libraire Charles- Joseph Panckoucke.

Ce libraire se faisait fort de régénérer le Mercure et d'y réunir d'autres publications dont il était propriétaire. En effet, le Journal de Bruxelles fut publié chez Panckoucke concurremment avec le Mercure à partir de juin 1778. On y trouve un certain nombre d'excellents collaborateurs : Fontenelle, Daubenton, Macquer, Bucquet, l'abbé Rémy, Guyot, Suard et La Harpe,

Le Mercure devient alors strictement littéraire et politique, et il eût à surmonter les plus grandes difficultés. Dans le cours des années III, lY, V et VI de la République, nous le trouvons aux mains de Lenoir, Laroche, Cabanis, Destut-Tracy, Lottin le jeune, Mongez, Barbier, etc.

Dès le mois d'août 1768, on avait substitué à la charmante vignette de Cochin, une insipide composition gravée par Beugnet, représentant les attributs de la peinture, de la sculpture, de la musique et des sciences, sans oublier le caducée, le tout supporté par des nuages avec, au fond, un soleil rayonnant.

Plus tard, le titre fut encore modifié et surchargé de la manière suivante : Mercure de France dédié au roi par une société de (jcns de lettres, contenant le journal politique des principaux événeniens de toutes les Cours, les pièces fugitives nouvelles, les inventions et découvertes dans les sciences et dans les arts; les spectacles, les causes célèbres, les Académies de Paris et des provinces; la notice des édits, arrêts, les avis particuliers, etc. A Paris, chez Panckoucke, hôtel de Thou, rue des Poitevins, n« 17 en 1786 et n° 18 à partir de septembre 1787,

En 1789, le Mercure tomba entre les mains d une société de littérateurs et d'hommes politiques : Marmontel, Chamfort, Imbert, Berquin et Mallet du Pan. Pendant la Révolution, il eut toujours son bureau à V Hôtel de Thou, sous la direction d'une Société de patriotes.

A partir de 1793, la publication devint plus compliquée : elle parût d'abord tous les jours, puis tous les cinq jours, en in-8, avec une tomaison qui se poursuivit jusqu en février 1799, de 1 à XXXIX, sous le titre de Mercure français politique et littéraire. La division mensuelle subsista toujours, mais elle était confondue dans la division par tomes : chaque tome comprenant ordinairement deux mois.

INTRODUCTION

Le Mercure au XIX' siècle.

Dans les premiers mois de l'année 1790, le Mercure appartenait au libraire Cailleau (jui publia cette année-là, 8 volumes in-12, intitulés : Mercure de France, journal polilU/uc, littéraire et dramatique, par une société de f/ens de lettres. A Paris, au bureau général du Mercure de France, chez Cailleau. imprimeur-libraire, éditeur et pjropriétaire, rue de la Ilaije, n° 61 en face celle des Cordeliers.

Après une interruption de plusieurs mois, Fontaney, La Harpe et l'abbé Maillet se chargèrent de faire revivre le Mercure sous le titre que lui avait donné Cailleau.

A partir de messidor an VllI, nous le retrouvons dans le format in-8 sous la direction d'Esmenard. Il sort des presses de Didot le jeune et paraît le lo de chaque mois, par cahiers de cinq feuilles avec une table à la fin de chaque volume. On compte fil) volumes, pour la période comprise entre messidor an VIII et la fin de 181fi.

Les volumes de vendémiaire à prairial an ^'1II ; de mai à août 181 o; de février 1818 à juin 1819 n'ont pas été publiés. De février 1818 à juin 1819, le Mercure, qui avait été supprimé sous un futile prétexte, fut remplacé par la Minerve.

En 1817, une nouvelle série de cinq volumes commença et se poursuivit, avec les interruptions que nous venons d'indiquer, jusqu'au mois de janvier 1818, sous le titre de Mercure de France. A Paris, de l'Administration du Mercure, rue Ventadour, n» 5. On ajouta ensuite, au titre du second tome, les noms des différents rédacteurs : Benjamin de Constant, Dufresne, Saint-Léon, Esmenard, Jay, Jouv, Lacretelle l'aîné, etc.

De juillet 1819 à février 1820, nouvelle série dont il ne fut publié que deux volumes sous le titre de Mercure de France et Chronique de Paris, Journal de littérature, des sciences et des arts, rédigé par une société de gens de lettres. A Paris, au bureau et à la librairie de Mercure, rue Poupée, n° 17. Le premier numéro de cette série parut le 17 juillet 1819 et les autres s'échelonnèrent à des intervalles indéterminés. « Les abonnés en recevront i ou 5 par mois », lisons-nous sur les couvertures de cette époque. Le mois de juillet 1820 n'a pas paru; le n° du 31 décembre est le XYllI'' de la série, et le XIX*' numéro porte la date du vendredi 11 février 1820, dernier du tome II de cette série.

Enfin apparut \e Mercure du XIX^ siècle, fondé par une réunion d'écrivains libéraux dont les principaux furent Tissot, Artaud, Bert, Berville, Félix Bodin, Dulaure, Dupaty, etc. lievue littéraire rédigée pa/' une société de gens de lettres. Paris, Beaudouin frères, libraires rue de Vaugirard, n" 36, ce Mercure parut jusqu'en 1832 et forma 37 volumes in-8. Le tome 37 ne contient que deux livraisons portant sur la couverture : Mercure (en caractères gothiques). Paris, bureau du Mercure, rue Mazarine, n" 30. C'est le dernier Mercure que nous avons consulté ' .

Avant d'analyser les travaux suscités par l'étude du Mercure, il nous paraît utile de

1. Nous ne citons f(iie pour niùmoire la publication qui, sous lo titre de Mercure de France, revue universelle (le la Liltérulurc et des Beaux-Arts, publia trois volumes, pour les années 1851-1853, et la revue moderne qui utilise. doi)uis 1890, le titre du Mercure de France.

INTRODUCTION

consigner ici quelques observations générales sur l'économie de l'ensemble de la publication.

L'ordre des matières de chaque volume est ordinairement indiqué par une table sommaire placée au commencement ou à la fin. Cette table est liarfois mensuelle, surtout à la fin du XYin*^^ siècle, et est alors placée en tète du volume du mois suivant. Les années [~i'A, 1744, 178fi et 1787 ont une table générale pour Tannée, à la lin du volume de décembre,

La pagination des volumes est des plus complexes. En dehors des erreurs tvpographiques assez nombreuses, elle offre les particularités suivantes. De l'origine à la fin de l'année 1722 chaque volume a une pagination spéciale. A partir de 1723, jusqu'au l*^' volume de juin 1742, elle embrasse tous les volumes d'une même année. La pagination par volume est reprise avec le volume II de juin 1742 jusqu'au volume de septembre inclus. Elle est alors remplacée par pagination annuelle qui commence au mois d'octobre, avec la page 2125 — sans qu'il nous soit possible de l'expliquer, — et se continue jusqu'en octobre 1844. Au mois de novembre de cette année, la pagination par volume reprend jusqu'en décembre 1792 où elle se substitue à la division par tomes, ayant chacun leur pagination spéciale.

Le prix des volumes a quelque peu varié : en 1G67, on les vendait 20 sols reliés en veau et 15 sols reliés en parchemin; puis, le Mercure eut un prix moyen entre 20 et 30 sols; cependant il atteignit 36 sols en 1708 et 40 sols en 1721.

Chaque volume était d'abord illustré d'une ou plusieurs estampes. A partir de 1772, l'illustration des volumes cessa et il ne subsista des anciennes habitudes que les morceaux de musique qui accompagnaient ordinairement les estampes.

Il nous reste maintenant à examiner les travaux de nos prédécesseurs.

Le plus intéressant et le plus complet de tous est un petit volume in- 12, anonyme, divisé en trois parties et conservé aujourd'hui à la Bibliothèque de l'Opéra, sous le n° 7070. Il est intitulé : Mémoire historique et détaillé pour la connaissance exacte des auteurs qui ont travaillé au Mercure de France, des volumes simples et extraordinaires qui composent la collection de cet ouvrage, qui a commencé en l'année 161^2 et qui se continue encore en la présente année 1161.

Ce manuscrit figura sous le n° 1642 du catalogue des livres de la Bibliothèque A. Barbier'. Signalé par Hatin. dans la Bibliographie de la Presse- comme un ouvrage disparu, il fut retrouvé chez un libraire parisien par M. Nuitter qui l'offrit à la Bibliothèque de 1 Opéra. La rédaction primitive de ce travail s'arrêtait à l'année 170L mais une note écrite sur un des feuillets de garde nous apprend qu'elle a été continuée par un anonyme jusqu'en 1780.

Ce document, si précieux pour la bibliographie du Mercure, attira l'attention de M. Georges de Courcel, qui le publia dans le Bulletin du BibliophileK actuellement dirigé par M. Georges ^ icaire.

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