CHAPITRE IT — MONUMENTS DIVERS, HISTOIRE
Doué possède deux tombelles, regardées comme celtiques par Bodin et autres archéologues, mais que M. Godard-Faultrier range au nombre des mottes de défense.
Au centre même de la ville de Doué sont, dit Juste-Lipse, les restes d’un amphithéâtre taillé dans le calcaire coquillier, avec son arène et ses gradins. Cette arène peut avoir quarante mètres de diamètre ou environ. Quelques antiquaires ont attribué cet ouvrage aux Romains, mais un examen attentif, selon d’autres, doit conduire à le faire regarder comme ayant eu pour origine le goût pour les spectacles des temps mérovingiens. Cette arène, de quarante mètres de diamètre environ, est accompagnée de grandes caves circulaires, formant galerie, également taillées dans le roc, pour y recevoir sans doute les animaux de combat.
Bodin (Haut-Anjou) cite, comme ayant été trouvées à Doué, dans
une fouille pratiquée en terre à plus de sept mètres de profondeur, une tête du dieu Apis, ainsi qu'une autre tête; celle-ci, sous figure humaine, est couronnée d’un diadème. Ces deux têtes, la première de quinze centimètres de hauteur, la seconde de vingt, et qui sont en tuffeau blanc, ont été figurés planche 3 de l'ouvrage Doecité.
On cite encore à Doué une ancienne voie romaine, et cette ville présente un vieil édifice, que l’on croit avoir été un palais ou bien une des quatre maisons des rois d'Aquitaine, et à laquelle Dago— bert 1° donna son nom. Cet édifice est connu sousle nom de Dagoberderie ou Goberderie. |
Au commencement du vin°siècle, ce roi reçut à Doué les envoyés du duc d'Aquitaine; et en 814, Louis-le-Débonnaire y convoqua Passemblée générale des grands de la même province, et y apprit la mort de Charlemagne, son père, qui succomba à Aix-la-Chapelle, le 28 janvier àe ladite année 814. Au nombre des rois d’une dynastie plus récente, l’on cite Henri IV, qui séjourna à Doué en 1589.
Enfin, durant l'invasion des Normands, les habitants de Saumur se réfugièrent dans les caves de Doué jusqu’au moment où le moine Absalon, vers la fin du x° sièclé, vint les trouver pour les ramener vers leurs habitations.
A Doué, l’on remarquait naguères encore l’église en ruines où coliégiale de Saint-Denis, du x1e et xn° siècle, fondée par Dagobert.
L'église Saint-Pierre est du xv° siècle, et celle de la Chapellesous-Doué du xrr°.
L'hôpital de Doué fut fondé par une noble dame du nom d’Eustache, en 1695 ou 1696, et l’ancien couvent des Récolets est devenu un asile pour les vieillards.
A l’ouest et à l’entrée de la ville de Doué, se présente une vaste fontaine, remarquable tant par l’abondance et la limpidité de ses eaux que par la simplicité de son architecture, mais en rapport avec sa destination. Elle est divisée en deux compartiments destinés, Pun à un lavoir, l’autre à servir d’abreuvoir.
Enfin, la ville de Doué possède un collége dirigé par des ecclé- Siastiques.